Au bord de la Blanche, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 96 pages, 2010.
Finaliste au Prix littéraire Le Droit-Poésie 2011.
Assis devant ma remise
je jette des mots plats
des ronds dans l’eau
des crevasses de solitude
archives de mes découvertes
TABLE DES POÈMES
Enfances
Rêveries
Territoires
Quêtes
UN POÈME
Elle imagine que son sourire va arrêter le soleil
ses taches de rousseur retenir l’été
que sa main volera le moineau
revenu des flaques de la joie
dans sa bure franciscaine
Ses yeux nous embrassent
ses petits bras nous abaissent
à hauteur des genoux
ses balbutiements nous nomment
résonance du désir
qui la met au monde
pieds nus sur nos mots marmonnés
Interview à Radio Ville-Marie
18 mai 2011, Carnet littéraire avec Gilda Routy
Pour écouter l'interview, cliquer http://www.jacquesgauthier.com/audios/livres-dieu-cache-et-au-bord-de-la-blanche.html
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En librairie:
Diffusion Prologue
1650, boul. Lionel-Bertrand, Boisbriand (Québec) J7H 1N7
Téléphone : (450) 434-0306 / 1-800-363-2864
En Europe
Écrits des Forges, 6, avenue Édouard-Vaillant, 93500, Pantin, France
Téléphone : 011.331.49.42.99.11
L'ensoleillé, Montréal, éditions du passage, 90 pages, 2008.
Un homme se prépare à mourir, rongé par le cancer. L'auteur assiste à ce grand passage, celui de son beau-père. Il évoque avec grâce et poésie les derniers moments, les dernières lueurs. L'ensoleillé, un accompagnement d'une extrême compassion.
TABLE DES POÈMES
Clair-obscur
Couchant
Levant
Zénith
Un poème
Il est entré dans la vie
à la saison des grands vents
Nous lui avons fermé les yeux
pour que les nôtres s'ouvrent
sur sa naissance
Nos bras se penchent vers lui
il lève discrètement le voile
de son coin d'éternité
Il n'est pas disparu
il apparaît ailleurs
mystère d'une présence
de lui en nous
Il se lève victorieux
sur les cimetières de novembre
LA PRESSE EN PARLE
La plume de l'écrivain outaouais ne s'abreuve surtout pas à la fontaine du voyeurisme. Au contraire, elle est respectueuse et c'est sur la pointe des pieds qu'elle nous fait pénétrer dans la chambre du mourant. L'auteur a un immense talent pour trouver les images qui conviennent pour l'ultime passage. Et quand arrive Zénith, titre de la dernière partie du livre, c'est la gorge nouée qu'on voit finalement l'ultime rendez-vous entre la mort et sa victime: "Elle s'étend / lisse et nue / sur le corps défaillant / le prend par la main / après une nuit d'agonie / pour un dernier baiser qui le délivre.
André Magny, Le Droit, 7 février 2009, A 14.
Le prolifique poète et essayiste catholique Jacques Gauthier ajoute deux titres à une oeuvre déjà foisonnante. Dans L'Ensoleillé (Éd. du Passage, 2008), une émouvante suite poétique, il évoque la mort de son beau-père, atteint du cancer, vécue comme une renaissance à la fois mystérieuse et lumineuse. «Il ne fait plus d'ombre / en marchant / ses traces respirent / dans nos poudreries», peut-on y lire.
Le Devoir, 6 juin 2009
"Textes magnifiques tant par la maîtrise de la forme que par le contenu. Rien de lourd, bien au contraire. À la gravité, au réalisme, se mêlent tendresse, compassion et même humour, et toujours cette lumière à la fois forte et fragile qui est celle d'une espérance traversant les frontières de cette vie..."
Bernard de Clairvaux, Feu et Lumière, France, novembre 2009, no 288. p. 49.
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Chemins du retour, (Prix littéraire Jacques-Poirier), Écrits des Hautes-Terres, 110 pages, 2006.
Sur fond d’expérience spirituelle, voici les mots d’une aventure intime et ouverte sur soi et sur l’autre, dans laquelle le poète livre une chasse à l’âme... dans la neige et l’invisible. Au gré des saisons, de leur zénith, de leurs intempéries, entre la plénitude de la nature et les choses simples de la vie, chemine une joie. Une joie et sa douleur. Cette poésie fluide et profonde invite à une méditation ressourçante, au plus près, au plus loin, jusqu’au carrefour d’une demeure et son mystère.
Je ne confonds plus les voix du désert
l'éclair me guide au puits
je ne me vide plus dans les bruits
j’attends une paix qui remue dans le sable
secoue la brume
que traverse la colombe
OEUVRE DE LA PAGE COUVERTURE:
Les inséparables,
Denise Harvey Desroches. détail,aquarelle, 12 po X 16 po.
TABLES DES POÈMES
Une joie
Distiques
Maison de papier
Dans l’invisible
Visions
Un poème
À Évelyne Voldeng
Tu ne l’as pas gardée pour toi
la joie irradiant du marcheur
qui s’aventurait dans tes plaquebières
Elle t’a prise à la dérive
dans l’inattendu de son pas
Ta fugue est plus qu’îlienne
je te vois à l’ombre du flamboyant
Femme plurielle assoiffée d’étoiles
je cueille pour toi une rose épervière
dans l’azur de ma quête
Communiqué de presse
Gatineau, le 9 juin 2005 – L’auteur chevronné Jacques Gauthier, de Gatineau, est le récipiendaire du Prix littéraire Jacques-Poirier – Outaouais 2005 qui est décerné cette année à un manuscrit produit dans la catégorie poésie, conte, légende ou fable. C’est avec un grand plaisir que monsieur Toussaint Fortin, président de la Corporation du Prix littéraire Jacques Poirier – Outaouais a remis, le jeudi 9 juin, à monsieur Gauthier la bourse de 2 500 $ qui accompagne cette récompense.
