24 janvier: Saint François de Sales, patron des journalistes

 

Le 24 janvier 2001, Jean-Paul II avait parlé de François de Sales en ces termes : « Anticipant sur le Concile Vatican II, il a indiqué la voie de la sainteté comme un appel adressé à tout état de vie » (Zenit.org). Puis, il lança cette invitation aux jeunes mariés : « En suivant les enseignements de saint François de Sales, sachez construire chaque jour votre adhésion à l'Evangile dans votre fidélité réciproque à l'amour ».

Ces paroles mettent en évidence trois grandes caractéristiques de la spiritualité de François de Sales : la sainteté accessible à tous, l’Évangile comme règle de vie et l’amour comme unique méthode. Ce n’est pas nécessaire d’être dans les cloîtres, de faire de longues prières, d’avoir tel style de vie pour se sanctifier, l’important est de désirer vivre la sainteté au quotidien, là où nous sommes. François de Sales venait ainsi de simplifier la vie chrétienne. Avec lui, la liberté retrouve sa place au cœur du chrétien et la vie intérieure n’est plus compartimentée en des temps de prière, de travail, de loisir ; elle jaillit de la vie elle-même, au jour le jour.

Homme de douceur

Né le 21 août 1567, ce fils d'une noble famille de la Savoie était destiné à une brillante carrière juridique, mais c’est la théologie qui gagnera son cœur, ce qui ne l’empêchera pas de recevoir des leçons d'équitation, de danse et d'escrime. À l'âge de 14 ans, il fréquente le collège des Jésuites de Paris. Il vit une grave crise spirituelle qui se manifeste par l'angoisse de la damnation. Il trouvera la paix intérieure grâce à la Vierge Marie. En 1588, il part pour Padoue, où il étudiera le droit et la théologie pendant trois ans. À 24 ans, il passe ses derniers examens de droit. Il s’inscrit au barreau de Chambéry. 

François de SalesHomme de son temps, il participe à la fondation d’un mouvement humaniste à Annecy, où l’on célèbre la grandeur et la beauté de l’homme. Il est ordonné prêtre en 1593. Mgr de Granier l’envoie à la Mission de Chablais, où le protestantisme est majoritaire. Évangélisateur équilibré, il lutte contre le pessimisme de Luther et de Calvin en montrant une image plus positive de l’être humain et en dialoguant avec les protestants. Il comprend qu’il faut aimer ceux qui ne pensent pas comme nous. Avec beaucoup d’humilité et de douceur, il prêche la confiance en Dieu. Il écrit à une dame du monde que « Dieu est le Dieu de joie », non un Dieu sévère. Des milliers de familles protestantes se réconcilient ainsi publiquement avec l’Église.

Son évêque le rappelle pour une visite à Rome auprès du pape Clément VIII. Gravement malade, il part quelques mois plus tard pour passer l’examen qui fera de lui un évêque. Il est nommé coadjuteur de l'évêque de Genève en 1599. Trois ans plus tard, en 1602, il lui succède. Ne pouvant résider à Genève, appelée la Rome des calvinistes, il s'installe à Annecy. Cette superbe ville de la Haute-Savoie, traversée de canaux, garde intacte la présence de François de Sales, et de celle qui deviendra très importante dans sa vie, sainte Jeanne de Chantal, qu’il rencontre en 1604. Il fondera avec elle l’Ordre des Visitandines en 1610, communauté de femmes cloîtrées, où la douceur et l’équilibre traduisent bien l’esprit du fondateur.

L’esprit de la prière

François de Sales est en lien avec les grands spirituels de son temps. Il soutient la réforme des carmels de sainte Thérèse d'Avila et la fondation de l'Oratoire par saint Philippe Néri. Il publie un livre dont les propos sont nouveaux à son époque : Introduction à la vie dévote. Son expérience d’accompagnateur spirituel lui montre que les voies de la sainteté sont ouvertes à tous, et que l’amour de Dieu embellit toute âme. Il sort la sainteté des cloîtres et la lance sur les sentiers du monde. La boutique du cordonnier, la maison du bourgeois, la caserne du soldat peuvent être des lieux où se vivent la sainteté, c’est-à-dire la joie de servir Dieu, l’accomplissement de son devoir d’état, l’union de sa volonté à celle de Dieu.

