École de prière (55) Le corps en prière

La prière est tellement simple qu’elle est à la portée de tous. Dans les précédents articles de l'École de prière de ce blogue, j’ai passé en revue quelques positions corporelles que nous prenons spontanément dans la prière : assis, à genoux, debout. Voici des exercices pratiques pour chacune de ces positions. Ils peuvent aider à entrer dans l’oraison intérieure, appelée aussi prière contemplative, à prolonger la prière du Christ, à vous unir à l’Esprit qui prie le Père. Le « vous » que j’utilise ici désigne une personne, non un groupe.

Prier mains

Prier debout

Trouvez un endroit calme. Tenez-vous droit, les pieds bien à plat au sol. Détendez-vous en prenant quelques respirations. Récitez une prière que vous connaissez, ou gardez silence en prenant conscience que vous êtes vivant et que l’amour de Dieu habite en vous. Joignez lentement les mains près du cœur ou sous le nez, la tête légèrement inclinée. Vous croyez que vous êtes appelé à la résurrection, à la suite du Christ. Levez les bras vers le ciel et formulez au Christ ce que vous ressentez. « Jésus, je crois en toi, mais augmente ma foi » ; « Tu sais que je t’aime, reste avec moi » ; etc.

Soyez tout entier dans ce que vous lui dites. Ouvrez-vous à la présence de son Esprit. « Viens Esprit-Saint. Soutiens-moi de ton souffle. Rends-moi disponible à ton action, attentif à la parole de Dieu ». Vous pouvez rester quelques secondes ou minutes dans cette prière toute simple et profonde. Puis, vous reprenez vos activités avec plus de paix en faisant vôtres les sentiments qui habitaient le cœur de Jésus lorsqu’il priait le Père.

Prier à genoux

L’agenouillement et l’inclination rendent visible l’amour que nous portons au Christ, modèle de douceur et d’humilité. Ces postures peuvent très bien débuter un temps d’adoration ou d’oraison silencieuse.

Dans un oratoire ou à la maison, vous vous agenouillez et vous dites au Seigneur que vous l’aimez. Vous pouvez aussi vous asseoir sur les talons, si l’espace le permet, vous prosterner et vous incliner jusqu'à poser le front sur les mains qui sont à plat sur le sol. Vous restez ainsi le temps qu’il faut. Votre corps s’intériorise. Vous respirez régulièrement, sans effort. Vous redressez lentement le dos, le cou et la tête en déroulant les vertèbres de bas en haut. La colonne vertébrale est une échelle qui permet de vivre la dimension verticale de la prière. Vous pouvez vous asseoir confortablement sur une chaise, répéter le nom de Jésus, écouter le silence qui vous parle, malgré les distractions. Vous faites des actes de foi, d’espérance et d’amour afin de toujours revenir au lieu intérieur du cœur où habite le Seigneur.

Prier assis

Asseyez-vous dans un lieu tranquille, de la manière où vous êtes le plus à l’aise pour rester immobile et garder l’attention : assis sur une chaise, sur les talons, sur un petit banc, sur un coussin. Les vêtements ne sont pas trop serrés. Vous enlevez vos chaussures. Fermez les yeux et prenez conscience de votre respiration.

Vous détendez chaque partie du corps, sans effort. Vous commencez par les pieds, les genoux, les jambes. Vous ressentez la pesanteur de chaque membre. Vous continuez lentement avec les mains, les poignets, les bras, les épaules. Vous les détendez en les fixant mentalement. Vous tournez la tête légèrement. Vous décontractez chaque partie du visage en les visualisant. Concentrez-vous sur la respiration. Vous relâchez le ventre. Vous êtes calme et vous goûtez la musique du silence de l’instant présent.

Laissez monter les images comme elles se présentent, sans trop y faire attention. Prenez conscience que votre corps est le temple de l’Esprit Saint et que le Christ vit en vous. Rappelez-vous une parole de Dieu, une antienne, un refrain, comme un verset de psaume : « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur » (Ps 33, 9). La prière est détente et espérance, attente de Dieu et abandon à son amour miséricordieux. Vous restez ainsi quelques minutes en action de grâce.

« Merci, d’être là, mon Dieu, dans cette offrande pauvre de mon corps uni au tien, où je me repose en ton silence, un rappel de la vie d’oraison, un grand amour miséricordieux à vivre au cœur du monde. »

Vous pouvez terminer en récitant lentement un Notre Père, ou une autre prière que vous aimez. Vous faites lentement le signe de la croix et vous ouvrez les yeux. Cette pratique de relaxation qui se transforme en oraison ne peut durer qu’une vingtaine de minutes, mais vous en récoltez les fruits le reste de la journée.

Cette citation du père Henri Caffarel (1903-1996), fondateur des Équipes Notre Dame et de la maison de prière de Troussures, peut nous aider à bien vivre l'oraison, oeuvre de Dieu présent en nous.

"Je vous engage donc vivement à veiller aux gestes et attitudes du début de l’oraison. Une génuflexion bien faite, acte de l’âme autant que du corps; une attitude physique nette et forte d’homme éveillé, présent à soi-même et à Dieu; un signe de la croix, lent, chargé de sens. Lenteur et calme sont d’une grande importance pour rompre le rythme précipité et tendu d’une vie aussi affairée que la vôtre. Quelques instants de silence: comme un coup de frein, ils contribueront à vous introduire au rythme de l’oraison et à opérer la rupture nécessaire avec les activités précédentes. Il peut être bon aussi de réciter une prière vocale, très lentement, à mi-voix. Prenez conscience alors, je ne dis pas de la présence de Dieu mais du Dieu présent". (Henri Caffarel, Je voudrais savoir prier, Parole et Silence, 2015, p. 49-50)

Article paru dans le mensuel Magnificat, mai 2017, p. 7-10.

Pour aller plus loin: La prière chrétienne, guide pratique (Presses de la Renaissance).

À paraître en novembre 2017 aux éditions du Cerf: Henri Caffarel, maître de prière. Je donnerai une conférence au colloque qui lui sera consacré au Collège des Bernardins à Paris les 8 et 9 décembre.

Patrice de La Tour du Pin, créateur d'hymnes
École de prière (54) Comment apprendre à prier sim...

Sur le même sujet:

 

Me suivre sur Twitter…

Sélection au hasard

Jacques Gauthier
23 décembre 2012
Le blogue de Jacques Gauthier
Il n'y a pas un Noël semblable, car nous changeons...
4548 lectures
Jacques Gauthier
20 mai 2015
Le blogue de Jacques Gauthier
Lors de la canonisation d’Eugène de Mazenod le 3 d...
2507 lectures
Jacques Gauthier
31 janvier 2017
Le blogue de Jacques Gauthier
L’odieuse attaque à la mosquée de Sainte-Foy nous ...
1644 lectures
Jacques Gauthier
18 juin 2013
Le blogue de Jacques Gauthier
À la suite du mystique suisse Maurice Zundel (1897...
2933 lectures
Jacques Gauthier
12 décembre 2012
Le blogue de Jacques Gauthier
     John Ronald Tolkien (1892-1973...
6188 lectures