En plus de recevoir cette bourse, monsieur Gauthier verra son manuscrit de poésie,Chemins du retour, publié aux Écrits des Hautes-Terres au début de 2006 et fera partie des invités d’honneur au Salon du livre de l’Outaouais qui se tiendra du 9 au 12 mars 2006. Auteur de plus de vingt-cinq livres à ce jour, monsieur Gauthier n’est pas un nouveau venu aux Écrits des Hautes-Terres où il a déjà publié de magnifiques impressions de voyage sous le titre Le voyage de l’absente. Rappelons que, cette année, les trois membres du jury étaient madame Andrée Lacelle, représentante des Écrits des Hautes-Terres et qui a agi comme présidente du jury, monsieur Marcel Olscamp, professeur à l’Université d’Ottawa et l’auteur et éditeur franco-ontarien, Antonio D’Alfonzo.
LA PRESSE EN PARLE
La publication du recueil de poèmes Chemins du retour a suivi l'attribution à son auteur du Prix littéraire Jacques-Poirier - Outaouais, en 2005. Professeur à l'Université St-Paul et auteur de plus de 35 livres de tous genres, Jacques Gauthier avait déjà fait paraître en 1981 un imposant recueil de poèmes mystiques, Les heures en feu .
Dans Chemins du retour , on retrouve, comme dans les livres précédents, de courts poèmes en vers libres, sans rimes ni ponctuation, répartis en cinq cycles : « Une joie », « Distiques », « Maison de papier », « Dans l'invisible », « Visions ». Ici encore, le lexique semblera souvent recherché, volontiers spiritualiste, sans toutefois être hermétique ; le propos reste évocateur et parfois même légèrement sensuel, comme dans « Distiques ». Deux thèmes semblent particulièrement présents, parfois entre les lignes : le feu et le temps. Ainsi, autour du thème du feu, Jacques Gauthier multiplie les images chaleureuses : « Elle est flamme consumante / nuée lumineuse ». On peut lire ailleurs, dans le cycle des « Distiques », une belle allusion à la temporalité : « Tout est ordinaire / au quotidien de l'éternel ». Puisque la poésie est aussi un travail sur le mot, Jacques Gauthier a créé ça et là quelques heureux néologismes : « On septembrise de partout / en direct à la téléfusion ».
Avec Chemins du retour , Jacques Gauthier confirme sa réputation de poète rigoureux et respectueux de la langue. La voie choisie, souvent propice à l'émerveillement, évite la noirceur, la violence et le désespoir. Jacques Gauthier est tout le contraire du poète révolté, en mal de vivre. Après plus de trente années d'écriture poétique, son style reste doux et subtil. Mon seul reproche porte sur un détail éditorial : trop de pages blanches, quatre chaque fois, encadrent les différentes sections, soit près du quart du recueil !
Yves Laberge, Nuit Blanche, avril 2007.
Jacques Gauthier suggère, bien plus qu'il n'impose, des vers tout autant empreints d'une certaine spiritualité que de sensualité. Pour celui dont les essais sont publiés notamment en polonais et en italien, les Chemins du retour sont en somme un "bouquet de fleurs" qu'il tient à abandonner en ce printemps dans les mains des lecteurs.
André Magny, "La quête du pays intérieur", Le Droit, 23 avril 2006, p. A 4.
L'auteur, sur fond d'expérience spirituelle, nous livre sa joie de vivre un chemin d'aventure intérieure passant par des choses simples: la nature, les hauts et les bas de la vie... Superbe!
Bernard Perroy, Feu et Lumière, mai 2006.
Gauthier offre une poésie relaxante, douce, fluide et séparée en plusieurs fragments. Comme toute poésie, elle se laisse apprécier si elle est lue attentivement. Pour les amateurs de poésie, Chemins du retour s'avère donc LE chemin à suivre.
Anne-Marie Fournier, Journal La Rotonde, Université d'Ottawa, 27 mars 2006.
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Haïkus aux quatre vents, Ottawa, éditions David, 110 pages, 2004.
Encres de Joscelyn Vaillancourt
Prologue
Un rien qui s’efface
Mon corps se revêt de paroles évanescentes. Un manque m’installe dans l’attente. J’erre jusqu’à l’étonnement. De simples lettres en témoignent sur la page. Elles se mettent en place, comme si j’avais trouvé la pièce manquante d’un puzzle. À cet instant flottant, le monde s’éclaire. Le mot traverse mon cœur et le papier. Puis souffle le vent et tout s’envole, sauf l’au-delà du vent et le non-savoir du haïku. Je cherche alors de nouveaux mots qui brûlent de l’intérieur, pour habiter le temps qui fuit.
Ma maison devient un berceau pour les haïkus à naître. Déjà, ils suggèrent le mystère, cultivent l’attention, explorent l’inédit. Le chemin reste à faire : départ vers la saison, marche en secret, contemplation des petites choses, traduction du silence en paroles, quête toujours recommencée. Et voilà la poésie, avec ses brassées d’ombres et de lumière, ce souffle profond qui veut durer, ce chant de nuit qui me fait entendre ce que je n’ai pas dit.
Je crois en la poésie qui fait advenir à la vie. J’écris comme j’écoute, en cette terre étrangère, si proche et si éloignée, lieu neuf d’enfance permanente et de partage. Je m’embarque sur tel mot, que je dénoue au fil du poème, du haïku, pour mieux entendre la musique du silence et goûter la brûlure du désir.
Le haïku m’appelle et me conduit, je m’abandonne à son pas. Je reviens sur son chemin, avant qu’il ne retourne au silence, et moi au vide, à l’ignorance, où je connais autrement. S’il ouvre à ce brin de clarté que l’on devine, s’il rend visible le rien dans les marges, alors le réel devient plus présent, plus exprimable.
Le haïku se fait chair discrètement dans le quotidien insoupçonné. Il va et vient, inutile et dépouillé, au rythme du poète qui lui fait écho en donnant le sang de son langage. Il arrache au moment éphémère cette part innommée d’invisible qui remet le quêteur sur le chemin de la source intérieure, où la parole débouche sur le silence amoureux, que l’on entend parfois entre les mots.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le haïku, ce rien qui s’efface, convie d’autres haïkus à la fête des mots et des images. La brièveté appelle ainsi son contraire. Cet art d’être bref se soutient dans le nombre. Plusieurs haïkus l’ont précédé, d’autres suivront, pour répéter sans décrire, varier sans raconter, respirer le parfum familier des saisons. Tel ce nouveau recueil qui donne voix à ce qui est humble et fragile, ce qui n’apparaît pas en premier aux métamorphoses du vent, de l’est au sud, de l’ouest au nord.
