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Le blogue de Jacques Gauthier

Le tendre Georges Moustaki


Georges Moustaki, chanteur français d’origine grecque, est mort le 23 mai à l’âge de 79 ans. Éternel rêveur et grand voyageur, il aura chanté la liberté, la solitude, la mer, surtout l’amour, d’une voix douce et tendre. Il aura pris le temps de vivre, revendiqué le droit à la paresse, déclaré l’état de bonheur permanent. Le métèque, qui n’était jamais seul avec sa solitude, a quitté ce jardin qu’on appelait la terre pour d’autres cieux. Il s’en est allé serein, emportant dans sa besace le grand amour qu’il portait à l’humanité : « Et nous ferons de chaque jour toute une éternité d’amour que nous vivrons à en mourir ». Ses chansons cool au style fluide ont bercé mon adolescence et mis un peu de poésie dans ma quête de sens et de liberté. Enfant, je me souviens d’un matin où Piaf chantait Milord dans ma chambre ensoleillée, premier tube de Moustaki. Le coup...

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Décès du poète Clément Marchand


Le poète-journaliste-éditeur Clément Marchand est décédé le 22 avril à l’âge de 100 ans. Il a tourné la dernière page de sa vie la veille de la Journée mondiale du livre. Les livres le passionnaient. Il pouvait parler pendant des heures des auteurs qu’il aimait, sans être pédant. Sa culture immense, à l’image de son humanisme, séduisait. À côté de ce monument littéraire, on se sentait intelligent, parce qu’il nous élevait quand il parlait et qu’il respectait ce qu’on lui disait. Lauréat de deux prix David pour des recueils de poèmes, il avait côtoyé Nérée Beauchemin, Alfred Desrochers, Claude-Henri Grignion, édité Félix Leclerc, Gérald Godin, Alphonse Piché. Je l’ai souvent rencontré aux éditions du Bien Public à Trois-Rivières et à l’imprimerie attenante à son bureau. On imprimait encore sur plomb. L’odeur de l’encre se mêlait au bruit des machines. Il m’accueillait les bras ouverts, parfois me faisait attendre, et on terminait...

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Journée mondiale de la poésie


21 mars, journée mondiale de la poésie. Pourquoi? Parce que la poésie est inutile comme l'amour, la beauté, l'art, donc nécessaire pour vivre. Ce n'est pas rentable et productif, sauf pour alerter les injustices, éveiller à la beauté, résister contre toute espérance. Poésie: lucidité d'une conscience, un souffle qui veut durer. Nous en avons bien besoin aujourd'hui. Pour vous accompagner en ce début de printemps, voici un peu de mon "art poétique", texte que l'on retrouve à la fin de mon recueil La vie inexprimable. Accompagnement Il me semble que « la vie inexprimable » de René Char, neuve et merveilleuse, renvoie comme en écho à la « vraie vie » de Rimbaud, à cet ailleurs rêvé dans l’absence, forme supérieure de présence : « J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges » (Une saison en enfer). Le poète reste imbibé de cette vie offerte au grand vent que le mouvement manifeste plus...

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Poésie: La vie inexprimable


À la soirée Rive Gauche, poésie dite et chantée du 27 février, je lirai quelques poèmes de La vie inexprimable aux "Brasseurs du temps" à Gatineau. Le titre du recueil est emprunté à un poème de René Char "Commune présence". "Tu es pressé d’écrireComme si tu étais en retard sur la vieS’il en est ainsi fais cortège à tes sourcesHâte-toiHâte-toi de transmettreTa part de merveilleux de rébellion de bienfaisanceEffectivement tu es en retard sur la vieLa vie inexprimableLa seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’unir"   La vie inexprimable, parce qu’inépuisable, atteint quelque chose de profond en soi. Le recueil est divisé en quatre parties: «Parfum quelque part», «Commencement n’est pas venu», «Blessure de l’invisible», «Le poids de l’ange». Ici, poésie et spiritualité marchent côte à côte dans l’incandescence d’une absence qui est une forme supérieure de présence. Je garde la féconde tension entre parole et silence, vie et mort. La fragilité...

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Mon ami Jean de la Croix



Le 14 décembre est la fête liturgique de saint Jean de la Croix (1542-1591). Je me rappelle ma rencontre avec ce grand poète mystique. J'avais vingt et un ans lorsque j'ai lu ses écrits pour la première fois. Je vivais alors à l'Arche de Trosly-Breuil, en France, en réponse à une redécouverte de Jésus et de son Église. Tout me déconcerta dans cette œuvre : les symboles poétiques, l’anthropologie médiévale, la théologie scolastique. Pourtant, cette lecture me marqua au plus profond de l’être, car une soif ardente de connaître Dieu m’animait. Je trouvais enfin quelqu’un de fiable qui répondait à ma quête spirituelle en me proposant des moyens concrets pour aller à Dieu dans la joie et l’espérance.Le poète espagnol présentait clairement et lucidement les grands éléments de la vie intérieure, ses nuits et ses aurores, ses exigences et ses illusions. Ses mots me brûlaient de l’intérieur, sans que je cherche vraiment à les comprendre....

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