Jésus et l'importance de la foi

L’Année de la foi nous aide à réfléchir sur cette réalité si importante. Croire en Dieu, c’est tout de même bien spécial, puisque l’objet de notre foi nous échappe sans cesse. On veut le toucher, le voir, le retenir, un peu comme Marie-Madeleine au matin de Pâques. Jésus lui en fait le reproche : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. » (Jean 20, 17).

Notre attachement au Christ

Ce qui différencie le chrétien des autres croyants est son attachement à Jésus Christ, jusqu’à le suivre dans sa mort et sa résurrection : « Il s'agit de connaître le Christ, d'éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort, dans l'espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d'entre les morts » (Philippiens 3, 10-11).

Dans les évangiles, Jésus s’émerveille de la foi de ses interlocuteurs, mais il déplore aussi leur manque de foi, qu’il suffirait d’avoir « gros comme une graine de moutarde » (Matthieu 17, 20) pour déplacer une montagne. Il est surpris lorsque Philippe lui demande : « Montre-nous le Père » (Jean 14, 8). Il répond, étonné : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe » (Jean 14, 9). Il réprimande les disciples d’Emmaüs : « Vous n’avez donc pas compris! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’on dit les prophètes » (Luc 24, 25)!

Par contre, en réponse à la foi audacieuse et confiante de sa mère ­- « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jean 2, 5) -, Jésus change l’eau en vin à Cana. Lorsque l’aveugle Bartimée de Jéricho qui crie vers lui, il l’exauce : « Va, ta foi t’a sauvé » (Marc 10, 51). À Marthe, sœur de ce Lazare qui est mort depuis quatre jours déjà, il déclare : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » (Jean 11, 40).

La foi qui sauve

Jésus admire la foi du centurion romain qui lui demande seulement une parole pour que son serviteur soit guéri : « Je vous le dis, même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! » (Luc 7, 9) Il sent une force sortir de lui lorsqu’une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans, touche son vêtement : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » (Marc 5, 34) Il loue aussi la foi intrépide de l’apôtre Pierre (Marc 8, 27-33), se lasse toucher par la foi entêtée d’une païenne (Marc 7, 24-30) et par la foi totale, in extremis, du bon larron : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. » (Luc 23, 42)

Devant tant d’exemples de foi profonde, Jésus exulte de joie sous l'action de l'Esprit Saint : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. » (Luc 10, 21)

On voit bien comment la foi est capitale pour Jésus, car elle ouvre les portes du salut et fait accéder la personne à son humanité profonde. Bien sûr, notre foi sera toujours faible, mais nous pouvons toujours demander au Seigneur, à la suite des Apôtres : « Augmente en nous la foi! » (Luc 17, 5)

Publié dans Prions en Église, Canada, 1er septembre 2013, p. 35-36.
Pour aller plus loin, L'aventure de la foi: quinze variations. Parole et Silence, 2013.

4 septembre: Bienheureuse Dina Bélanger
28 août: Saint Augustin

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