Le blogue de Jacques Gauthier

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Saints et saintes de tous les temps

Le Seigneur Jésus est glorifié dans ses saints et saintes. Il est le Premier-né d’entre les morts, entraînant à sa suite une foule innombrable de témoins de l’Évangile. On fait mémoire d’eux le 1er novembre, fête de Tous les saints, immense réseau de foi, « foule de toutes nations, tribus, peuples et langues » (Apocalypse 7, 9).

Il y a d’abord ceux et celles qui sont béatifiés et canonisés officiellement par l’Église. Il y a aussi les autres qui ne sont pas élevés sur les autels. Ces saints et saintes anonymes, membres du Corps du Christ, sont des phares dans notre nuit. Ils ne brillent pas comme des stars, mais éclairent humblement de la lumière même du Christ.

Toussaint

Les saints et saintes anonymes

Les saints et saintes connus de Dieu seul ne sont d’aucun calendrier. Ils appartiennent au réel quotidien; on les retrouve souvent dans nos propres familles : ces ancêtres qui nous ont précédés dans le Royaume; ces pères et mères de famille qui, en se donnant à leurs enfants jour et nuit, ont bâti l’Église; ces jeunes de nos villes qui n’ont souvent que leurs blessures pour y faire jaillir l’eau vive de l’Esprit. Ce sont aussi ces prêtres, religieux et religieuses, laïcs et missionnaires, qui ont enfanté les autres à la foi au Christ ressuscité. Le souvenir de leur témoignage nous inspire la route à prendre pour arriver à bon port.

Cette liste de saints et saintes anonymes de tous les temps, jeunes et vieux, blessés et aimés, faibles et vulnérables, est dressée au carrefour des chemins du monde. Ce sont des icônes du Royaume qui nous révèlent la beauté du Dieu fait homme. Ils sont les plus heureux des hommes et des femmes, parce qu’ils ont su accorder librement leurs corps à la danse de l’Évangile et à la musique des Béatitudes, jouissant ainsi de la félicité éternelle que donne la vision de Dieu.

Les saints et saintes ordinaires

L’Église a choisi le texte des béatitudes pour l’évangile de la Toussaint afin de nous montrer que cette sainteté est accessible à chaque personne. C’est d’abord un portrait de lui-même que Jésus dresse : heureux les pauvres en esprit, les affligés, les doux, les cœurs purs, les miséricordieux, les artisans de paix, ceux qui ont faim et soif de justice, car le royaume de Dieu est à eux (Cf. Matthieu 5, 1-12).

Ce ne sont pas nos œuvres que Dieu désire, mais l’amour qui fait les œuvres. La vie ordinaire et les réalités conjugales et familiales (conjoint, enfant, sexualité, métier, maison, quartier, école, repas, loisir, etc.) deviennent alors le lieu de la sainteté, c’est-à-dire le lieu de l’accueil et de l’amour. Depuis l’incarnation du Christ, il ne peut pas y avoir d’opposition entre amour de Dieu et amour du prochain, spiritualité et sexualité, prière et travail, sainteté et vie ordinaire. « Tout est grâce », disait Thérèse de Lisieux, qui passe son ciel à faire du bien sur la terre. Ses parents, Louis et Zélie Martin, ont d’ailleurs été canonisés en couple à Rome le 18 octobre 2015 par le pape François.

La sainteté n’est pas réservée aux papes, évêques, prêtres, religieux et religieuses. Elle ne se limite pas à un état de vie particulier et ne porte pas toujours des habits à la mode. Elle déborde des cloîtres et des églises. Nous la retrouvons assise dans nos maisons. Elle prend spécialement sa joie chez les exclus de la société, les blessés de la vie, les petits de vertus, les souffrants de partout. La sainteté est essentiellement une expérience de la miséricorde. Qui pense la posséder l’échappe. On ne peut la saisir qu’avec des mains vides. La sainteté est comme l'amour du Père, elle s’accueille, tout simplement, avec un cœur d’enfant.

« Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes » (1 Jean 3, 1).

Des extraits de ce texte sont parus dans Prions en Église Canada, 1er novembre 2015, p. 35-36.
Pour aller plus loin : Tous appelés à la sainteté (Parole et Silence) ; Les maîtres spirituels chrétiens (Novalis).

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28 octobre: saints Simon et Jude, apôtres
L'obole de ma vie

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