Quelques haïkus
les pas du marcheur
s’égrènent à la verticale
l’horizon recule
plonger l’aviron
dans le reflet de la lune
qui danse avec la vague
un corps dans la Gatineau
le pont est fermé
épave du casino
les chiens aboient
les oiseaux se taisent
passe la mongolfière
ton corps se moule au mien
nous brûlons à côté
d’une bougie qui s’incline
à tant regarder l’horizon
la neige disparaît
reste la vision
LA PRESSE EN PARLE
Dans ce très beau recueil, Haïkus aux quatre vents, l'auteur, toujours présent au monde qui l'entoure, veille comme le ferait un bon gardien et, dans sa méditation concentrative, il nous offre le fruit de son travail long et intérieur […]. Un bijou de livre à laisser à portée de la main... au cas d'une envie urgente de vacances.
Lysette Brochu, Week-end Outaouais, 22 janvier 2005, p. A 5.
Merci pour vos Haïkus aux quatre vents que j'ai lus avec une émotion profonde. Grâce à vous, j'ai découvert le haïku québécois. Vous avez raison, le haïku est un puissant moyen d'investigation. Vous le maniez avec beaucoup de talent et de pureté.
Amélie Nothomb, lettre du 15 août 2011, Pont d'Oye, Belgique.
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Pêcher l'ombre, Ottawa et Trois-Rivières, David et Le Sabord, 100 pages, 2002.
Photographies de Pierre Bertrand
Le haïku arrive à l'improviste et me regarde, étincelle d'une saison. Je le sais par ce fil ténu au coeur, ce frémissement d'une feuille, ce silence qui surgit de l'attente, cette oraison où je reste à l'affût de l'inattendu. Soudain, la vie me parle. Je cueille l'instant qui passe, puis un autre, et les mots flambent de joie. Le livre prend forme : images du moment, traces d'amour, silences des objets, instants de grâce. Tout est donné : l'ombre et la lumière.
Quelques haïkus:
longueur du repas
ne plus voir les aiguilles
s’envoler de l’horloge
l’enfant entre dans la maison
le chien se réveille
des touffes de poils roulent
la pivoine éternue
les fourmis sortent
de leur refuge
le sentier s’est enfui
avec la première neige
le chasseur reste seul
il pleut dans la chaloupe
deux épouvantails à chapeau
pêchent leurs ombres
que répondre aux oies sauvages
nous ne volons pas
avec les vents de la nuit
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L'invisible chez-soi, Montréal, Noroît, 92 pages, 2002.
Prix Exigence-littérature de France
Un monde immense habite en chacun de nous, entouré de mots et de silences, comme une maison intérieure, où chaque pièce s'ouvre sur le désir d'aimer. On entre en s'abaissant, dans l'inattendu, au bout de soi-même. On erre ici et là à travers des chambres et des couloirs, guidé par un hôte invisible qui invite au château de l'âme, malgré la nuit. Cette quête s'enracine dans la joie de l'écoute, du regard et du don, un je-ne-sais-quoi qui habite le coeur du poète qui y puise l'eau de son propre puits.
Un poème
À l'ombre des choses entrevues
l'étrange ambiguïté
de ce qui m'inspire
sous mes yeux
J'accueille le ciel entrouvert
jusqu'à m'oublier
dans la solitude des fleurs
Qui ouvrira cette lourde porte
pour que je m'en aille
vers la maison provisoire
que j'invente chaque matin
LA PRESSE EN PARLE
Ce recueil m'a permis de rêver à d'autres maisons, avec tout ce qu'elles peuvent receler d'intime, de cette part d'Invisible qui habite un foyer d'amour. Jacques Gauthier, en dix volets, nous invite à méditer le chez-soi de chacun. Livre apaisant, "livre des heures" qui évoque une vraie spiritualité familiale. Livre de bonheur avec ses inquiétudes. Jacques Gauthier nous fait goûter au simple bonheur. Et c'est bon.
Jean-Daniel Robert, Coup de soleil, no 62, Annecy, octobre 2004.
S'il n'est guère facile de commenter la poésie, la difficulté s'atténue lorsqu'on est en présence d'un ouvrage de la qualité de L'invisible chez-soi [...] Ce recueil parvient en effet à concilier la simplicité de la démarche choisie avec la charge poétique intense qui caractérise l'oeuvre de l'auteur [...] Jacques Gauthier va ici au-delà des mots et tutoie l'Invisible.
Claude Rochon, Voir, Ottawa, 23 mai 2002, p. 8.
Jacques Gauthier, qui collabore de temps à autre à Panorama, nous livre ici un beau recueil de poèmes. Il y a de vraies trouvailles littéraires, une inspiration, une foi chrétienne vive qui transparaît.
Panorama, Paris, juin 2002, p. 58.
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L'empreinte d'un visage, Montréal, Noroît, 80 pages, 1999.
Prix littéraire Outaouais / Café Quatre Jeudis
Dans ces poèmes en prose, l'auteur poursuit sa quête d'un amour et d'une joie où la présence de Dieu s'inscrit dans les gestes mêmes de l'amour. L'auteur se rappelle certains souvenirs de son enfance en observant ses propres enfants découvrir les richesses du monde. La poésie de Jacques Gauthier en est une d'espérance et de confiance dans l'humain, de même que dans sa quête spirituelle.
Un poème
Le chemin se détache de l'horizon. Il interroge les arbres fragiles, entend les racines qui méditent, ligne courbe où s'écrit la solitude.
Tout disparaît : l'ode à la forêt, les pas questionneurs, les feuilles tremblantes, les animaux innocents.
Ne reste qu'un visage dans l'espace. Sa bonté envahit tout : le cri condensé en une larme, le combat jusqu'au matin, la part lumineuse de l'enfance, son écho dans ma chair blessée.
