Nos frères les oiseaux

Après un long hiver, nos frères les oiseaux nous reviennent de partout. En les regardant voler, en les entendant chanter, même très tôt le matin, je me dis que Dieu a créé les oiseaux pour sa joie et la nôtre.

Mésange

Au premier chapitre de la Genèse, le souffle de Dieu tourne sur les eaux comme un battement d’ailes. Après avoir créé la lumière, le firmament et la terre, il invente les arbres, puis les oiseaux d’un mouvement de sa paupière. Il fait chanter les arbres en y mettant les oiseaux de toutes les espèces.

Jésus reconnaît la poésie qui éclate dans un vol d’oiseaux. Il nous invite à les regarder pour être libres comme eux, sans trop s'inquiéter du lendemain. « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » (Matthieu 6, 26).

Le Père du ciel aime tellement les oiseaux qu’il envoie son souffle sous la forme d’une colombe qui plane au-dessus de Jésus dans le Jourdain. Le poverello François d’Assise aimait aussi ses « frères les oiseaux », peut-être parce qu’il était aussi libre qu’eux et qu’il louait Dieu partout.

Dans le film Des hommes et des dieux, des musulmans rappellent aux moines de Tibhirine qu’ils doivent rester en Algérie et non quitter leur monastère malgré les persécutions, car ces religieux sont la branche où ils peuvent se poser. Savaient-ils que Victor Hugo emploie la même image : « Dieu, branche où tout oiseau se pose » (Dieu).

Restons dans le monde musulman et évoquons un chef-d’œuvre de la littérature soufie du XIIIe siècle, Le cantique des oiseaux. Ce livre raconte le voyage initiatique vers l’oiseau suprême, Sîmorgh, qui est une allégorie du divin. Un jour, tous les oiseaux du monde se réunirent pour partir en quête du divin Sîmorgh. Ils devront traverser les vallées de l’amour et les étapes de la vie, accepter les limites et accueillir le détachement pour finalement se voir en Sîmorgh, comme une plume au milieu du plumage.

Quelle voie suivre qui mène à la rencontre de Dieu si ce n’est celle de l’union des cœurs ? Il existe autant de chemins qui conduisent à Dieu qu’il y a d’êtres humains, autant de manières de voler qu’il y a d’oiseaux. Cet envol vers le divin se dévoile comme un voyage au bout de soi.

Si Dieu existe et qu’il t’aime
Comme tu aimes les oiseaux
Comme un fou, comme un ange
Tu peux marcher enfin sur les étoiles, aspiré
Comme un fou, comme un ange
(Claude Dubois, Si Dieu existe)

Tiré du mot "oiseaux" de mon Petit dictionnaire de Dieu, p. 217.

L'Ascension, présence dans l'absence
Rêveries au Pont d'Oye

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