Le blogue de Jacques Gauthier

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École de prière (41) Prier les Psaumes

La prière est un entretien commencé par Dieu lui-même. C’est à partir de sa parole que nous pouvons lui répondre dans la foi en prenant les mots qu’il a lui-même inspirés, comme les psaumes. Il y a dans le psautier - recueil des cent cinquante psaumes bibliques - « d’admirables trésors de prières » (Constitution Dei Verbum no15) qui sont comme un miroir de ce qu’est l’humanité.

Prières des juifs et des chrétiens, les psaumes sont une magnifique école de prière. Jésus les a priés avec Marie, Joseph, ses disciples ; il les a vécus tout au long de sa vie, jusqu’à la croix.

Les psaumes sont le jardin de la Bible, le condensé lyrique de tout l’Ancien Testament. Nous y trouvons, comme en écho, les sentiments les plus variés de l’humanité. Ces poèmes d’une grande richesse symbolique nous font entrer dans une relation d’alliance avec Dieu. Le psautier est devenu le livre de prière par excellence de l’Église qu’elle utilise dans sa prière personnelle et communautaire. Saint Augustin, qui a beaucoup commenté les psaumes, s’exclamait : « Mon Psautier, ma joie! »

les psaumes prieres de l eglise

Un cœur qui écoute

Dans la prière, il y a un temps pour parler et un temps pour écouter. Lorsque je récite un psaume, ma prière s’enracine dans les Écritures et la liturgie. Dieu me parle au cœur : « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien » (Ps 22, 1) ; « Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme » (Ps 24, 1) ; « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? » (Ps 26, 1).

Je me recueille quelques minutes pour laisser ces versets ou le psaume tout entier descendre dans mon cœur. Je médite ces paroles de Dieu, je les écoute pour en faire ma demeure. (Voir le blogue Méditer la parole de Dieu). Ce sont des bâtons de pèlerin pour la journée, des phares dans la nuit. Peu à peu, le silence s’installe et prolonge la prière. Ainsi, après le psaume 150, le silence inspire d’autres psaumes en moi, ceux de ma vie. « Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour » (Ps 117, 1).

Qu’ils soient lamentation, supplication, louange ou adoration, les psaumes nous mettent en présence du mystère de Dieu et nous façonnent un cœur qui écoute, à l’exemple de Marie qui retenait les événements et les méditait dans son cœur (Luc 2, 19). Ils peuvent nous conduire au silence intérieur et amoureux qui nourrit notre âme.

Je tiens mon âme
égale et silencieuse;
mon âme est en moi comme un enfant,
comme un petit enfant contre sa mère (Ps 130, 2).
 

Entendre le cœur de Dieu

Entrer dans le mouvement des psaumes, c’est entendre le cœur de Dieu qui bat au rythme de tout un peuple. Le langage peut nous dérouter au début, mais bien vite nous nous laissons saisir par tel verset ou expression. Nous y retrouvons la prière sous ses diverses expressions, comme autant de manifestations du désir humain. Les psaumes disent les angoisses et les joies, les remords et les espoirs, les sentiments et les émotions que nous éprouvons si souvent.

Toute situation, même la plus invivable, peut être exposée à Dieu dans la prière, aucun sentiment n’est tabou devant lui. Les psaumes les présentent tous: rejet, haine, mépris, joie, deuil, douleur, colère, vengeance, etc. Mais les plus beaux, à mon avis, sont ceux qui parlent du désir et de la présence de Dieu.

Le livre des désirs

Tous les désirs se retrouvent dans la Bible et les psaumes, surtout ceux qui crient la soif de Dieu. Le croyant est devant Dieu « comme une terre assoiffée » (Ps 142, 6) :

Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube,
mon âme a soif de toi,
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau. (Ps 62, 1-2)
 

 Cette soif, ardente comme la braise sous la cendre, dynamise la recherche d’un Dieu qui est tantôt absent, - « combien de temps vas-tu me cacher ta face »? (Ps 12, 2) -, tantôt présent - « Mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant! » (Ps 83, 3). Mais c’est la lamentation du cerf languissant après les eaux vives qui évoque le mieux ce désir brûlant de Dieu que l’on peut ressentir parfois dans l’oraison intérieure.

Mon âme a soif de Dieu,
le Dieu vivant;
quand pourrai-je m’avancer,
paraître face à Dieu? (Ps 42, 3)
 

Cette soif de Dieu se bute à la question mille fois posée à travers les siècles: « Où est-il, ton Dieu »? (Ps 42, 4). Nos larmes se mêlent à celles du psalmiste et nous nous souvenons des tendresses de notre Dieu qui relance notre espérance sur les sentiers du monde :

Pourquoi te désoler, ô mon âme,
et gémir sur moi?
Espère en Dieu : De nouveau je rendrai grâce,
il est mon sauveur et mon Dieu! (Ps 42, 12)

 

Texte paru dans Magnificat, Paris, mai 2016, p. 7-10.
Pour aller plus loin: Guide pratique de la prière chrétienne (Presses de la Renaissance, 2015).

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L'autobiographie de Marie de l'Incarnation

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