"Rendez à César ce qui est à César"

La Parole nous met sans cesse en route pour que nous bâtissions le Royaume de Dieu qui est déjà là mais pas pleinement réalisé. Aujourd’hui, il est question d’une double appartenance : la communauté de foi et la société civile. Saint Augustin parlait de deux cités : la cité céleste à venir, symbolisée par l’Église, et la cité terrestre, dont le chef est l’empereur, le président ou le premier ministre.

Les relations entre la cité de Dieu et la cité des hommes sont complexes. Ce sont deux réalités différentes qui ont leurs règles et qui ne devraient pas entrer en concurrence. Le danger est que César se prenne pour Dieu ou que ceux qui parlent au nom de Dieu se prennent pour César. Jésus répond à ce dilemme par une parole pleine de bon sens qui deviendra un proverbe courant : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matthieu 22, 21).

Jésus Évangile

Ainsi, nous payons les impôts à César, dont la monnaie porte l’effigie, mais nous appartenons à Dieu, dont nous portons l’image. L’État n’a pas à prendre la place de Dieu, mais Dieu n’a pas à prendre la place de l’État. C’est le fondement d’une laïcité ouverte. Ainsi, la religion ne devient pas un instrument pour une politique ou une idéologie. Tout un défi, car nous avons sans cesse à apprendre à coexister dans le respect des différences. Comment servir la vocation de chaque personne sans trahir le bien commun? On l’a bien vu au Québec avec le débat sur la Charte des valeurs, qui a divisé les gens plutôt que de les rassembler. Ce débat a souvent pris les allures d’un procès contre les religions. On verra ce que fera Philippe Couillard maintenant qu’il est au pouvoir.

Jésus ne tombe pas dans le piège que lui tendent les pharisiens. Il ne répond pas directement à la question de payer ou non l’impôt à César. Il ne met pas sur le même plan le Royaume de Dieu et l’Empire romain. Aucune monnaie ne reflète l’image de Dieu; elle demeure une création humaine. Seul l’être humain est créé à l’image de Dieu; à lui notre amour, notre louange. Pour Jésus, toutes nos appartenances, qu’elles soient familiales, politiques, religieuses, ecclésiales, doivent être orientées vers le Père et ordonnées en vue du Royaume de Dieu et de sa justice.

Le Christ n’a pas voulu instaurer un empire politique, il est venu nous sauver par sa mort et sa résurrection. Il nous prend dans son Esprit Saint et veut nous conduire librement dans la maison du Père afin de « rendre à Dieu ce qui est à Dieu ».

Paru également dans Billet d'Évanglie du 29e dimanche A de Auvidec.
Pour aller plus loin, lire Notre coeur n'est-il pas brûlant?

Mon parcours de vie à Un coeur qui écoute
Un regard de foi (2) Le catholicisme québécois

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