LA PRESSE EN PARLE
Je oonnais l'oeuvre poétique de Jacques Gauthier depuis ses tout débuts. J'ai toujours aimé qu'il fasse fi des modes poétiques - par définition passagères - pour le voir porter son regard ailleurs. Mais cet ailleurs n'a rien d'exotique. La poésie de Jacques Gauthier célèbre l'être charnel et spirituel en un déploiement métaphorique à l'écoute des traces, des signes, des empreintes qui fondent toute présence - mais une présence incarnée, vivante, accueillante.
Dans L'empreinte d'un visage, la poésie prend son vol, son haut vol devrais-je dire,en cinq suites de poèmes en prose: Figures passagères, Traces féminines, Regard des saisons, Murmure des choses et Visage entrevu. Ces titres disent bien la manière poétique de Jacques Gauthier: le passage, les traces, le regard, le murmure. "Et si vivre était cela, rien que cela: tout risquer sur des signes". Le poète ici est modeste: tout risquer sur des signes ce n'est pas rien, c'est même la grandeur de ce recueil. Mais quels signes! Des signes d'amitié, d'amour, de présence, d'écoute, d'espoir, de doute. Dans L'empreinte d'un visage, Jacques Gauthier redonne à ses mots et leur aura signifiante toute leur densité, toute leur verticalité. L'empreinte d'un visage est l'accomplissement de cet horizon vertical, ce "témoin de la vie entière".
Robert Yergeau, professeur à l'Unvisersité d'Ottawa, président du jury du Prix de poésie du "Café Quatre Jeudis", 12 juin 2000.
Récipiendaire en 1997 du prix de l'Alliance française d'Ottawa-Hull pour Ce jour qui me précède (Le Noroît), Jacques Gauthier revient à une prose poétique des plus denses dans L'empreinte d'un visage [...] Tel un cheminement intérieur, l'acte de présence quotidienne ne demande qu'à intensifier le sens fécond des choses [...] Il y a dans ces proses une patience de l'émerveillement où s'énumère le désordre naturel du visible que l'invisible annonce. Cette empreinte que suggère le titre devient donc le signe d'un espoir, d'une inspiration que la poésie achève dans son horizon d'ouverture [...]
Ces impressions de vie et de voyages forment un livre très personnel qui n'a pas peur d'interroger le risque ainsi que l'engagement de la foi. Dans sa démarche éthique, il suit un fil des plus délicats. Toutefois, L'empreinte d'un visage de Jacques Gauthier demeure un recueil fragile que l'inquiétude sereine marque de son sceau définitif.
David Cantin, Le Devoir, 27 mars 1999, D 2.
Le paysage revêt une symbolique spirituelle pour ce poète catholique qui puise à même le spectacle du monde un enseignement privilégié confinant l'écriture poétique au silence et à la contemplation de la création du Très-Haut.
Roger Chamberland, University of Toronto, Quaterley vol 70, no 1, hiver 2000-2001, p. 44-45.
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Ce jour qui me précède, Montréal, Noroît, 104 pages, 1997.
Prix de poésie de l'Alliance Française
Délibérations du Jury, 15 avril 1996.
La maturité du langage, le contenu à la fois poétique et philosophique ainsi que la richesse des images invoquées tout au long du recueil de poésie de M. Jacques Gauthier, touchent de manière vive et profonde le lecteur. C'est en ce sens que nous, membres du jury, reconnaissons la qualité exceptionnelle du recueil Ce jour qui me précède.
Un poème
Voici le sommeil de mes inquiétudes, le temps de la pauvreté volontaire, l'unique richesse de mes racines. Tout s'allège.
Voici l'heure où je rends l'esprit. Demain prendra naissance dans la confiance de l'aube.
Je m'en vais en paix. Le ciel se découvre à ma chair. Mon univers retrouve sa nuit originelle.
Je t'aime au-delà de ce qui pourrait nous séparer.
LA PRESSE EN PARLE
Avec Ce jour qui me précède (sa troisième parution au Noroît), Gauthier nous propose son recueil le plus accompli dans sa structure formelle et sa richesse émotive. Suivant les contrastes du matin jusqu'à la noirceur profonde du soir, les cinq suites poétiques éclairent ces "petits riens murmurés qui de détachent du quotidien" [...] Jacques Gauthier découvre une présence poétique qui lui appartient; un rythme dense et haletant où chaque phrase se transforme en "un geste d'amour". Il suffit de lire cette oeuvre et celle de Fernand Ouellette pour comprendre que le poids de l'expérience humaine repose parfois dans l'intonation lumineuse de la vie spirituelle.
David Cantin, Le Devoir, 4 octobre 2007.
Superbes, intenses, ces poèmes en prose de Jacques Gauthier valent la peine d'être lus et relus. Du petit matin à la nuit pleine, entre le plaisir d'aimer et l'urgence d'écrire, le poète semble y avoir coulé sa vie et laissé son âme. Un peu comme s'il avait voulu "retenir les étoiles dans les yeux des aveugles"
Claude Rochon, Zone, Outaouais, octobre 2007.
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Marcheur d'une autre saison, Montréal et Chaillé-sous-les-Ormeaux, Noroît et Le dé bleu, 96 pages, 1995.
Un frisson venu du fond des âges traverse les mots, le sang du langage. Ils jaillissent en silence, de la maison du père. Le poète les cueille à même les rumeurs de son enfance, les odeurs de sa chair. Les mots se nouent à son existence, deviennent son expérience. Ils tiennent leur promesse, le nourissant par la bouche de ses enfants itinérants. Le poète devient père à son tour. Marcheur d'une autre saison, son corps est lié à la substance des choses, aux fugitives saisons de l'âme. Son désir fore un puits au coeur de sa soif. Il quête la parole qui donne à voir, débusque la beauté, suggère une présence. Entré dans la nuit de l'être, il écoute la dernière prière qui coule de source. Pour le poète, chaque mot est un geste d'amour.
TABLE DES POÈMES
Rumeurs d'enfance
La maison de mon père
Marcheur d'une autre saison
La dernière prière
Deux poèmes
Tu arrives comme une caresse qui apporte sa promesse. Tu prends mon souffle, mes jours et mes nuits, le sang de mon coeur. Tu m'amènes en des univers que tu inventes au fond de tes poches. Tes jeux, tes solitudes, tes errances m'ouvrent la nuit de l'être.
