Réponse à David Desjardins Le Devoir

Dans Le Devoir du samedi 16 mars, le chroniqueur David Desjardins questionnait la couverture médiatique du conclave qu'il trouvait exagérée, compte tenu qu'on ne va plus à l'église au Québec. La question de son billet d'opinion intitulé Religions était louable, mais le ton très discutable, tant ça sentait le règlement de compte. Il est revenu sur cet article à la fin de sa chronique du 23 mars en jetant de l'huile sur le feu. Il convient que son humour douteux a quelque chose de choquant, mais il en rajoute en qualifiant le cardinal Ouellet de "minable". Je lui ai envoyé cette courte réponse dimanche le 24 mars, ainsi qu'au Devoir:

"M. David Desjardins, vous avez reçu une volée de bois vert suite à votre chronique "Religions" du 16 mars. Votre ton dérisoire et condescendant ne pouvait que choquer plusieurs catholiques. Chacun a droit à son opinion, du moment que c'est fait dans le respect. Cela ne mérite pas les insultes que vous avez reçues, ni de traiter le cardinal Marc Ouellet de "minable" dans votre chronique d'opinion d'hier. Je trouve cela injuste pour lui. Il est trop facile de jeter la pierre au cardinal Ouellet. J'ai écrit sur mon blogue ma rencontre avec cet homme de coeur et de convictions.

Autre point. Contrairement à vous, je pense que si les gens ne vont plus à l'église, ce ne sont pas à cause des scandales et des contradictions de celle-ci, mais plutôt d'un manque de foi. Lorsqu'on croit que le Christ est ressuscité et qu'il est présent dans l'Eucharistie, on ne quitte pas la barque parce que telle position de l'Église ne nous plaît pas. Chacun son cheminement, d'un côté comme de l'autre.

Pour l'engouement des médias à l'élection du nouveau pape, c'est normal dans une société du spectacle comme la nôtre qui favorise trop souvent l'événement au détriment de la réflexion. L'Église n'est pas seulement un conclave, c'est aussi un corps vivant, un peuple en marche, où chaque baptisé fait la communauté, mais cela ne fait pas la manchette".

 Le lendemain, Le Devoir publiait un échange entre Louis O'Neil et David Desjardins: L'Église catholique après l'élection de François - La culture du ressentiment. Je ne commente pas cet échange qui porte sur le christianisme qui dégoûte ou non. Chacun pourra réagir à sa manière, ce qu'on fait des lecteurs et lectrices du Devoir. Je constate de nouveau qu'il y a un réel malaise religieux au Québec, qu'il est toujours difficile d'avoir un débat serein sur l'apport de l'Église chez nous. J'en ai déjà parlé à l'émission C'est ça la vie de Radio Canada. Vous pouvez lire le texte à ce lien

Je termine en questionnant la rigueur intellectuelle de David Desjardins lorsqu'il revient, à la fin de sa réponse à Louis O'Neil, sur deux affirmations qui ont été démenties par différents intervenants: le pape François qui a fermé les yeux sur le pouvoir argentin de l'époque et mère Teresa qui a laissé mourir les lépreux tout en détournant les dons vers le Vatican. N'importe quoi pour appuyer sa thèse, même si ce n'est jamais tout noir ou tout blanc. Déplorable! Pour un autre son de cloche sur mère Teresa, je renvoie à mon livre J'ai soif.

 

 

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