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Recevoir l'onction des malades

Lorsque la maladie terrasse le corps, la vie devient plus précieuse, parce que fragile. Tout ralentit, les projets sont suspendus, nous sommes dépendants des autres, on fait confiance aux médecins, on se repose. Si nous sommes chrétiens, nous nous abandonnons au Père en toute confiance avec Jésus sur la croix.

C’est ce qui m’est arrivé le mercredi des Cendres. J'ai perdu connaissance à la maison, incapable de bouger et de me relever. L'ambulance est arrivée. J'ai passé la nuit à l’hôpital de Gatineau, en isolement. J'ai tout offert au Seigneur et prié pour les malades. Le médecin a confirmé que j’avais contracté le virus de l’influenza. La semaine suivante, j’ai passé des examens à l’institut de cardiologie de Montréal. On m’a diagnostiqué une syncope, mais le cœur a tenu le coup. Je pense que nous avons encore un bon bout de chemin à marcher ensemble.  

Durant ce temps, mon épouse a aussi attrapé le virus. « Ils ne feront qu'une seule chair », qu'une seule prière. C’est la première fois depuis trente-huit ans de mariage que nous sommes malades en même temps. Affaiblis, nous prenons du mieux. Beaucoup de gens prient pour nous.

J’ai demandé au prêtre de ma paroisse de recevoir l’onction des malades avec mon épouse. Ce n’est pas la première fois que je la reçois et ce ne sera pas la dernière. J’ai toujours obtenu beaucoup de bienfaits en accueillant ce sacrement de guérison intérieure et extérieure. Comme tout sacrement, c’est l’occasion d’une rencontre avec Dieu.

sacrements onction

Il me semble que les malades ne demandent pas souvent ce sacrement. Pourtant, Jésus a toujours fait preuve de compassion envers les personnes souffrantes de son temps. Dans la tête des gens, ce sacrement est trop associé à l’agonie et il est administré une seule fois par le prêtre avant de mourir. Le concile Vatican II a restauré le sens profond de ce sacrement qui s’adresse à tous ceux qui souffrent dans leur corps. De l’extrême-onction, il est devenu l’onction des malades et il peut donc être reçu plusieurs fois.

Ce n’est plus le dernier sacrement des mourants, des cas désespérés, mais des malades. En le proposant, l’Église célèbre l’amour du Christ pour ceux et celles qui souffrent. La célébration peut se dérouler d’une façon communautaire, en paroisse, à l’hôpital, avec d’autres malades et des proches. Le sacrement peut aussi être reçu de façon individuelle à la maison. C’est ce que nous avons vécu mon épouse et moi et nous avons reçu un réconfort, une force, une paix, venant du Christ ressuscité qui pardonne les péchés.

Nous nous sommes unis aux prières avec intériorité, suivant le rite millénaire en rendant grâce au Père pour tant d’amour à notre égard. Le prêtre nous imposa les mains en silence, signe de la descente de l’Esprit Saint. L’huile sainte pénétra nos corps ouverts au souffle divin. « Jacques, par cette onction sainte, que le Seigneur en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint ». Je répondis : « Amen ». Le prêtre continua : « Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu'Il vous sauve et vous relève ». Le prêtre prononça aussi les paroles du rituel sur mon épouse, alors que, de son pouce imbibé d’huile sainte, il traçait le signe de la croix sur nos fronts, puis à l’intérieur de nos mains.

L'onction des malades nous a atteints corps et âme. J’ai senti un grand soulagement qui a touché tout mon être. Le Christ opère concrètement dans ce sacrement de guérison par l’espérance en son salut. Guérison intérieure des angoisses devant la maladie, des doutes face aux prochaines retraites et conférences que je dois donner. J’ai ressenti une grande paix intérieure, sachant dans la foi que le Christ me guérit à sa manière avec toute la tendresse du Père et de l’Esprit.

L’onction des malades m’a aidé à supporter l’épreuve en me rapprochant du Christ, en pleurant avec lui. Sa croix m’a surpris en pleine santé, je n’ai eu d’autre réflexe que de demander les sacrements pour mieux  participer à sa mort et à sa résurrection. Au cours de cette célébration intime, Anne-Marie et moi avons communié au corps eucharistique du Christ, nourriture d’un Dieu qui se fait si petit pour mieux nous tenir la main en chemin. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 54).

Les sacrements sont faits pour les vivants, pas pour les morts. Ils soulignent notre dignité profonde d’enfants de Dieu, même si nos corps sont diminués par la maladie. Chaque baptisé, sur le corps duquel a coulé l'eau qui l'a sanctifié, reste aux yeux de Dieu cette personne unique et inestimable, créée à son image pour sa gloire.

Corps en éveil dans la nuit de l’offrande,
immobilité féconde d’une prière sans mots,
une même onction nous sanctifie.
Qui saura lutter pour la vérité,
sinon toi, Jésus?
Tu nous as pardonnés sur la Croix.

(Prières de toutes les saisons, p. 131)

Pour aller plus loin : Récit d’un passage (Parole et Silence – Novalis, 2016)

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École de prière (52) Prier à genoux

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