Il écrit au premier chapitre de son livre : « La dévotion n’est autre chose qu’une agilité et vivacité spirituelle par le moyen de laquelle la charité fait ses actions en nous ». Ce livre traite de l’union à Dieu et du moyen par excellence pour y parvenir : la prière, surtout l’oraison. Il insiste sur un authentique esprit de prière plus que sur des exercices de piété. Il conseille de faire oraison une heure par jour, de préférence le matin, « parce que vous aurez votre esprit moins embarrassé et plus frais après le repos de la nuit ». Il s’agit de se tenir en présence de Dieu et de prolonger la prière en continuant le dialogue avec Dieu dans la journée. Durant les moments de sécheresse, il conseille de dire un Pater ou un chapelet lentement.

Il consacre dans ce livre un chapitre entier sur la douceur envers soi-même. Son édifice spirituel se bâtit sur cette douceur, sans oublier l’humilité, qui est la connaissance de notre misère et la vérité que Dieu est miséricorde. L’abandon en Dieu et la confiance en son amour sont les autres pôles de cet édifice spirituel qui va tant marquer l’école française de spiritualité, dont l’esprit d’enfance spirituelle sera l’un des plus beaux fruits que sainte Thérèse de Lisieux amènera à son plein épanouissement.

L’amour de Dieu

Fleurs RosesDe 1609 à 1616, François va rédiger un autre chef-d’œuvre de spiritualité : Traité de l’amour de Dieu. Ce livre tire sa cohésion sur le lien intime qui existe entre la bonté de Dieu et la liberté humaine. François écrit : « Bien que ce soit un don de Dieu d’être à Dieu, c’est toujours un don que Dieu ne refuse jamais à personne, mais l’offre à tous, pour le donner à ceux qui consentiront à le recevoir ». Il y parle de la différence des amours, de l’oraison en tant que théologie mystique, du désir que Dieu a d’être aimé, de la contemplation : « le cœur divin est amoureux de notre amour ».

L’humanisme chrétien de François de Sales transpire dans ce livre qui trouve encore aujourd’hui de nombreux lecteurs. On loue son équilibre, sa juste mesure, son discernement, sa bonne humeur, son amour de Dieu et du prochain. Il écrit : « Quiconque se plaît véritablement en Dieu désire de plaire fidèlement à Dieu, et, pour lui plaire, de se conformer à lui ». Ses œuvres complètes sont publiées dans la prestigieuse collection de La Pléiade.

François meurt à Lyon le 28 décembre 1622 à l’âge de 55 ans. Jésus est le dernier mot qu’il prononce. Il est inhumé le 24 janvier suivant à Annecy où il repose. L’Église retient cette date dans sa liturgie. Canonisé en 1665, il sera déclaré Docteur de l’Église en 1877 par Pie IX. En 1923, il est proclamé par Pie XI patron des journalistes, des éditeurs et des écrivains, en raison surtout du fait qu’il distribuait des feuillets imprimés exposant la foi catholique aux gens du Chablais.

 

Mémoire de l'Holocauste
L'expérience de la foi

Sur le même sujet:

 

Me suivre sur Twitter…

Sélection au hasard

Jacques Gauthier
31 décembre 2013
Le blogue de Jacques Gauthier
La liturgie nous présente toujours ce texte au déb...
11586 lectures
Jacques Gauthier
21 mars 2014
Le blogue de Jacques Gauthier
Au 3e dimanche de Carême A, l'Église propose un ré...
5871 lectures
Jacques Gauthier
1 décembre 2015
Le blogue de Jacques Gauthier
Assassiné le 1er décembre 1916 devant son ermitage...
3371 lectures
Jacques Gauthier
2 août 2016
Le blogue de Jacques Gauthier
Le saut de l’enfantUne botte de foin, deux enfants...
1303 lectures
Jacques Gauthier
20 novembre 2012
Le blogue de Jacques Gauthier
          Ça y est, "j'ar...
3252 lectures