Le blogue de Jacques Gauthier

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École de prière (46) Prier sans se décourager

L’évangéliste Luc rapporte deux paraboles où Jésus montre qu’il faut toujours prier sans se décourager. La première raconte l’histoire d’un homme importuné par un ami, qui, au beau milieu de la nuit, lui demande trois pains. L’autre refuse; la porte est fermée et ses enfants sont couchés. Jésus affirme : « Eh bien! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut » (Luc 11, 8).

Foi et ténacité

La lecture de l'évangile du 29e dimanche du temps ordinaire C présente la deuxième parabole sur ce thème. Jésus y insiste de nouveau sur l’importance de persévérer dans la prière. Un juge ne respecte pas Dieu et se moque des hommes. Or, une veuve lui demande justice contre ses adversaires. Le juge refuse, mais cède finalement à cause de la persévérance de la femme. « Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit? Les fait-il attendre? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice » (Luc 18, 7-8).

Pour Jésus, la prière est liée à la foi faite de confiance, de fidélité et de persévérance. Il rend grâce à Dieu lorsqu’il rencontre sur son chemin quelqu’un qui prie avec foi. Aucune prière ne se perd dans le néant et ne porte pas de fruit, mais elle reste parfois cachée dans le mystère de Dieu. Il faut accepter d’attendre en silence, confiant en la parole de Jésus : « Quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; à qui frappe, on ouvrira (Luc 11, 9-10).

Dieu exauce ceux et celles qui crient vers lui jour et nuit. Pourtant, qui d’entre nous n’a pas été confronté à son éprouvant silence. Jésus lui-même sur la croix a lancé ce cri de détresse qu’il emprunte au psaume 21 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » (Matthieu 27, 46)? Face aux conflits, injustices, maladies, violences, on dirait qu’il ne nous entend pas, qu’il ne nous exauce pas. La Bible nous montre pourtant que la présence aimante de Dieu est bien plus forte que son absence, qu’il finit toujours par nous libérer, comme il l’a fait pour Jésus en le ressuscitant d’entre les morts. Pâques aura toujours le dernier mot sur le désespoir.

S’imprégner de l’Écriture

Pour soutenir la foi et la prière, rien de mieux que de s’imprégner de la parole de Dieu qui nous aide à tenir bon dans le combat spirituel. La richesse spirituelle des Saintes Écritures est sans fond. Saint Paul le rappelle à son compagnon Timothée, responsable de communauté :

«Depuis ton plus jeune âge, tu connais les Saintes Écritures: elles ont le pouvoir de te communiquer la sagesse, en vue du salut par la foi que nous avons en Jésus Christ. Toute l’Écriture est inspirée par Dieu; elle est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice; grâce à elle, l’homme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute sorte de bien » (2 Timothée 3, 15-16).

Elisabeth de la Trinité

Dieu se communique à nous par la médiation de sa parole qui nous fait communier à sa vie. La Bible est plus qu’un document du passé; elle est une parole si vivante qu’on ne peut pas l’enfermer dans des méthodes réductrices. Elle s’adresse à nous aujourd’hui. Elle nous travaille plus que nous la travaillons. Elle nous provoque et nous convoque à l’amour de Dieu, à prier sans nous décourager. « Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre? » (Luc 18, 8).

La carmélite Élisabeth de la Trinité (1880-1906), canonisée à Rome le dimanche 16 octobre, s’est nourrie de la parole de Dieu pour devenir une louange de gloire, c’est-à-dire « une âme de silence qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l’Esprit Saint », comme elle l'écrit dans ses notes d'une retraite Le Ciel dans la foi. 

À la suite des maîtres du Carmel, cette jeune femme de foi et de prière peut nous aider aujourd'hui à prier sans nous décourager. Elle nous conduit sûrement à Dieu qui est présent dans le ciel de notre âme. Ce Dieu d’amour, Élisabeth le trouve partout, « à la lessive comme à l’oraison! » (Lettre 91). « Il est en moi, je suis en Lui, je n’ai qu’à l’aimer, qu’à me laisser aimer, et cela en tout temps, à travers toutes choses » (Lettre 177). 

Pour en savoir plus sur Élisabeth de la Trinité, fêtée dans l'Église le 9 novembre, lire ce billet du blogue.

Cet article est tiré en partie du Prions en Église Canada, 16 octobre 2016, p. 31-32.

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18 octobre: Luc l'évangéliste, compagnon de Paul
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