À la manière des rêveries des poètes, tu me fais revivre des états d'enfance. Les rires qui secouent ton corps et les larmes qui coulent de tes yeux décrochent des tableaux anciens. Tu engranges pour moi des souvenirs qui panseront plus tard les blessures du grand âge.
L'enfance, comme un livre unique que je porte en secret et qui m'écrit au présent.
Mon père m'est apparu sur un chemin de brume. Je le voyais comme une haute montagne qui invite au sommet. Je le suppliais. Redis-moi le temps qu'il fait, quand mes pas croisent les tiens!
Mon père gardait silence. Je troquais mon enfance pour des marchandises à rabais. Je partais et revenais sans savoir d'où je venais. Je ne voyais que la montagne, partageant avec les humains la même inquiétude.
Je suis ce promeneur qui se perd de vue en plein jour, disparaît dans les traces que le vent effaçe à mesure que j'avançe.
Mon père, devant la route, n'a pas marché à ma place, chacun son voyage. Mon père, devant la porte, n'est pas entré à ma place, chacun sa sortie. Comment pouvait-il savoir la quête que je menais au sommet de ma montagne, à l'oasis de mon désert, quand le désir est blessure et le soleil brûlure?
C'était avant que je ne prenne le chemin du retour, avant que je me rencontre et naise à d'autres images.
LA PRESSE EN PARLE
Observateur de l'enfance, le poète est aussi père du verbe [...] Jacques ici nous fait vivre avec émotion ce thème du passage et cet enfant, cette fille qui vient de naître, avec un formidable pouvoir d'évocation [...] Jacques tout au long de ce merveilleux recueil nous a fait parcourir sur des routes emplies d'humaine tendresse, toute une vie d'homme, toute une vie de poète.
Gilles Pauchon, Froissart, no 84, France, printemps 1998.
D'emblée, je soulignerais l'inspiration spirituelle et chrétienne qui domine ce recueil et je voudrais dire combien sa cohérence, sa profondeur et son souci d'amour partagé m'ont enthousiasmé et m'ont profondément marqué.
Jean-Paul Dubois, Rétro-Viseur, no 69, France, 1997.
Il existe en poésie québécoise, un courant "spirituel" assez vivace, héritier - peut-être même sans le savoir - de la grande tradition des Rina Lasnier, Félix-Antoine Savard et autres grands mystiques du Verbe. Le riche passé religieux du Québec - dont il faudra bien aussi reconnaître, un jour, l'apport positif - a longtemps favorisé ici le développement d'une littérature à caractère méditatif, tout en intériorité, qui fut pendant longtemps notre seul point de rencontre avec la pensée universelle; qu'on le veuille ou non, c'est par le biais de ce courant religieux que le Québec à certains moments de son histoire, fut au diapason de la littérature mondiale.
Jacques Gauthier, avec Jean-Marc Fréchette, Serge Patrice Thibodeau et quelques autres, fait partie de ce groupe de poètes qui reprend à sa manière le flambeau de la spiritualité québécoise. Discret parmi les discrets, sa poésie se caractérise entre autres - ici comme dans ces précédents recueils - par une fascination jamais démentie pour le rituel de la naissance, ses implications métaphysiques et ses dimensions charnelles [...]
Se faire "Marcheur d'une autre saison", c'est chercher refuge dans l'écriture, saisir l'émotion après coup, comme un fruit mûr qui se serait enrichi de méditation: "Je me rapproche, mais pas trop près, pour ne pas perdre la perspective". Voilà une attitude empreinte de classicisme, pleine de dignité, qui me semble caractériser l'ensemble de la production de Gauthier. Chez lui l'émotion séjourne un peu dans l'âme avant d'être livrée comme un bon vin [...]
Cette transmutation en quatre temps, de l'enfance à la divinité, ajoute une pièce importante à l'oeuvre déjà riche de Gauthier.
Marcel Olscamp, "Les hauteurs familières", dans Estuaire, no 87, avril 1997, p. 79-81.
Sa vision prend "de l'altitude", bien au-dessus des ressassements médiocres de tant de recueils, pour s'élargir sur un matin rayonnant de lueurs pascales. Les mots sont alors pèlerins, tous en marche dans le même sens.
Gérard Bocholier, Arpa, no 61, Association de Recherche poétique en Auvergne, Clerment-Ferrand, 1997.
Nulle trace, dans le recueil de Jacques Gauthier, de statisme, de monde donné une fois pour toutes, de langage commodément figé dans une vision du monde [...] Il devra chaque jour redécouvrir le silence, mourir au langage, pour que toujours sa parole renaisse authentique. Il ne faudra jamais qu'il cesse de naître, de poème en poème. Et le lecteur amoureux de verbe comme lui le suivra, de naissance en naissance.
Gilbert Côté, "Pour quelques naissances de plus", Zone Outaouais, février 2006.
Ici, la vérité autobiographique s'efface devant la création poétique. Les poèmes en prose de Gauthier cultivent un étrange sectionnement du temps aux saisons mêlées qui court-circuite toute linéarité possible, sans pour autant déporter le propos, créant ces pages à la fois indépendantes et solidaires d'un ensemble [...]
Les textes, construits autour de mots d'une grande fluidité, prennent pied dans le paysage ou arpentent les chambres fermées. Il y a dans cette poésie une belle tendresse et une grande humanité.
Jocelyne Felx, 'L'oeil de l'autre", Lettres Québécoises, no 82, été 1996.
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Consentir au désir, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 56 pages, 2004.
Un poème
La petite morte
Une nuit griffue
à dégrafer les orbites
une petite endormie
aux sentiments en faïences
surprend la Niagara
Figée dans la passion
blanchie par l’eau
sa peau de glycines
remonte des eaux
comme la ville d’Ys
Trop belle à l’hôtel des chutes
la jeune femme de chambre
s’est débarrassée de la mort
pour donner raison à la vie pralinée
qui tambourine sur la rade
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Les lieux du coeur, Montréal, Noroît, 86 pages, 1993.
