Le blogue de Jacques Gauthier

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Toussaint: foule immense de témoins du Christ

Novembre est beaucoup plus le mois des saints que celui des morts. Il commence par la Toussaint. On fait mémoire de cette foule innombrable de témoins que le Premier-né d'entre les morts a entraînée à sa suite. C'est lui, le Seigneur Jésus, qui est glorifié dans ses saints et dans ses saintes. Nous sommes tous appelés à cette sainteté qui est essentiellement une question d’amour et d’accueil, une expérience de la miséricorde divine. Ainsi, lorsque nous aimons à la manière de Jésus, nous sommes sur la voie de la sainteté, du don.

Il y a ceux et celles qui sont béatifiés et canonisés officiellement par l’Église, puis il y a les autres qui ne sont pas élevés sur les autels, qui ne sont d'aucun calendrier. Ces saints anonymes, membres du Corps du Christ, sont des phares dans notre nuit. Nous partageons avec eux une même communion dans le Christ et un avenir commun, la vie éternelle. « Tout comme la communion entre les chrétiens de la terre nous approche de plus près du Christ, ainsi la communauté avec les saints nous unit au Christ de qui découlent, comme de leur chef, toute grâce et la vie du Peuple de Dieu lui-même » (Catéchisme de l’Église catholique, no 957).

Toussaint

Les saints anonymes

Les saints et saintes connus de Dieu, ces gens ordinaires du réel quotidien, on les retrouve souvent dans nos propres familles : ces ancêtres qui nous ont précédés dans le Royaume; ces pères et mères de famille qui, en se donnant à leurs enfants jour et nuit, ont bâti l’Église; ces jeunes de nos villes qui n’ont souvent que leurs blessures pour y faire jaillir l’eau vive de l’Esprit. Ce sont aussi ces prêtres, religieux et religieuses, laïcs et missionnaires, qui ont enfanté les autres à la foi au Christ ressuscité. Le souvenir de leur témoignage nous inspire la route à prendre pour arriver à bon port.

Cette liste de saints anonymes, jeunes et vieux, blessés et aimés, faibles et vulnérables, est dressée au carrefour des chemins du monde. Ce sont des icônes du Royaume qui nous révèlent la beauté du Dieu fait homme. Ils sont les plus heureux des hommes et des femmes de ce temps, parce qu’ils ont su accorder librement leurs corps à la danse de l’Évangile et à la musique des béatitudes. La puissance de leur intercession nous aide à ne pas désespérer en chemin et à continuer à « chanter les miséricordes du Seigneur », selon l’expression de la petite Thérèse.

Thérèse, la sainte des béatitudes, a su montrer avec simplicité et profondeur que la sainteté est notre faiblesse humaine noyée dans la miséricorde divine. Notre fragilité, accueillie comme une grâce, même dans la nuit la plus noire, nous aide à nous offrir totalement à l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit. L’image de cette sainteté pour tous est l’abandon du petit enfant qui s’endort sans crainte dans les bras de son père ou de sa mère.

Le chemin des béatitudes

Quel est le meilleur chemin pour arriver à la sainteté? Suivre Jésus, qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). Dans l’Évangile, Jésus nous indique clairement la voie à prendre : le chemin des béatitudes, où il dresse un portrait de lui-même. Heureux les pauvres en esprit, les affligés, les doux, les cœurs purs, les miséricordieux, les artisans de paix, ceux qui ont faim et soif de justice, car le royaume de Dieu est à eux. L’Église a choisi ce texte pour l’évangile de la Toussaint afin de nous montrer que cette sainteté est accessible à tous.

Par sa vie, Marie résume toutes ces béatitudes en une seule, que proclame sa cousine Élisabeth : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1, 45). Croire, espérer, aimer, voilà les verbes d’action du chrétien et du saint. Le secret de cette sainteté se trouve dans cette humilité profonde qui est la vérité de ce que nous sommes profondément : des serviteurs et des servantes du Seigneur. Marie est la première de cette foule immense que nul ne peut dénombrer, « une foule de toutes nations, races, peuples et langues » (Ap 7, 9). Elle brille comme une lampe qui éclaire notre chemin, parce que sa lampe à elle est la parole de Dieu.

La vocation universelle à la sainteté

Le concile Vatican II a mis la sainteté à l’honneur en proclamant que « tous sont appelés à la sainteté ». Ce cri a trouvé écho dans le cœur de plusieurs baptisés à travers le monde. Dieu seul est saint, puisqu’il est Amour, et nous participons déjà à cette sainteté divine par notre baptême. « Nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement » (1 Jn 3, 2).

Ce ne sont pas nos œuvres que Dieu désire, mais l’amour qui fait les œuvres. Il ne veut pas des personnes parfaites, mais des personnes qui aiment. La vie ordinaire et les réalités conjugales et familiales (conjoint, enfant, sexualité, métier, maison, quartier, école, repas, loisir, etc.) deviennent alors le lieu de la sainteté, c’est-à-dire le lieu de l’accueil et de l’amour. Depuis l’incarnation du Dieu fait homme, il ne peut pas y avoir d’opposition entre amour de Dieu et amour du prochain, spiritualité et sexualité, prière et travail, sainteté et vie ordinaire.

La sainteté n’est pas réservée aux évêques, prêtres, religieux et religieuses. Elle ne se limite pas à un état de vie particulier et ne porte pas toujours des habits à la mode. Elle déborde des cloîtres et des églises. Nous la retrouvons assise au seuil de nos maisons. Elle nous invite à semer l’amour sur les routes du monde. C’est toute une aventure! Elle danse dans les yeux de ceux et celles qui aiment. Elle prend spécialement sa joie chez les exclus de la société, les blessés de la vie, les petits de vertus, les souffrants de partout. Qui pense la posséder l’échappe. On ne peut la saisir qu’avec des mains vides. Elle est comme Dieu, elle s’accueille, tout simplement, avec un cœur d’enfant. Quelqu’un nous la donne en plénitude, de la Crèche au Calvaire.

Pour aller plus loin, lire Dix attitudes intérieures. La spiritualité de Thérèse de Lisieux et Les maîtres spirituels chrétiens.
Voir la vidéo de 26 minutes sur mon parcours de vie à l'émission Un coeur qui écoute de KTO.

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Un regard de foi (3) Le mystère de l'Église
La loi d'amour de Jésus

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