8 août: Saint Dominique

L'Église célèbre Dominique le 8 août, soit deux jours après sa mort à Bologne, en 1221. L’oraison de sa messe qualifie le saint de « prédicateur éminent de la vérité ». Il alla à pied comme les apôtres, sans argent, se consacrant à la prédication de l’Évangile. Il a fondé l’ordre des Frères prêcheurs, les Dominicains, pour que l’annonce de la Bonne Nouvelle soit faite dans les villes, par la prédication, et dans les universités, par l’enseignement. L'Ordre a donné de grands saints, tels des docteurs de l'Église comme Albert le Grand et Thomas d'Aquin.

Saint Dominique

 La lutte aux hérésies

Dominique de Guzman naquit près de Burgos, en Espagne, vers 1170. Sa mère était la bienheureuse Jeanne d’Aza. La Vieille-Castille bouillonnait de ferveur suite aux victoires sur l’Islam. Le jeune Dominique profitera de ce climat d’enthousiasme et d’ouverture. Il s’initie aux arts libéraux dans les écoles de Palencia. Il devient membre du Chapitre des Chanoines réguliers d’Osma, puis est nommé sous-prieur. Un voyage au Danemark changera le cours de sa vie. Bouleversé par l’ampleur du paganisme, il prend conscience de l’urgence de l’évangélisation.

À vingt-quatre ans, Dominique accompagne à Rome son évêque, Diego de Azevedo. Le pape Innocent III envoie le jeune prêtre dans le sud de la France qui est sous l’influence des vaudois et des cathares. Dominique luttera contre les hérésies albigeoise et cathare en prônant, comme les cathares, le retour à l’Évangile. Mais ce retour doit se faire dans la pauvreté avec Jésus et sous le contrôle de l’Église, non contre elle.

Un homme de la parole

C’est en organisant des missions d’évangélisation que Dominique fondera un nouvel ordre religieux, dont le charisme sera déterminé par la prédication de la parole de Dieu et la pauvreté évangélique. Le premier couvent voit le jour en 1215 près de l’église Saint-Romain à Toulouse. Les premiers frères adoptent la règle de saint Augustin, qui est à la fois ouverte à la vie apostolique et à la vie de prière. Le pape Honorius III approuve ce nouvel ordre en 1216.

Le fondateur ne retient pas sur place ses compagnons; au contraire, il les envoie par groupes dans les villes universitaires de Paris, Bologne, Rome, Madrid. Il apporte ainsi une contribution originale à l’universalisme de l’Église, tout en ne liant pas son ordre à des conjonctures politiques locales. Il visite régulièrement les fondations dominicaines, puis convoque quelques-uns de ses frères à un chapitre général. Les couvents sont alors répartis en huit provinces.

Usé par une vie intense de prédication et de prière, Dominique meurt à Bologne le 6 août 1221. Selon son désir, il est enterré aux pieds de ses frères. Il est canonisé en 1234 par Grégoire IX. Ses restes sont conservés dans la basilique Saint-Nicolas-des-Vignes de Bologne.

Un homme de prière

On a dit de Dominique qu’il avait la voix sonore et qu’il était toujours souriant et joyeux, à moins qu’il ne fût ému de compassion pour le prochain ou pleurant de repentir dans la prière. Il partageait le jour au prochain et la nuit à Dieu, d’après son biographe, Jourdain de Saxe. Cet homme de la parole, qui avait toujours sur lui l’évangile de Matthieu et les lettres de Paul, était surtout un homme de prière. 

Les premiers frères dominicains seront fascinés par la manière que leur fondateur priait. Il prie avec tout son corps, de jour comme de nuit : il s’incline, s’agenouille, se prosterne, pleure, gémit. Il crie : « Seigneur, ayez pitié de votre peuple! Que vont devenir les pécheurs? » Sa prière en mouvement touche tout son être qui est transformé par Dieu. Elle porte le monde et l’offre à Dieu. Son oraison se passe souvent debout, les mains levées vers le ciel. Elle rend visible ce qu’il vit à l’intérieur.

Quelques années après la mort de Dominique, des frères décident de réunir et d’illustrer leurs souvenirs dans un document littéraire. Ce manuscrit est composé aux alentours des années 1280. Le but est pédagogique : on relève neuf manières corporelles de prier du saint, manières qui favorisent l’attention dans la prière et l’humilité. Par exemple, il s'incline profondément devant l'autel, comme si le Christ était là réellement et personnellement.

Ce geste d’inclination profonde est pratiqué dans tous les monastères. Il devrait l’être aussi dans nos églises lorsque nous passons devant le tabernacle qui renferme les espèces eucharistiques. C’est une marque de respect envers le Christ qui s’est donné à nous par amour. C’est aussi une marque d’action de grâces, puisque toute prière chrétienne part du Christ et aboutit à lui.

 

L'épreuve et la foi
Ordonné prêtre à 63 ans

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