Dieu n'est qu'Amour

À la suite du mystique suisse Maurice Zundel (1897-1975), le jésuite François Varillon (1905-1978), que l’on considère comme un théologien poétique, affirmait que Dieu n’est pas immuable et impassible, il n’est qu’amour, donc il souffre, mais d’une passion d’amour, d’un excès d’amour. Dieu est toujours surabondance, gratuité, enthousiasme, mouvement, désir et don. S’il y a une souffrance en Dieu, c’est de trop aimer. L’amour n’est pas un attribut de Dieu, il est Dieu. L’infini de Dieu est un amour qui n’a pas de limites.

"La toute-puissance de Dieu est la toute-puissance de l’Amour, c’est l’Amour qui est tout-puissant! On dit parfois : Dieu peut tout! Non, Dieu ne peut pas tout. Dieu ne peut que ce que peut l’Amour. Car il n’est qu’Amour. Et toutes les fois que nous sortons de la sphère de l’Amour, nous nous trompons sur Dieu et nous sommes en train de fabriquer je ne sais quel Jupiter." (François Varillon, Joie de croire, joie de vivre, Le Centurion, 1981p. 26).

Dieu à naître

« Dieu est à naître chaque matin », disait Maurice Zundel. Comment peut-il naître en nous? En accueillant son désir d’amour, de salut et de bonheur. Entrer dans le désir de Dieu, c’est s’ouvrir à son amour miséricordieux, comme on le fait chaque année à la fête du Sacré-Cœur de Jésus. C’est naître à nouveau dans le Christ. Cela implique un retournement intérieur, une conversion, qui se manifeste entre autres par la prière intérieure où l’on permet à Dieu de naître en nous pour le laisser pleinement exister dans notre vie. « Que ta volonté soit faite ». Il s’agit de faire le passage de ce que je veux à ce que Dieu veut.

Chaque jour de l’année liturgique, le Christ nous invite à nous tenir prêt, à accueillir la vie, à naître de nouveau. Notre naissance est en avant, notre mort elle-même est une naissance. Thérèse de Lisieux l’avait bien compris, elle qui écrivait quelques semaines avant de mourir : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ».

Dieu à l’œuvre

Dieu est toujours à l’œuvre dans nos vies, puisqu’il n’est qu’amour. Il nous aide à advenir à notre humanité profonde. D’abord, par notre existence même qui demeure le lieu par excellence de l’expérience que nous faisons de Dieu. Ensuite, par la joie à le suivre. Le Christ se manifeste dans les joies de notre existence, mais aussi dans les épreuves et notre incapacité à aimer comme lui.

« On sent qu’on souffre, on ne sent pas toujours qu’on aime et c’est une grande souffrance de plus! mais on sait qu’on voudrait aimer, et vouloir aimer c’est aimer. » Charles de Foucauld avait écrit ses mots à Tamanrasset, au matin du 1er décembre 1916. Il était assassiné l’après-midi. 

Nous avons à intégrer ce désir d’aimer dans le rythme des jours et des nuits, dans la chair de nos amours et de nos rencontres, prolongeant ainsi le mystère de l’Incarnation. Présence à soi, présence à Dieu, dans toutes les dimensions de notre vie; présence à l’autre par l’écoute et le dialogue, présence à l’univers par l’émerveillement et l’engagement pour la justice, présence à Dieu par le silence et la contemplation, « ce qu’il y a en moi de plus grand que moi », disait Zundel.

Jacques Gauthier

Texte paru dans le Prions en Église, Montréal, 16 juin 2013, p. 35-36. (Avec autorisation)

Pour aller plus loin, lire mon essai Dieu caché (Parole et Silence).

Adoration d'une nuit d'été
La fête des Pères

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