Vouloir voir Jésus

Dans l'Évangile de ce 5e dimanche de Carême, Jean met en scène des Grecs en pèlerinage à Jérusalem pour la Pâque. Ils demandent à l'apôtre Philippe : «Nous voudrions voir Jésus» (Jn 12, 21). Tout commence dans la vie chrétienne par cette volonté de voir Jésus, de le rencontrer et de l’aimer.

Voir Jésus

Je veux voir Dieu

Ce « nous voudrions voir Jésus » me rappelle Thérèse d’Avila, dont nous fêtons cette année le 500e anniversaire de naissance. À l’âge de sept ans, elle s’enfuit de la maison paternelle pour combattre au pays des Maures afin de mourir et voir Dieu au ciel. Le Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus coiffera sa Somme de théologie mystique de ce désir thérésien : « Je veux voir Dieu ». Voir et croire commencent toujours par le désir. 

Voulons-nous voir Dieu à l’approche de la Semaine Sainte? Il nous donne rendez-vous dans sa Passion, le croyons-nous vraiment? Le Dieu Père, Fils et Esprit nous attend au cœur de notre désir. Il a soif de nos soifs, il désire notre désir d’aimer, il veut que nous lui appartenions sans partage. Ne ravissons pas à Dieu la joie de nous aimer! Il nous donne audience par sa Parole et nous révèle les abîmes de son amour. Il nous convie aux noces de notre cœur avec le Fils bien-aimé.

Voir le Père

Jésus est le chemin qui relance notre quête, notre soif, notre désir vers le Père. Par lui, nous pouvons voir Dieu sans mourir : «Qui m’a vu a vu le Père» (Jn 14, 9). Ce désir de voir le Dieu caché, si ancré dans le coeur de l’être humain, est comblé en Jésus, le visage du Père. En lisant sa Parole, nous le voyons. Et qui voit Jésus, voit aussi l’Église, corps et sacrement du Christ. Nos yeux s’ouvrent alors sur Pâques, le printemps de Dieu. «L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié» (Jn 12, 24).

Le prophète Jérémie avait déjà déclaré que le Seigneur conclurait une alliance nouvelle, inscrite au fond des cœurs. Cette alliance, scellée dans le sang du Christ, est devenue pour les croyants «la cause du salut éternel» (He 5, 9). C’est lui l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde et qui nous fait renaître de nouveau. Par ses blessures, nous sommes guéris : nous voyons et nous croyons. De la mort librement consentie jaillit la vie éternelle : «quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes» (Jn 12, 32). C’est dans la foi que nous voyons ce Jésus, élevé dans la gloire, qui nous attire à lui.

Jésus est vivant

Le grain de blé tombé en terre donne beaucoup de fruit. Nous n’ensemençons pas nos jardins avec des grains pourris. C’est parce qu’ils sont vivants qu’on les jette en terre. Jésus est vivant! Il nous invite à sortir de nos tombeaux sous la poussée de la résurrection, déjà à l’œuvre dans le monde.

Notre cœur est sa demeure. Il vit en nous ses quarante jours au désert. Il nous accompagne dans nos carêmes jusqu’à l’aube de Pâques. Passons de la surface à la profondeur, de la parole au silence, du Carême à Pâques.

Pour aller plus loin, ces livres: Dieu caché et Notre coeur n'était-il pas brûlant?
À paraître plus tard: Jésus raconté par ses proches.

Pour se préparer au sacrement de la réconciliation
19 mars: Saint Joseph, homme de foi

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