Poèmes
Je me suis éloigné pour mieux frôler tes lèvres. J'ai voyagé sur ton corps pour y lire la bonne aventure, beau paysage qui s'ouvre au plaisir de l'amour. Te toucher, t'embrasser, t'explorer, conquérir tes tranchées, célébrer ton offrande, pour y faire briller les mille feux de l'amour. En toi, j'ai trouvé grâce.
La voix chaude des moines blancs s'enfonce dans la pierre. Sur dalles d'obsidiennes, se mirent les ogives. Parole et silence s'épousent au devenir imaginaire du réel muté. L'odeur de bure frotte l'inconnu entrevu à la jetée des lunes. Laissez-moi brûler les heures! Je vais au devant du matin cueillir le huitième jour.
La crête des montagnes découpe un enclos à la lune que je franchis pieds nus aux laudes. Un nouvel âge de lumière fend l'opacité des êtres. Le silence prend des pauses sur la pointe des heures. Le coeur appelle celui qui nomme au tombeau ruisselant d'absence. De la source aux lèvres se noie la distance. Léger murmure à la limite du pays perdu.
LA PRESSE EN PARLE
Dans l'univers poétique de Jacques Gauthier, "le bout du monde est au bout de l'âme" (p. 51). Pour y accéder, rien de plus simple, il faut emprunter le chemin qui mène au "coeur, au paradis perdu" (p. 37) [...] Ainsi, il n'est pas étonnant de rencontrer tout au long du recueil de très belle métaphores mettant en scène l'humain, le végétal, le cosmos qui s'associent, dans l'imaginaire de Jacques Gauthier, pour exprimer les sentiments du coeur.
Huguette-Éna Lapitre, extrait de "Voyage au coeur du coeur", Tangence, no 45, 1994, p. 61-63.
Pour citer la version numérique de ce compte rendu, utiliser l'adresse suivante :
La joie blessée, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 66 pages, 1992.
Un poème
Mourir dehors
Comme j’aimerais mourir dehors
au grand vent qui reprend mon souffle
Mourir frais sous l’arbre
en vrai sagittaire
m’envoler avec l’outarde
vers ces grands espaces
que mon cœur a tant rêvés
Mourir en plein air
participant au chant du monde
et dire simplement
après tant de saisons
me voici
LA PRESSE EN PARLE
On retrouve aussi dans ces poésies une fraicheur qui vient comme purifier le regard; peut-on regarder le monde de la même façon quand on se laisse habiter par toute la richesse d'évocation contenue dans ces poèmes? Un petit livre de poèmes qui saura vous donner un élan de vie nouvelle pour ce début d'été!
L'Informateur, 14 juin 1992, p. 19.
Dans l'ensemble, il s'agit d'un recueil qui situe la pensée très haut, qui fait de la poésie un prétexte à une réconciliation morale avec le monde. Ce n'est pas sans intérêt, et malgré ses accents surannés, c'est fort bien écrit, surtout quand on a "dessiné un pays d'âme / comme on dessine un oiseau".
Hugues Corriveau, Lettres Québécoises, no 68, hiver 1992.
Une des propriétés de la poésie pour Gauthier, tient du fait qu'elle renouvelle l'homme, le libère. Il célèbre la liberté dans une vie idéalisée, absolue [...] Sa quête de liberté n'est pas sans rappeler l'atmosphère de certains poèmes de Saint-Denys-Garneau. À ce sujet, Mourir dehors se pose de manière manifeste comme aboutissement du désir.
Guy Dufresne, La poésie au Québec, (revue critique 1992) Trois-Rivières, 1993.
Quel bonheur de vous retrouver dans vos récents poèmes, et de bercer durablement la blessure de cette joie. Cette limpidité avec laquelle vous parvenez à évoquer la source même de votre chant. Tout est beau dans ce pur recueil; et peut-être davantage encore les poèmes regroupées en Toi. C'est beau comme un souffle pur.
Roland Bouhéret, poète de Besançon, lettre du 5 avril 1992.
On lit La joie blessée avec étonnement, grâce et délices. La plaisance du texte nous embellit et nous emporte vers la découverte de la magie du verbe conjuguée à la force de l'imaginaire [...] La langue est simple, mais riche d'un imaginaire soigneusement varié.
Najib Redouane, Université de Toronto, Envol, vol III, nos 1 et 2, 1995.
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Icônes du Royaume, Montréal, Levain, 148 pages, 1989.
LA PRESSE EN PARLE
Bien présenté, abondamment illustré, ce petit livre nous met en présence d'une soixantaine de saints et de saintes connus ou inconnus, tous amis de Dieu, compagnons et compagnes de nos routes humaines. La poésie du texte nous fait pénétrer un peu leur mystère, nous dévoile leurs visages d'éternité, les rend en quelque sorte plus proches de nous et nous donne le goût de passer une journée en leur compagnie.
Pierrette Daviau, Le Droit, Ottawa, 24 juin 1989.
Ce livre est épuisé.
On retrouve certains des poèmes dans Prières de toutes les saisons
(Consulter la section Prière de l'onglet Livres)
Au clair de l'oeil, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 56 pages, 1985.
Prix Marcel-Panneton de la Bibliothèque centrale de prêt de la Mauricie.
Un poème
Le mot soutient
Mon souffle qui court
L’écriture me donne de la voix
Entre les lignes
Un corps se dit
Je mets à jour
Ma mise au monde
Corps désir d’accoucher
Texte de tendresse originelle
Le feu dicte à l’âme
Le sang qu’il faut écrire
Blessure de l’essentiel
LA PRESSE EN PARLE
Au clair de l'oeil, c'est, selon l'auteur, "l'acte d'écrire comme mise au monde." La manuscrit qui a gagné le prix de l'an dernier a été remanié avant publication. De cette recherche des mots pour se définir en tant qu'être vivant, incarné dans ce monde de beauté et de douleur, l'auteur passe du "je" au "nous" quand l'amour lui donne l'accomplissement nécessaire. Puis il retourne au "je" contemplatif et réflectif quand sa vie s'est redéfinie par cet amour.
Michelle Roy-Guérin, Le Nouvelliste, 28 septembre 1985.
