Le blogue de Jacques Gauthier

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École de prière (42) La marche méditative

Marcher dans la rue ou dans un parc, en ville ou à la compagne, peut être une belle occasion de méditer, de prier, de s’intérioriser en présence du Christ. Le corps s’assouplit au rythme des pas et se détend. Nous descendons dans notre cœur tout en laissant errer notre esprit. Soudain, la prière arrive au détour d’une maison, d’un buisson, d’un paysage : une louange, une demande…

Marche Pèleri

À la suite du Christ

Jésus a beaucoup marché sur les routes empoussiérées de la Palestine. Les évangélistes évoquent sa vie publique comme une montée vers Jérusalem. Il enseigne et prie en marchant, absorbé dans sa relation au Père. On le voit marcher sur les eaux, traverser les champs de blé, exhorter ses disciples à le suivre : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Matthieu 16, 24).

Ressuscité, il marche avec les disciples d’Emmaüs, leur explique les Écritures, réchauffe leur cœur avant la fraction du pain. Avec un tel compagnon de route, nous n’avons jamais fini de naître, de marcher, de grandir, de célébrer. N’est-il pas « le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14, 6). Nous nous laissons happer par sa présence au lieu de vouloir tout comprendre. « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Matthieu 28, 20).     

La marche méditative

Le matin, je marche ou je fais du jogging dans la ville et la nature en bénissant le Seigneur pour la beauté de sa création. Je respire et je lui rends grâce. Le chemin que j’emprunte me construit à mesure que j’avance. Je marche d’un pas léger, car je porte au doigt la promesse d’une aube éternelle. Je laisse mon regard se promener sur ce qui m’entoure. Je prends conscience de mes pieds sur le sol, j’écoute ma respiration. Je répète le nom de Jésus, lumière sur ma route. Je lui confie les miens, lui parle comme à un ami.

Le soir, il m’arrive de méditer un verset de psaume ou une parole de l’Évangile, de « marcher » le chapelet avec mon épouse. La parole de Dieu et le chapelet me donnent la force de ne jamais me lasser de chercher le Seigneur. Et le trouvant, de le chercher davantage.

« Je conduirai les aveugles sur un chemin qui leur est inconnu ; je les mènerai par des sentiers qu’ils ignorent. Je changerai, pour eux, les ténèbres en lumière ; les lieux accidentés, je les aplanirai. » (Isaïe 42, 16).

En pèlerinage

Le corps qui marche se fait aussi pèlerin quand il se dirige vers une église, un sanctuaire. « À quoi sert la route, s'il n'y a pas d'église au bout » ? écrit Claudel dans L’Annonce faite à Marie. Qu’il est bon de marcher de long en large dans une église et de ne penser à rien. Seulement laisser notre regard se poser sur la pierre qui chante, écouter les vitraux nous parler de Dieu. Se reposer un moment, puis s’en retourner doucement vers le sanctuaire de notre cœur où Dieu demeure.

La marche se vit concrètement sur les chemins de différents pèlerinages. Celui de Compostelle, souvent qualifié de « chemin d’étoiles », est le plus célèbre. Mais que l’on parte en pèlerinage ou non, nous sommes déjà des pèlerins sur cette terre. L’amour est le seul bagage qui vaille la peine d’être apporté. La route sacrée qui mène au Dieu caché est l’autre à aimer. Pas besoin de partir bien loin pour vivre ce pèlerinage de l’amour, le quotidien s’en occupe. Ainsi, il peut arriver que partir pour Compostelle ou ailleurs peut devenir une fuite du « vrai de la vie », selon l’expression de Thérèse de Lisieux, la sainte des petits pas.

Comme l’écrit si bien le pape François dans l’encyclique Laudato si’ : « Tout est lié, et, comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs dans un merveilleux pèlerinage, entrelacés par l’amour que Dieu porte à chacune de ses créatures et qui nous unit aussi, avec une tendre affection, à frère soleil, à sœur lune, à sœur rivière et à mère terre ». (no 92)

Une prière sur la route

 "Seigneur mon Dieu, je ne sais pas où je vais, je ne vois pas la route devant moi, je ne peux pas prévoir avec certitude où elle aboutira. Je ne me connais pas vraiment moi-même et, si je crois sincèrement suivre Ta volonté, cela ne veut pas dire qu'en fait je m'y conforme. Je crois cependant que mon désir de Te plaire, Te plaît. J'espère avoir ce désir au cœur en tout ce que je fais, et ne jamais rien faire à l'avenir sans ce désir. En agissant ainsi, je sais que Tu me conduiras sur la bonne route, même si je ne la connais pas moi-même. Je Te ferai donc toujours confiance. Même quand j'aurai l'impression que je me suis perdu et que je marche à l'ombre de la mort. Je n'aurai nulle crainte car Tu es toujours avec moi et jamais Tu ne me laisseras seul dans le péril". (Thomas Merton, dans Ma Prière, no 13, Mai 2014 (mapriere.com).

Une première version brève est parue dans le Prions en Église Canada de juin.

Pour aller plus loin: Jésus raconté par ses proches. Novalis / Parole et Silence.

Notez cet article:
L'amour de Dieu avec saint Bernard
L'identité de Jésus et la nôtre

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