Le blogue de Jacques Gauthier

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3e dimanche de Carême C: Dieu est patient

Dans l’évangile de ce 3e dimanche de Carême, on rapporte à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer et des dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé. Jésus rappelle que les catastrophes et les massacres n’arrivent pas parce que des gens sont moins bons que les autres. Ce ne sont pas des punitions de Dieu. « Pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem? » (Lc 13, 4) Puis, il durcit le ton : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière » (Lc 13, 5).

Jésus et pharisiens

Jésus fait-il du chantage? Non. Lui qui est toujours tourné vers son Père miséricordieux veut notre bonheur. Il se désole de voir ses contemporains s’éloigner de Dieu pour leur malheur. Dans la Bible, le malheur suprême est de s’écarter de Dieu, source de vie et de bonheur. Alors les paroles de Jésus se font dures, comme celles des prophètes, pour provoquer les gens à se convertir et à revenir vers Dieu qui prend patience. C’est ce qu’illustre la parabole du figuier.

L’appel à la conversion

Un figuier qui ne donne pas du fruit, mieux vaut le couper, puisqu’il ne sert à rien, il épuise le sol inutilement. Mais le vigneron de la parabole demande au propriétaire de le laisser encore cette année, le temps qu’il bêche autour : « peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir » (Lc 13, 9).

Ce Dieu qui paraît s’effacer lorsque tout va mal, nous aimerions bien qu’il soit tout-puissant contre ce qui ne va pas bien. Mais il résiste à tout marchandage en se faisant proche de nous par la personne de Jésus. Il nous accompagne en souffrant avec nous, tout en respectant notre liberté. On ne peut pas imposer au figuier de produire, ainsi Dieu ne nous force pas à l’aimer. Il est à notre merci, disait Thérèse de Lisieux, impuissant devant notre refus de nous convertir, c’est-à-dire de nous tourner vers lui, qui peut changer notre stérilité en fécondité.

Être avec Jésus, c’est être fécond. Ce qui n’élimine pas le mal, la souffrance. Le Christ n'est pas venu pour supprimer la souffrance, affirme Paul Claudel, Il est venu pour la remplir de sa présence. Du reste, mieux vaut se taire devant les catastrophes que de parler au nom de Dieu, de donner une explication théorique qui ne tient pas la route. La souffrance n’a pas de valeur en soi, seule la personne qui souffre en a. Il me revient en mémoire cette phrase de Jean-Paul II, prononcée en 2002 aux Journées mondiales de la jeunesse à Toronto : « Ce n’est pas la souffrance qui sauve, c’est l’amour ».

Qui peut comprendre un tel mystère d’accompagnement et de proximité d’un Dieu qui possède un visage humain en Jésus pour nous exprimer toute sa miséricorde? Il veut qu’aucun de ses enfants ne se perde, puisqu’il est « tendresse et bonté », comme l’exprime si bien le psaume 102 de ce dimanche. Il est bon de se le rappeler sans cesse en cette Année sainte de la miséricorde.

Pour aller plus loin: Jésus raconté par ses proches (Parole et Silence / Novalis)

 

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