Dans Au clair de l'oeil, l'auteur, dans la quête spirituelle de lui-même qu'il poursuit, vit l'ambivalence de l'orage et de l'accalmie: "Le feu dicte à l'âme / le sang qu'il faut écrire... Du langage traqué / gicle le poème... Seul un chant passe / Au vestibule de l'éden.
Guy Godin, En tête, "La Mauricie: terre de poésie", UQTR, 4 novembre 1985, p. 3.
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Les heures en feu, Montréal, Éditions Paulines, 135 pages, 1981.
Extraits de la préface de Dom Fidèle Sauvageau, Abbé, La Trappe d'Oka
Le livre Les Heures en feu arrive comme le quatrième en date, parmi les oeuvres de l'auteur, mais en fait il est celui qui fut écrit le premier. Il a surgi tout au long de l'expérience que l'auteur vécut à l'Abbaye cistercienne de la Trappe d'Oka, de 1973 à 1977. Les poèmes qui le composent ont éclaté dans le cadre de la prière liturgique des moines; ils ont été partagés avec eux en communauté, priés par eux; de cela et de cette prière qui vibrait dans les coeurs, le moine que je suis peut porter témoignage. Cette place dans l'Office des moines, était-ce leur seule raison d'être? Non; ils ne s'expliqueraient point sans une inspiration poétique certaine [.]
Je reprends à mon compte cette appréciation des Éditions Paulines: "Voici un recueil qui respire l'authentique poésie. Comme le suggère la citation de Rilke en tête du manuscrit, ces textes se veulent "dialogues à voix basses des heures quotidiennes avec l'éternité". L'intense sentiment religieux, la prière s'y expriment avec une sobre vérité où l'effusion ardente s'habille pudiquement d'images et de symboles et s'impose souvent à l'ascèse d'une rythmique bien déterminée." [.]
Avec Jacques Gauthier, vous sentez cette fraîcheur et cette continuité du courant poétique, mais quelle incroyable densité du verbe! Chaque mot est un puits. Parfois obscur. Il faut le déblayer! Mystiques et poètes en trouveront la margelle et l'eau. Ceux des bons profanes aussi - comme vous et moi - tous ceux qui ont soif de vérité.
Jacques Gauthier prend des chemins que bien peu empruntent. Il ne se croit pas dispensé par sa tâche de poète d'exercer un impact sur le milieu où il vit: père de famille, et animateur de Pastorale; par son agir chrétien ou social, il se révèle un homme engagé. Son offrande lyrique du monde s'allie à merveille à la Liturgie des Heures dont la fonction propre est de consacrer tout le cycle du jour et de la nuit et de sanctifier toute l'activité humaine. On peut noter la justesse de sa théologie des mystères du Salut. Dans Les Heures en feu il évoque avec bonheur l'ambiance propre à chacune des Heures de l'Office.
À voir ce jeune homme dire avec tant de simplicité ses luttes et ses échecs, à pénétrer dans les cloîtres si purs de ses "Complies enivrantes" - tellement apparentées au chant nuptial du Cantique et au lyrisme d'un Bernard de Clarivaux - on ne peut s'empêcher de croire en l'existence d'un puits merveilleux de certitudes et de joies, caché quelque part au creux de la solitude de cet écrivain, et l'envie nous prend, par-delà l'explosion des images et la montée abrupte du verbe, de suivre ce chemin de prière et de méditation tracé par le poète.
Thomas Merton aurait de ces Heures en feu qu'elles sont "semences de contemplation".
LA PRESSE EN PARLE
Le titre n'a rien d'inflationniste. En vérité, une flamme court à travers ces réminiscences bibliques insérées dans un cadre liturgique ponctuant la cadence des Heures de l'Office selon une répartition originale [...] Des images ou des associations verbales audacieuses, telles "mon sang caille en une larme" (p. 30), "entre les flammes de ton fouet" (p. 73), sont coulées en des vers sonores qui larguent la discipline austère de la prosodie classique, mais donnent à ce petit volume la fraîcheur d'une brise de nouveauté.
Henri-M. Guindon, Revue L'Église Canadienne, 19 mai 1983.
Ce riche contenu est servi par une très belle langue, au vocabulaire riche, aux sonorités bien choisies.
Raymond Laprés, Nos Livres, no 161, avril 1982.
Dans son oeuvre, certains pourraient y voir une tentative de réaliser l'ambition de Claudel qui était de recevoir l'être et de restituer l'éternel. Une chose est certaine: les mots de ce riche ouvrage font écho à un rythme plus profond amorcé en premier par cette présence que l'auteur essaie de nommer.
Denis Pronovost, Le Nouvelliste, 2 février 1982.
Ce livre est épuisé, mais on retrouve quelques-uns des textes dans Prières de toutes les saisons (Bellarmin, Parole et Silence, 2007)
À la rencontre de mai, Trois-Rivières, Éditions du Bien Public, 72 pages, 1979.
L'amour vit au pays du présent. Ouvrir les écluses de ce lieu fulgurant dans le sang des mots en pensant saisir l'horizon qui fuit n'empêche pas l'amour de s'effacer derrière nos traces. Nous devons demander la soif et retrouver le sourire qui se terre au jaillissement secret d'un silence goûté à deux. En remontant le courant nous partons À la rencontre de mai...
Vivre en poésie l'amour au présent, même si la passion d'écrire colle souvent au sol la passion d'aimer. Ces poèmes, couchés sur le papier l'an dernier, luttent déjà contre le temps. Le feu ne s'éteint pas. Les vrais amants savent que l'amour est plus fort que la mort. Voilà pourquoi ils reviennent toujours À la rencontre de mai.
On a dit que la poésie de Jacques Gauthier distille la raison parce que son chant perle dans les hauteurs d'une Présence. Ici cette Présence se dessine sur un visage de femme. La semence trouve sa terre. L'homme et la femme se répondent en choeurs harmonisés. La poésie de Gauthier témoigne d'un dépassement, d'une fascination qui lui donne une adhésion émouvant à la vie qui est plus qu'humaine.
À la rencontre de mai forme un triptyque avec les deux recueils précédents: L'oraison des saisons, Dégel en noir et blanc. Trois tableaux nuancés par des teintes sonores où l'amour tisse un réseau de relations avec Dieu, la nature et la femme.
