La joie en toi

 

La joie m'attend au carrefour. Elle est déjà assise dans mon silence. Seule sa manière de se révéler change ma façon de voir. Les bornes sont inutiles, les haltes sont dépassées.

La fête de la joie ranime la braise de mes amours humains. Joie faite de rien, aiguisant mes sens spirituels. Joie qui me repose de ce que j’ignorais de moi. Joie qui demande l’abandon à la présence, non à la passivité. Joie de chanter le ciel donné.

"J'ai arrêté de compter les étoiles quand j'ai compris que le ciel ne m'appartenant pas, on ne pouvait donc pas me le dérober" (Dany Laferrière, L'art presque perdu de ne rien faire).

La joie est fille de l'Avent: on l'attend, on l'accueille. Il suffit d'être. Elle chasse les "ismes": le défaitisme, le négativisme, le relativisme. Le cœur voudrait tant exploser de joie, malgré les naufrages possibles. Vienne la neige dans l’espace, des cheveux d’anges pour la joie des enfants. Se préparer au jeu, c’est déjà la joie.

La joie est la couleur de Dieu. Chaque mot vibre en morceau de joie pour la joie unique. Chaque joie frémit, parcelle d’amour pour l’amour unique. Qui chantera le chant de l’Un dans nos mots, nos joies, nos amours?

Aurai-je le courage de la trouver dans ce qui paraît suspect, de m’abandonner à ce qui est semblant de folie? Être moi-même au-delà de mon désir, dans cette joie étrangère à mes bonheurs incertains!

La joie en toi, et je me laisse envahir, impuissant à compter mes mérites. Je fais ta joie en me laissant aimer par toi. Je te porte en moi et je me laisse guider par ton pas de danse. Chaque jour est dimanche.

« Pousse des cris de joie (… )! Réjouis-toi, tressaille d’allégresse (…)! Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête » (Sophonie 3, 14, 17-18).

Joie ProdigueTa joie se joue de mes infidélités. Elle prend plaisir à accueillir ma détresse d’enfant prodigue. Elle présidait déjà à mon élection bien avant que s’installent les fausses tristesses. Elle se nourrissait de mes souffrances, à mon insu.

La joie m’invite à la danse. Si elle s’enfuit, c’est pour mieux m’assoiffer. Vouloir la posséder, c’est la laisser faire. Je sais qu’elle existe. Plus elle se cache, plus elle m’appartient. Plus elle disparaît, plus je la connais. Plus elle me dépossède, plus je suis son héritage. Je suis créé pour cette noce où rires et larmes s’épousent au quotidien.

 

"Tu me fais connaître la route de la vie;
la joie abonde près de ta face,
à ta droite, les délices éternelles" (Psaume 16, 11).
 
Extrait de la nouvelle édition Les mots de l'Autre.
L'euthanasie et le dur labeur de vivre
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