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Le blogue de Jacques Gauthier

Le don de la vie éternelle

Dans ce monde en quête de repères, nous sommes appelés à « rendre compte de l'espérance qui est en nous. » (1 P 3, 15) Cette espérance est fondée sur la résurrection du Christ qui donne la vie éternelle, « promise depuis toujours par Dieu qui ne ment pas. » (Ti 1, 2) Nous savons peu de choses de cette vie, ce qui n'empêche pas les chrétiens de proclamer à la fin du Credo : « Je crois à la vie éternelle ».  

Le bon berger donne sa vie

Je crois que Dieu nous a librement créés à son image dans le but de nous faire participer à sa vie bienheureuse. « Il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. » (1 Tm 2, 4). Certes, notre liberté et le péché peuvent nous égarer dans cette quête de la vérité, mais le Père a envoyé son Fils pour faire de nous ses enfants d’adoption dans l’Esprit Saint. Il n’a pas supporté que l’homme et la femme soient abandonnés à la mort : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » (Jn 3, 16)

Saint Jean présente Jésus comme le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. Il les connaît, elles écoutent sa voix, elles le suivent, il leur donne sa vie : « Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. » (Jn 10, 27-30)  

Jésus relie foi et vie éternelle en sa propre personne : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » (Jn 11, 25) Son désir est que nous soyons là où il est. « Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » (Jean 14, 3) Tout un voyage en perspective ! Le détail du parcours reste inconnu, la foi en donne seulement les grandes lignes. Et comme Pierre nous faisons confiance à Jésus : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6, 69)

La mort n’a de signification que dans le don par Dieu d’une vie éternelle, qui n’est pas seulement une récompense future, mais une réalité que l’on choisit maintenant. « Dieu est amour » (1 Jean 4, 16), et cet amour est éternel, comme Dieu. Nous entrons dans l’éternel présent de Dieu quand nous nous aimons les uns les autres comme Jésus a aimé. La vie éternelle commence donc sur terre et s’épanouit dans la foi au Christ ressuscité qui nous révèle l’amour du Père. « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé » (Jn 17, 3).

Vie eternelle

Corps physique et corps spirituel

Le Catéchisme de l’Église catholique, publié en 1992, mentionne qu’à la mort, l’âme est séparée du corps. Elle va à la rencontre de Dieu, alors que le corps tombe dans la corruption. Elle sera réunie à son corps glorifié le jour de la résurrection des morts, au retour définitif du Christ. Par la venue du Verbe dans notre chair, la chair elle-même est sauvée et appelée à ressusciter dans un « corps spirituel », écrit saint Paul : 

« Ce qui est semé corps physique ressuscite corps spirituel ; car s’il existe un corps physique, il existe aussi un corps spirituel. L’Écriture dit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant ; le dernier Adam – le Christ – est devenu l’être spirituel qui donne la vie. Ce qui vient d’abord, ce n’est pas le spirituel, mais le physique ; ensuite seulement vient le spirituel. Pétri d’argile, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel. Comme Adam est fait d’argile, ainsi les hommes sont faits d’argile ; comme le Christ est du ciel, ainsi les hommes seront du ciel ». (1 Co 15, 44-48)

Si la mort est le terme de notre pèlerinage terrestre, la tradition biblique enseigne qu’elle est la conséquence du péché. Ce n’est pas ce que Dieu voulait au début. Il y remédie en envoyant son Fils dans le monde et notre chair. Par son obéissance à la volonté du Père, Jésus transforme la mort dans sa vie, réparant ainsi la désobéissance d’Adam. Il nous incorpore dans son acte rédempteur en vainquant la mort, ouvrant à tous la possibilité du salut. Ainsi, par le baptême, nous mourrons sacramentellement dans le Christ pour vivre d’une vie nouvelle avec lui. Le baptême n’est pas seulement un rite extérieur, une simple formalité, mais un acte de vie et d’amour où nous sommes immergés dans la mort et la résurrection du Christ. Nous recevons le don d’une vie nouvelle que la mort ne peut pas détruire, comme l’exprime saint Paul aux Romains dans cet extrait particulièrement éclairant:

« Ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. » (Rm 6, 3-4) 

Le jour de la résurrection du Christ est appelé « le huitième jour ». Ce jour nouveau ouvre le temps sur l’éternité, que nous connaîtrons à la fin de notre pèlerinage terrestre. La foi nous apprend que la vraie vie, donnée au baptême, est la vie même de Dieu. Elle ne s’arrête pas à la mort, puisque la rencontre avec Dieu n’a jamais de fin. Avec Jésus, la vie éternelle consiste « dans la pleine communion avec Dieu, dans la contemplation et la participation à son amour infini. », rappelait le regretté pape François dans son document pour l’année jubilaire 2025, L’espérance ne déçoit pas, no 21.

Cet article est tiré du chapitre 8 sur les fins dernières de mon livre "Comment meurent les saints?", édité en France chez Artège et au Canada chez Novalis. À paraître le 15 octobre 2025.

Lire auss la nouvelle édition de mon livre Les saints, ces fous admirables (Novalis/Béatitudes, 2018).

Pour aller plus loin, voir ma vidéo où je développe les grandes lignes de cet article. À regarder sur ma chaîne YouTube.

Regarder aussi la vidéo de 16 minutes du 21 mai 2025, où je commente l'évangile du 4e dimanche de Pâques C, 11 mai 2025, au Sanctuaire Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus à Beauport, à l'occasion de la venue du reliquaire de Thérèse. C'était aussi, au Québec, le dimanche de la fête des Mères. Beaucoup d'émotion; sur ma chaîne YouTube, ou ici.

 

Serge Fiori, à fleur de coeur
Léon XIV, artisan de paix et d'unité

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Jeudi 12 Février 2026

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