Cet auteur fait preuve d'un souffle évident alimenté par un feu intérieur intense et une soif de communiquer dans sa nudité la plus complète, et sa pauvreté la plus grande, cette poésie demeure un hymne qui s'élève au-delà du créé.
LA PRESSE EN PARLE
Affection au cher Jacques Gauthier qui reçut de l'Esprit Saint le verbe du Cantique des Cantiques.
Lettre manuscrite de Félix-Antoine Savard, 18 juillet 1979.
À la rencontre de mai clôt le triptyque amorcé avec l'Oraison des saisons et Dégel en noir et blanc. À plus d'un point de vue, il en est le recueil le plus achevé; il a élagué son langage, introduit une forme plus souple de versification, offrant quelques poèmes en vers libre qui, d'un strict aspect formel, dénotent une certaine recherche.
Roger Chamberland, Université Laval, Livres et auteurs québécois 1979I, P.U.L. 1980.
À partir du moment où le poète essaie de dire l'Indiicible, il objective suffisamment son expression pour que celle-ci cesse d'être privée. Elle appartient dès lors au lecteur et mène son existence propre. La poésie de Jacques Gauthier n'échappe pas à cette aventure dialoguante. C'est dire son intérêt, son charme aussi [...] Pour le Jacques Gauthier de ce recueil, l'amour humain est signe d'amour divin et son médiateur. L'Amour se fait chair. Amour qui se prolonge en contemplation.
Jacques Flamand, "Entre les lignes", Le Droit, Ottawa, 12 janvier 1980.
Ce livre est épuisé. Il est peut-être disponible dans les bibliothèques.
Dégel en noir et blanc, Trois-Rivières, Éditons du Bien Public, 52 pages,
Un des premiers lecteurs de l'oeuvre a pu dire: parole poétique qui nous entraîne sur les routes oniriques, avec ce langage charnu et sonore qui nous fait entrer dans le paysage mental du poète.
Poésie pleine de vigueur, de senteurs, de formes dans laquelle passe le mouvement même de la vie.
La poésie de Jacques Gauthier se nourrit d'un dialogue intérieur entre la terre et lui, ensemencée qu'elle est par une communion totale entre le poète et son pays.
Un poème
À Clément Marchand
Et j'y entends la semence
Croître au-dessus de mes rêves
Je demande à pleine voix
Toute la part de lumière
Pour la donner à mes frères
Je porte dans ma besace
L'énergie des grands barrages
Je me lève avec le blé
LA PRESSE EN PARLE
On entre dans la poésie de Jacques Gauthier et l'on demeure stupéfait devant une si grande effusion religieuse. Tout ce que voit et touche le poète se colore d'une pigmentation divine qui illumine son ciel et lui donne les clés d'un savoir fondé sur l'expérience mystique et l'apprentissage des "règles d'or" inscrites dans les textes sacrés. Dans son projet de concilier la vie spirituelle et la poésie, il néglige trop souvent cette dernière au profit d'un excès dans le sens d'une béatitude se rapprochant d'une écriture hiératique.
Roger Chamberland. Université Laval, Livres et auteurs québécois 1979, PUL, 1980.
Sa poésie témoigne d'un dépassement, d'une fascination, d'une phosphorescence par lesquels les attributs développés de tout être ne s'échelonnent plus le long des pages mais précèdent temporellement ce jaillissement triomphateur d'une adhésion plutôt émouvante et sereine et cristalline.
Marc Gariépy, "Jacques Gauthier, silence et prière", Le Nouvelliste, 15 août 1979.
Poésie pleine de vigueur, de senteurs, de formes, dans laquelle passe le mouvement même de la vie, symbolisé par ce dégel. La poésie de Jacques Gauthier se nourrit, comme il le dit lui-même, d'un dialogue entre la terre et lui, et quand l'âme se réveille, c'est comme la "crue baignant les terres offertes et ouvertes à la semence". Voilà le mot clé "semence". Cette poésie ensemencée, parce qu'elle est elle-même, ensemencée par cette communion totale entre le poète et son pays.
Lettre des Éditions Saint-Germain-des-Prés, Paris, 30 mai 1978.
Ce livre est épuisé. Disponible peut-être dans les bibliothèques.
L'oraison des saisons, Trois-Rivières, Éditions du Bien Public, 64 pages, 1978.
Les saisons jaillissent du silence et tendent sans cesse à y retourner. Elles sont en oraison féconde. Elles dansent autour d'une Présence qui est le point premier, le centre où elles convergent comme dans une spirale insondable.
Le lecteur doit accueillir ce silence, porteur de Présence en écoutant lui-même la Source qui court dans les veines des saisons. Pour ce faire, il doit être silence avec les saisons. Ainsi ils ne font qu'un dans l'immense cathédrale du pays où se célèbre la liturgie de la beauté.
Ici la mort a le goût de vivre et toujours la vie renaît puisque le courant vient d'ailleurs. L'oraison des saisons est un cri d'amour. La sève de ce cri chante l'éternité. C'est pourquoi l'homme doit l'entendre.
LA PRESSE EN PARLE
Cet auteur fait preuve d'un souffle évident alimenté par un feu intérieur intense et une soif de communiquer.
René Lord, "Jacques Gauthier associe la poésie à la vie spirituelle", Le Nouvelliste, 20 janvier 1979.
Dans sa nudité la plus complète et sa pauvreté la plus grande, cette poésie est un hymne. Percevons-le comme tel et le lire sera participer à ce concert si suranné que, bien humblement, chaque lecteur pourra s'interroger sur lui-même et sur cette vie magnifique où la vie est plus qu'humaine parce qu'elle s'accorde à la divinité qui est en nous.
Marc Gariépy, "Jacques Gauthier, silence et prière", Le Nouvelliste, 15 août 1979.
Âme très intérieure, il écrit une poésie profonde et difficile. Il constate: "un instant me suit noyé dans l'écume des mots". C'est vrai! Mais l'auteur possède ce don de second regard qui fait les vrais poètes.
Claude LaVergne, Revue Sainte Anne, juillet-août 1979.
Ce livre est épuisé, peut-être le trouverez-vous dans des bibliothèques.