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Le blogue de Jacques Gauthier

Pourquoi aimer et prier les saints?

On m’a déjà demandé pourquoi je m’intéresse tant aux saints et aux saintes. Ne sont-ils pas d’un autre âge, éloignés de nos préoccupations quotidiennes? La raison est fort simple : ils me conduisent à Jésus. C’est d’abord lui qui m’intéresse. Les saints m’apprennent à mieux le connaître pour l’aimer un peu plus chaque jour. Ils me soutiennent dans ma quête de Dieu, m’aident à vivre de sa miséricorde qui transforme tout en don.

Précisons d’abord que la sainteté n’est pas synonyme de canonisation. L’une relève de notre être baptismal, l’autre de l’Église qui offre au monde un modèle. Nous sommes tous appelés à la sainteté. Il ne s’agit pas de vouloir « monter sur les autels » à la force du poignet, mais de descendre dans notre cœur et de nous laisser envahir librement par l’amour du Fils de Dieu.

Saints Monas Charlevoix

(Photo prise à l'église du monastère de la Croix Glorieuse, des Petits frères de la Croix, à la Malbaie (Québec)

Le Christ en premier

Les saints et les saintes parlent de Jésus avec passion et humilité. Ils nous le rendent présent par l’exemple, sans illusion de toute-puissance. Saint Paul a bien montré qu’il trouve sa force dans faiblesse à cause du Christ : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. » (Galates 2, 2)  

N’est-ce pas encourageant de savoir que les saints et les saintes, cette « foule immense » (Apocalypse 7, 9) devant l’Agneau, sont des pécheurs comme nous, qui ont expérimenté le pardon divin? Ils nous guident vers le Père pour aller de l’avant à la suite du Fils, le « premier-né d’entre les morts » (Colossiens 1, 18).

Les saints, « ces fous admirables », donnent de l’espérance par leurs exemples et leurs paroles. Ils ne sont pas des héros inaccessibles, mais des êtres de chair qui ont les pieds sur terre avec leurs blessures et leurs limites. Ils incarnent en tout point les Béatitudes (cf. Matthieu 5, 1-12), que nous lisons chaque 1er novembre à la fête de Tous les saints. 

Jésus nous révèle que la sainteté, c’est la pauvreté et la pureté du cœur, l’humble douceur, la recherche de la justice et de la paix, la joie de la miséricorde, pour voir Dieu en nous et les autres.

La communion des saints

Les saints et les saintes ont compris de l’intérieur que l’Église est un corps mystique qui vit de la foi de ses membres, une grande famille dont le Christ est la tête. C’est ce qu’on appelle la « communion des saints ». Ils nous invitent à chercher Dieu et à nous laisser chercher par lui, à discerner sa présence dans les déserts de l’âme et les nuits de la foi, à le louer, comme François d’Assise, pour la création et « notre sœur la mort ». Avec eux, la fin de la vie n’est pas une lutte perdue d’avance, puisque la mort a été vaincue par le Christ.

En priant les saints, seuls ou avec d’autres, nous exprimons notre relation avec un Dieu proche, intime, qui veut notre bonheur éternel. Ils nous aident à traverser les épreuves de la vie et à trouver notre propre voie de sainteté. Ils ne sont pas indifférents à ce que nous vivons. Ils nous accompagnent sur nos chemins de croix et de joie, par leur prière et leur protection. 

Le 21 octobre 2026, Léon XIV recevait au Vatican les participants au colloque La sainteté dans l’histoire, organisé par le dicastère des Causes des Saints. Il affirmait que le peuple de Dieu cherche des « modèles pour habiter le présent, des intercesseurs qui aident les membres de l’Église à relever les défis d’aujourd’hui et à en reconnaître les opportunités ». Il soulignait que le témoignage des saints ont transformé l’histoire. «Éclairés par la Grâce, ils ont su écouter les appels de leur temps, en conciliant foi et histoire, et en consacrant leur vie à l’édification de la réalité nouvelle du Royaume de Dieu».

« La sainteté est le plus beau visage de l’Église », affirmait le pape François dans son exhortation sur l’appel à la sainteté dans notre monde, Gaudete et Exsultate (no 9). Il se faisait ainsi proche de Bernanos, pour qui « l’heure des saints vient toujours ». Ils nous attendent dans la maison du Père : « Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent », écrivait saint Bernard de Clairvaux. 

Prière

Il y a les saints inconnus, 
qui ne sont connus que de toi, Père.
Il y a les saints du quotidien, 
qui ne furent sur aucun calendrier.
Il y a les saints anonymes, 
qui ne sont pas élevés sur les autels.
 
Il y a les saints exilés, 
dont les noms sont écrits sur ta croix, Jésus.
Il y a les saints sacrifiés,
dont les corps libèrent un pays.
Il y a les saints crucifiés,
dont le sang crie plus fort que le martyre.
 
Il y a les saints de parole,
qui soufflent ton nom, Esprit.
Il y a les saints de silence,
qui donnent la présence.
Il y a les saints du désir, 
qui enfantent l'autre.
 
Il y a les saints de tous les jours, 
qui témoignent de toi, Dieu-Amour.
Il y a les saints de la dernière heure, 
qui écrivent un cinquième évangile.
Il y a les saints de la porte d’à côté, 
qui entrent joyeux aux noces éternelles.
 
Article publié en partie dans le Prions en Église Canada du 1er novembre 2026.
 
Pour aller plus loin, la liste de mes livres sur la sainteté, dont:
 
Les articles de mon blogue sur la fête de la Toussaint.
La liste de mes vidéos sur la sainteté dans ma chaîne YouTube.
 
Regarder la vidéo de cet article sur ma chaîne YouTube avec les fiches, ou ici:
 
Au Dieu qui nous parle

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Mardi 3 Novembre 2026

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