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25 avril: Saint Marc, évangéliste

L'évangile selon saint Marc ne dit rien rien de son auteur. Nous le connaissons par les Actes des Apôtres, les épîtres de Paul et de Pierre. On parle d’un certain « Jean », surnommé « Marc », en grec Markos, qui est en relation avec Pierre à Jérusalem. Pierre mentionne son nom quand il s’évade de la prison d’Hérode Agrippa 1er : « Il se rendit à la maison de Marie, la mère de Jean surnommé Marc, où se trouvaient rassemblées un certain nombre de personnes qui priaient » (Ac 12, 12).

marc

Collaborateur de Paul et Pierre

Marc accompagne Paul et Barnabé dans une première mission d’évangélisation en Asie Mineure. « Ils avaient Jean-Marc comme auxiliaire » (Ac 13, 5). Âgé autour de la vingtaine, il leur sert d’adjoint dans plusieurs voyages. Paul décide  de quitter Chypre pour la ville de Pergé. Sur la route, Marc s’oppose à Paul et repart pour Jérusalem, le laissant avec Barnabé en direction de la Pisidie. Au début des années 50, Marc et Barnabé repartent évangéliser l’île de Chypre, sans l’approbation de Paul :

Paul dit à Barnabé : « Retournons donc visiter les frères en chacune des villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont. » Barnabé voulait emmener aussi Jean appelé Marc. Mais Paul n’était pas d’avis d’emmener cet homme, qui les avait quittés à partir de la Pamphylie et ne les avait plus accompagnés dans leur tâche. L’exaspération devint telle qu’ils se séparèrent l’un de l’autre. Barnabé emmena Marc et s’embarqua pour Chypre (Ac 15, 36-39). 

Paul se réconcilie avec Marc vers l’an 62 quand celui-ci le retrouve à Rome alors qu’il est prisonnier. « Vous avez les salutations d’Aristarque, mon compagnon de captivité, et celles de Marc, le cousin de Barnabé – vous avez reçu des instructions à son sujet : s’il vient chez vous, accueillez-le » (Col 4, 10).

Marc devient l’interprète et le secrétaire de Pierre, qui séjourne alors à Rome; il participe aux travaux apostoliques de celui-ci. Il l’apprécie tellement qu’il l’appelle « mon fils » : « La communauté qui est à Babylone, choisie comme vous par Dieu, vous salue, ainsi que Marc, mon fils » (1 P 5, 13). Il excelle dans ce rôle de second. C’est de cette époque que date son Évangile, composé de plusieurs documents antérieurs, dans lesquels il met sa touche personnelle. Le style est vivant et direct. Pierre lui a donné des informations précises sur Jésus, lui partageant ses souvenirs : la guérison de sa belle-mère, l’appel de Lévi, la résurrection de la fille de Jaïre, la transfiguration de Jésus, l’expulsion des vendeurs du temple, l’onction à Béthanie, l’arrestation de Jésus, son reniement. Marc s’en est souvenu au moment d’écrire son Évangile vers 65, le premier en date. Il sera une source précieuse pour les évangiles de Matthieu et de Luc, écrits entre dix et quinze ans plus tard.

L’Évangile de Marc

L’Évangile de Marc est le plus court avec ses seize chapitres. Souvent resté dans l’ombre des trois autres, Mathieu, Luc et Jean, ce texte concret se lit d’une traite et s’apprend facilement, ce qui était pratique pour les assemblées liturgiques. Marc écrit comme un reporter, ou un conteur populaire; il ne s'encombre pas de détails ou d'envolées théologiques, mais se concentre sur l’identité de Jésus, le fameux secret messianique qu’il faut taire pour ne pas se méprendre de sa mission pacifique d’annoncer le royaume de Dieu : « Et lorsque les esprits impurs le voyaient, ils se jetaient à ses pieds et criaient : « Toi, tu es le Fils de Dieu ! Mais il leur défendait vivement de le faire connaître» (Mc 3, 11-12).

L’Évangile de Marc accorde une grande place aux disciples. On voit Jésus accomplir des miracles et enseigner en paraboles, mais il en donne l’explication uniquement aux disciples. Ceux-ci ne comprennent pas le chemin que Jésus doit prendre, un chemin de croix qui le ménera de la mort à la résurrection. « Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite » (Mc 8, 31).

Marc reprend les gestes et les miracles de Jésus, pas nécesssairement dans l’ordre, pour faire réfléchir le lecteur, l’interroger sur l’identité profonde de Jésus. La déclaration de Pierre se situe au milieu du livre, pour en marquer l’importance : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne » (Mc 8, 29-30). Pierre fera de vifs reproches à Jésus quand celui-ci annoncera sa mort. Ce n’était pas sa conception du Messie glorieux, ce qui vaudra la réprobation de Jésus, y voyant une tentation de Satan : « il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (Mc 8, 33).

Selon la tradition, Marc serait allé à Alexandrie après le martyr de Pierre à Rome. Dès le IIIe siècle, on attribuait à Marc la fondation de la première église d’Alexandrie. L’Église copte d’Égypte s’est toujours rattachée à la prédication de Marc. Il aurait été martyrisé vers 68 à Bucoles, petit port de pêche proche d’Alexandrie. En 828, ses restes auraient été volés et apportés à Venise. La basilique Saint-Marc de Venise sera spécialement construite pour les recueillir. Le lion, symbole de Marc, deviendra aussi celui de la République de Venise.  

Extrait de la nouvelle édition revue et augmentée, à paraître fin 2017: Les saints, ces fous admirables.

Pour aller plus loin: Jésus raconté par ses proches.

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