Au commencement...

          Ça y est, "j'arrive", comme dirait Jacques Brel. En plus de mes pages FacebookTwitter  et Wikipédiame voici dans la blogosphère. Ce blogue est hébergé sur mon site Web. On verra bien à l'usage quelle direction il prendra, quel sera sa couleur, sa musique. Mais comme il faut bien commencer quelque part, je me suis dit: pourquoi ne pas bloguer sur un sujet facile, simple, léger, rassembleur, politiquement correct, bref, commencer par le commencement : Dieu. Bien qu’il soit incompréhensible de nature, ce ne sont pas les idées qui manquent pour en parler, mais gare aux idoles.

Du tam-tam à l’ordinateur, des tablettes d’argile au numérique, la notion de Dieu vient de loin et on entend toujours son écho, tant Dieu résiste à l’usure. C’est l’un des mots les plus tapés sur le moteur de recherche Google et Dieu a des millions d’amis dans les réseaux sociaux et les blogues. On twitte sur lui en moins de 140 caractères ; tout un défi quand on contient l’infini. Il me semble qu'il est chez lui sur la Toile, car Dieu communique mieux en réseaux qu’en pyramides. Il est en bas, sur Internet avec le monde, et non tout seul, en haut d'une pyramide. 

Nietzsche disait qu’une chose expliquée cessait de nous intéresser. Dieu a donc un bel avenir devant lui. Personne n’a encore réussi à démonter sa mécanique ni à vider sa poétique. Le poète américain Wallace Stevens en convenait dans l’un de ses adages : « La plus grande idée poétique du monde est et a toujours été l'idée de Dieu ».

Je ne peux parler de Dieu qu’à partir de ce que je suis et de la tradition judéo-chrétienne qui est la mienne, trop souvent décriée de nos jours. Dieu, je suis tombé dedans quand j’étais petit. Je l’ai au corps et au cœur depuis ma naissance dans une petite ville du Québec, Grand-Mère. J’ai toujours eu conscience de sa réalité en Jésus le Christ, je ne peux pas faire fi de cette expérience qui est le fondement de ma vie : il y a quelqu’un plutôt que rien. Le fait de croire en lui me rend heureux, malgré les nuits de la foi et les déserts. Cette photo de ma première communion à l'âge de sept ans suggère ce bonheur dans toute sa naïveté. Cela va changer un peu à l'adolescence, mais Dieu saura bien me rattraper, comme j'en témoigne dans une entrevue à la revue Panorama (juillet-août 2000), La foi joyeuse du poète

 

Certes, il est possible de vivre une vie pleine et heureuse sans Dieu. Chacun a ses raisons de croire en lui ou pas, et nul besoin de tourner le croyant ou l’incroyant en dérision pour justifier sa position. L’idée de Dieu varie selon les expériences, les lectures, les croyances, les religions. Il importe donc de toujours spécifier en quel Dieu on se réfère lorsque nous disons que nous croyons en lui, de quel livre sacré on s’inspire et surtout comment on l’interprète. 

De quel Dieu je parle? De l’Unique que la Bible me révèle, du Dieu caché que mon coeur cherche sans cesse. Je lui mets une majuscule pour bien le différencier des petits dieux. Il est ma capitale en qui je demeure, le mystère qui me fascine, non parce qu’il est impossible à comprendre, mais parce je n’ai jamais fini d’en faire le tour. Il échappe toujours aux catégories, définitions, images, pensées. Dès que je le nomme, il se dérobe. Il se voile et se dévoile en même temps. Je le vois mieux dans le silence et l’art, la foi et la prière. Bien sûr, un Dieu bouche-trou, autoritaire et vengeur ne m’intéresse pas. Ce n’est pas mon expérience et je suis athée de ce Dieu-là.

Tout n’a-t-il pas été dit sur Dieu? Peut-être, mais pas par moi. Dans mes nombreux livres, je tourne souvent autour de son mystère. Cette approche de foi ne se discute pas vraiment, ça relève plus de la souveraineté de la mystique qui précède la pensée, de la contemplation qui est de l’ordre de l’intuition et de l’amour. Ma thèse de doctorat témoignait de ce désir de réunir poésie et théologie en travaillant sur la théopoésie du poète Patrice de La Tour du Pin. Cette étude a influencé ma carrière de professeur à l’Université Saint-Paul d’Ottawa. 

Je sais que le mot Dieu peut agacer aujourd’hui, tant il est piégé. N’est-il pas utilisé à toutes les sauces, surtout depuis le 11 septembre 2001 ? On le confond sans cesse avec les religions et celles-ci sont souvent réduites à des caricatures, voire aux minorités les plus fanatiques. La foi authentique en Dieu favorise le respect de l’autre, promeut la paix et valorise la liberté religieuse, sinon, elle devient une idéologie au service d’une cause politique qui aliène trop souvent l’humanité.

La question est-elle vraiment de savoir si Dieu existe ou non, de croire en lui ou pas? C’est une question d’homme, note Maurice Bellet dans son Minuscule traité acide de spiritualité, Dieu ne se la pose jamais. L’important n’est-il pas de demeurer dans l’intelligence du coeur et la compassion en se faisant proche de ceux et celles avec qui nous vivons? Dieu est discret et secret comme l’amour et la vie. 

On peut créer des hyperliens avec Dieu d’un simple clic, d’autres peuvent zapper et passer à autre chose, tel est le pouvoir de notre liberté. Mais pour moi, il n’y a pas de bogue avec Dieu, seulement des conversions, et des interfaces aussi, surtout dans la prière. On s'en reparlera dans l'un de ces blogues.  

 

Pleurer sur Jérusalem et Gaza

Sur le même sujet:

 

Me suivre sur Twitter…

Sélection au hasard

Jacques Gauthier
18 mars 2013
Le blogue de Jacques Gauthier
Voici les chroniques Lectures de l'émission Le Jou...
2330 lectures
Jacques Gauthier
19 juillet 2016
Le blogue de Jacques Gauthier
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) revient tou...
1844 lectures
Jacques Gauthier
19 septembre 2013
Le blogue de Jacques Gauthier
Il y a dix jours, le ministre Bernard Drainville p...
2304 lectures
Jacques Gauthier
18 octobre 2013
Le blogue de Jacques Gauthier
Ce qui devait être un débat sur la laïcité au Québ...
2483 lectures
Jacques Gauthier
15 novembre 2013
Le blogue de Jacques Gauthier
C’est une sœur parfois bien douce, la mort, qui vo...
2532 lectures