Pierre et Paul, apôtres

Dès l’an 354, l’Église célébrait le 29 juin la solennité de Pierre et Paul, apôtres. Ces passionnés du Christ, unis dans la foi et le martyre, le sont donc aussi au calendrier liturgique depuis longtemps. Leur foi ardente et leur amour brûlant pour le Christ témoignent encore aujourd’hui de l’importance de s’attacher à la personne de Jésus, le Fils du Dieu vivant.

La foi de Pierre

Simon, originaire de Bethsaïde, exerçait le métier de pêcheur. Il s’établit à Capharnaüm. Jésus alla souvent dans sa maison, y guérissant même sa belle-mère. C’est son frère André qui l’introduisit auprès de Jésus. À la question du Maître, « Pour vous, qui suis-je? », Pierre répond dans un élan de foi inébranlable : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » touché par cette confiance, Jésus change le nom de Simon, lui confiant une mission unique dans l’Église : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle » (Matthieu 16, 17-18).

Pierre est l’homme tout d’une pièce. Pas cérébral pour deux sous, c’est plutôt un sentimental qui veut bien faire, un gaillard au cœur tendre qui a aussi ses faiblesses. Enthousiaste et impulsif, il s’emballe dès qu’il est question de Jésus. Plusieurs passages de l’évangile le montrent à l’œuvre. Il ne quitte jamais Jésus et est présent dans les grandes occasions.

Les faiblesses de Pierre

Il marche sur les eaux avec confiance pour rejoindre Jésus, mais il s’enfonce au premier coup de vent (Matthieu 14, 25-33). Il ne comprend pas toujours ce que Jésus dit, aussi lui demande-t-il d’expliquer une parabole (Matthieu 15, 15). Il est tellement bien avec son ami sur le Thabor qu’il voudrait dresser trois tentes, mais il refuse toute allusion à sa mort violente (Matthieu 16, 21-23). Son respect pour le Maître est si grand qu’il refuse qu’il lui lave les pieds (Jean 13, 8). Il jure qu’il ne l’abandonnera jamais, aussi le défend-il au moment de son arrestation, jusqu’à tirer l’épée et couper l’oreille d’un soldat; pourtant, il reniera Jésus trois fois (Jean 18). Il pleure de repentir, non de désespoir, toutes les larmes qui coulent des plaies de son âme. Nous le trouvons bien sympathique, ce Pierre qui aura tellement besoin de la force de l’Esprit pour suivre le Maître.

Après sa résurrection, Jésus provoque une rencontre avec Pierre et lui pose par trois fois la seule question qui vaille : « M’aimes-tu? » Et le premier pape de répondre : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime » (Jean 21, 17). Il en fournira la preuve par sa vie offerte à la première communauté chrétienne. Il ira là où l’Époux est allé, étendant à son tour les bras sur le lit de la croix, la tête en bas, en signe d’humiliation extrême, mais le cœur tout rempli d’amour, en écho à la Parole faite chair qui un jour l’a appelé, sur le bord du lac.

L’ardeur de Paul

Originaire de Tarse, Paul est un pharisien qui se convertit à Jésus vers 33/35, suite à une vision et une parole qui vont transformer sa vie : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter? » (Actes des Apôtres 9, 4). Désormais, Jésus est quelqu’un pour lui, le Premier-né d’entre les morts, le Fils du Père. « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 20). Sa conversion fera prendre au christianisme tout un virage.

Saisi par le Christ, Paul restera fidèle au Seigneur, malgré les persécutions. « Il m’a rempli de force pour que je puisse annoncer jusqu’au bout l’Évangile et le faire entendre à toutes les nations païennes » (2 Timothée 4, 17). Ses paroles enflammées mettront le feu partout. « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ? la détresse? l’angoisse? la persécution? la faim? le dénuement? le danger? le supplice? J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur » (Romains 8, 35.38).

Après un second emprisonnement à Rome, il aurait été décapité vers 67 et enterré sur la route d’Ostie, à l’endroit où s’élève la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Il est considéré comme le fondateur de l’Église universelle, celui qui a assuré la séparation définitive entre le judaïsme et le christianisme. Il est le second patron de Rome après Pierre.

Deux ministères complémentaires

Comme Pierre, Paul est un passionné du Christ. Ces deux hommes ont du caractère. Bien qu’ils soient deux des colonnes principales de l’Église naissante, ils ne sont pas toujours d’accord. Paul tient tête à Pierre à Antioche et à Jérusalem. Il n’hésite pas à le contredire pour l’inviter à se dégager du cadre des pratiques juives. Pierre avait tendance à considérer les chrétiens d’origine païenne comme une communauté inférieure aux judéo-chrétiens. Ce litige sera vite dépassé, et Pierre accomplira sa mission d’unité dans l’Église.

Les ministères de Pierre et de Paul sont nécessaires et complémentaires. Paul ne s’élèvera jamais contre la mission apostolique des Onze. Il soumettra ses méthodes d’apostolat à l’Église réunie à Jérusalem. Il trouve sa vocation aussi extraordinaire que celle des Onze. Sa connaissance spirituelle du Christ, reçue par grâce, n’est pas moindre que celle des apôtres qui ont connu Jésus. C’est l’Esprit Saint qui conduit l’Église. Pierre et Paul sauront surmonter les tensions entre autorité institutionnelle et liberté spirituelle, entre tradition et création. L’Église a donc raison de les célébrer le même jour. La Préface de leur messe résume bien cette complémentarité des charismes en vue de l’édification de l’Église.

[Père], tu nous donnes de fêter en ce jour les deux Apôtres Pierre et Paul : celui qui fut le premier à confesser la foi, et celui qui l’a mise en lumière; Pierre qui constitua l’Église en s’adressant d’abord aux fils d’Israël, et Paul qui fit connaître aux nations l’Évangile du salut; l’un et l’autre ont travaillé, chacun selon sa grâce, à rassembler l’unique famille du Christ; maintenant qu’ils sont réunis dans une même gloire, ils reçoivent une même vénération.

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