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Le blogue de Jacques Gauthier

De la mort à la vie avec les saints

Le mois de novembre commence par la solennité de Tous les saints, suivie de la Commémoration de tous les fidèles défunts. C’est une période propice pour méditer sur la mort et l’espérance en la vie éternelle. 

La mort et la vie

Je me souviens de la chanson de Petula Clark : « Tout le monde veut aller au ciel, oui, mais personne ne veut mourir ». Ce refrain populaire souligne une évidence : l’inquiétude qui nous taraude face à la mort et à l’au-delà. Raymond Devos le dit autrement, avec le génie qui le caractérisait : « Je crois à l'immortalité et pourtant je crains bien de mourir avant de la connaître. »

Qu’on le veuille ou non, nous allons tous et toutes mourir un jour. La mort fait partie de la vie, mais elle demeure une énigme liée à notre finitude. Dans Ne chantez pas la mort, Léo Ferré y voit une délivrance. « La mort c’est l’infini dans son éternité, / Mais qu’advient-il de ceux qui vont à sa rencontre? » Félix Leclerc répond de sa voix grave à la fin de sa chanson La vie, l’amour, la mort : « C’est grand la mort, c’est plein de vie dedans ». 

Pour témoigner d’une vie éternelle après la mort, il y a les saints et les saintes. Ils ne sont pas des héros inaccessibles, mais des êtres de chair comme nous, qui assument leur humanité en voulant aimer comme Jésus, jusqu’au bout, jusqu’au ciel. « Ô mort, je ne sais pas comment on peut te redouter, puisque c’est en toi qu’est la vie ! », affirmait Thérèse d’Avila.

Mort livre 2

Nos amis les saints

Bernanos a utilisé l’expression « nos amis les saints » lors d’une conférence. Depuis le temps que je les fréquente et que j’écris sur eux, ils m’ont appris que la vie n’a de sens que si on la considère dans une perspective de salut qui la libère de toutes ses impasses. La mort elle-même n’a de signification que dans le don par Dieu d’une vie éternelle. Entre les deux, l’amour quotidien qui trace un chemin vers la béatitude et dessine l’horizon d’une éternité déjà commencée. 

Les saints attestent qu’il y a au plus profond de notre cœur un germe d’éternité qui n’attend qu’à croître et fructifier. Qui a déposé cette semence de vie? Dieu lui-même, nous révèle la Bible. Lui qui nous a créés « à son image » (Gn 1, 27), il nous donne la vie éternelle en son Fils Jésus, le premier-né d’entre les morts. « Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel. » (Col 1, 19-20)

Nous accédons à ce mystère de salut par la foi, qui est « l’intelligence éclairée par l’amour », selon la philosophe Simone Weil. La foi amoureuse au Christ nous apprend qu’on peut lui faire confiance, puisqu’il réalise toujours ce qu’il promet, liant la foi en la résurrection à sa propre personne. « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » (Jn 11, 25) Le pape François a prolongé cette parole dans son homélie du 4 novembre 2019 : « Nous sommes venus au monde pour ressusciter, et non pour mourir. Nous sommes nés pour la résurrection ».

Quel paradoxe fascinant ! Par la mort, nous avons la vie. « Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ? » (1 Co 15, 54-55) Ainsi, dans son Cantiques des créatures, François d’Assise loue Dieu pour « notre sœur la mort ». 

Prière

Seigneur Jésus, au matin du tombeau vide, 
tu poses ton regard sur Marie Madeleine, 
qui te reconnaît quand tu prononces son nom. 
 
Tu me connais aussi par mon nom, 
et tu m’appelles à annoncer au monde 
la joyeuse nouvelle de ta résurrection. 
 
Tourne vers toi mon cœur blessé 
pour qu’il reprenne vie dans ta parole 
que je médite en silence dans la foi.
 
Tu es apparu aux disciples craintifs
pour les inonder de ta lumière éternelle ;
aide-nous à témoigner de l’Évangile.
 
Tu es monté vers ton Père et notre Père ;
merci pour ton Esprit qui nous fait renaître
à la vie filiale, au partage de ta présence. 

Extrait de mon livre Comment meurent les saints? (Artège/Novalis, 2025, 240 pages).

Publié en partie dans le Prions en Église Canada, 26 octobre 2025, p. 35-36.

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La mort comme une liturgie ultime
Neuvaine pour nos défunts avec les saints

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Jeudi 5 Mars 2026

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