L'épreuve et la foi

Vous arrive-t-il de ne rien ressentir dans la foi, d’avoir l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose avec Dieu, qu’il n’entend pas les prières, qu’il semble loin et indifférent, bref, qu’avoir la foi ne donne rien ? Êtes-vous assaillis par l’ennui, le doute, la fatigue, la routine, le désespoir ? C’est alors que commence la vraie foi, celle que l’on ne se donne pas, celle sur laquelle on bute quand arrivent toutes sortes d’épreuves, « car l’épreuve, qui vérifie la qualité de votre foi, produit en vous la persévérance » (Jacques 1, 3).

260px-Bonnat02À l'exemple du juste Job, qui n’a pas déjà dit devant la maladie, le deuil, l'injustice, l'incompréhension, l'épreuve : « Pourquoi Dieu n’intervient-il pas ? » Certes, il peut tout, sauf enlever notre liberté, puisque la personne est libre par essence. Le « Je Suis » nous a créés à son image, libres. C’est peut-être là le drame, notre liberté, disait Bernanos.

Jésus est un homme libre qui va au bout de sa mission. Il donne sa vie, personne ne la prend. Il aime les siens jusqu’à la fin, faisant de la souffrance un chemin d’offrande. Jésus s’en remet à son Père, comme l’enfant qui se sait aimé : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23, 46). Cette logique intime de la confiance est la signature même du Dieu des chrétiens. C’est pourquoi la mort ne pouvait pas retenir son corps.

Prière d’abandon de Charles de Foucauld

Dix-neuf siècles plus tard, le bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916) méditera la parole d’abandon de Jésus sous forme d’une prière sublime, que je récite souvent :

Mon Père, je m’abandonne à toi ;
fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi, je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté se fasse en moi,
en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains ;
je te la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,
de me remettre entre tes mains sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.

 

L’équipement de Dieu

Nous avons à mener le bon combat de la foi et à rendre compte de notre espérance. Saint Paul nous indique comment affronter l’ennemi : « Revêtez l’équipement de Dieu pour le combat, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du démon » (Éphésiens 6, 11). Et quel est cet équipement ? Le ceinturon de la vérité autour des reins, la cuirasse de la justice, le casque du salut, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix et, surtout, le bouclier de la foi. Avec une telle tenue, le chrétien ne peut-il que se défendre ? Paul n’a prévu qu’une seule arme pour attaquer : « l’épée de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu » (Éphésiens 6, 17).

Texte tiré du mot « épreuve » de mon Petit dictionnaire de Dieu (Novalis).

Paru dans Le Messager de Saint-Antoine, juillet-août 2014, p. 20. 

Pour aller plus loin, L'aventure de la foi: quinze variations (Parole et Silence).

La foi et le doute
8 août: Saint Dominique

Sur le même sujet:

 

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