Le Triduum pascal

Le Triduum pascal est le centre et le sommet de l'année liturgique. Le mot latin Triduum signifie "trois jours" et pascal veut dire "passage". Trois jours pour passer de la mort à la vie, trois jours qui forment un tout, une même célébration de la mort et de la résurrection du Christ pour faire de nous des vivants. Le Triduum pascal commence le soir du Jeudi saint pour se terminer au dimanche de Pâques. Nous suivons Jésus dans les derniers moments de sa vie et nous célébrons sa Pâque, c’est-à-dire son passage de ce monde à son Père. L’Église propose des gestes concrets dans sa liturgie pour célébrer ce qui est plus qu'un anniversaire, mais notre libération aujourd'hui même. Je vous présente quelques-uns de ces gestes et symboles, ainsi que de petites liturgies qu'on peut vivre à la maison. 

Jeudi saint

À l’église, nous faisons mémoire du dernier repas de Jésus avec ses apôtres. Nous refaisons le rite d’amour du lavement des pieds. Nous méditons les paroles fondatrices de Jésus lorsqu’il prit le pain et le vin : « Ceci est mon corps livré pour vous »; « Ceci est mon sang versé pour vous ». Nous adorons le Saint Sacrement au reposoir après la célébration de la messe. L’autel est dépouillé, nous entrons dans un temps de veille qui rappelle la prière de Jésus au Jardin des Oliviers. Nous pouvons dire cette prière dans le silence amoureux de notre cœur :

« Je t’adore Seigneur Jésus, toi qui es réellement présent dans le Saint Sacrement. Fais-moi la grâce de passer une heure avec toi, de t’accompagner dans ton agonie. Ta Passion est déjà commencée, mais je sais que tu es ressuscité. Viens, Seigneur Jésus, viens!

À la maison, lors d’un repas, on prend du pain sans levain et du vin pour se rappeler la dernière Cène. On peut aussi se laver les mains entre nous. Après le repas, nous laissons sur la table un morceau de pain, une coupe, une bougie. Le soir, avant d’aller au lit, je vous suggère de prendre un temps de silence près du Christ, en descendant dans votre cœur. Vous pouvez méditer cette parole de Jésus : « Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie ». L’important est de communier aux sentiments de Jésus avant sa mort.  

Vendredi saint

Le Vendredi saint après-midi, nous nous rappelons les souffrances et la mort de Jésus. Quelques-uns auront fait une procession, une marche du pardon, dans les rues avant d’arriver à l’église où l’on célèbre la Passion du Seigneur. La liturgie commence sobrement par l’entrée silencieuse du ministre qui se prosterne devant l’autel vide. C’est toute l’Église qui adore en silence. Puis, c’est la lecture de la Passion, la grande prière universelle, la procession de la croix, « Voici le bois de la croix qui a porté le salut du monde », la vénération collective et la communion au corps du Christ. Le soir, il y a souvent la célébration du chemin de la croix.

À la maison, nous jeûnons en nous unissant aux souffrances et à la mort de Jésus. Le corps prie en jeûnant. Nous mettons bien en vue un crucifix. Nous pouvons visionner un film sur la mort de Jésus, écouter une musique religieuse. Nous prenons quelques minutes le soir pour prier en famille autour de la croix. On commence par un chant comme celui-ci, « Ô Croix dressée sur le monde, Ô Croix de Jésus Christ! ». Puis, nous nommons des gens qui souffrent, nous prenons un temps de silence, nous embrassons la croix, nous terminons par un « Notre Père » en nous donnant la main, ou par une prière comme celle-ci :

« Seigneur Jésus, tu as souffert par amour et tu es mort sur la croix pour nous sauver. Aide-nous à porter notre croix chaque jour, donne-nous la force de pardonner comme tu l’as fait, augmente en nous la foi, l’espérance et l’amour, car quand ta croix s’élève, le monde renaît. »

Samedi saint et Veillée pascale 

Il n’y a pas de célébration liturgique à l’église le samedi. C’est le jour du grand silence et de la joyeuse espérance, le repos du sabbat où nous nous recueillons en Dieu. Nous nous tenons avec Marie auprès du tombeau du Seigneur, dans l’attente de sa résurrection. Nous commençons à décorer la maison de fleurs, nous préparons les mets spéciaux pour le repas de Pâques. Nous nous habillons le cœur pour la Veillée pascale, la « Veillée des veillées », la nuit lumineuse où éclatera la joie de Pâques pour cinquante jours de fête, nuit de la Parole et de l'eau où nous partageons le pain rompu et la coupe de vin, devenus par l'action de l'Esprit corps et sang du Christ ressuscité. Alléluia! Chanterons-nous enfin. Oui, le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité.

« Notre âme a soif de toi, Seigneur. Que vienne la nuit de vrai bonheur! Prépare-nous à la grande solennité pascale! Que nous renaissions au contact du feu nouveau! Inonde-nous de ton eau vive et nous puiserons la joie aux sources du salut. Beni sois-tu d’être le Dieu des vivants, Père, Fils et Esprit, Dieu d’amour qui nous invite aux noces éternelles. Amen. »

La résurrection dans nos vies
Réponse à David Desjardins Le Devoir

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