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Le blogue de Jacques Gauthier

Qu'est-ce que le ciel?

Aux funérailles de mes parents, nous avions choisi cet extrait de l’évangile de saint Jean, que nous lisions au 5e dimanche de Pâques A : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? » (Jean 14, 1-2) Jésus ajoute qu’il reviendra pour nous emmener auprès de lui, « afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » (v. 3)

Mais où est Jésus ? On pense spontanément au ciel, au paradis. Alors, comment y aller ? En prenant le bon chemin, qu’est Jésus lui-même. « Celui qui m’a vu a vu le Père. » (v. 9) L’important, après la mort, est d’être avec Jésus, comme il l’a promis au bon larron, crucifié près de lui : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Luc 23, 43)  

Mort Nuages

Une éternité d’amour

La tradition catholique enseigne que le ciel est l’éternité d’amour parfait avec la Sainte Trinité, la Vierge Marie, les anges, les saints et tous les élus. Ce n’est pas un lieu imaginaire, mais un état permanent de relation avec Dieu : « Nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu’il est » (1Jean 3,2). Rien ne pourra plus nous séparer de la communion de vie avec ce Dieu unique en trois personnes que Jésus Christ est venu nous révéler en proclamant le Royaume. « Ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu » (1Corinthiens 13,12).

Le frère André Bessette, décédé le 6 janvier 1937 à l’âge de 91 ans, parlait souvent de la mort comme d’une amie qui nous introduit auprès de Dieu. « Le Grand Tout-Puissant s’en vient ! », disait-il aux infirmières qui le soignaient. Canonisé par Benoît XVI le 17 octobre 2010, il a laissé quelques paroles où il évoque le ciel, notre patrie : « La terre n’est qu’un lieu de passage ; le ciel est notre véritable patrie […] Quand je serai mort, je vais être rendu au ciel. Je vais être bien plus près du bon Dieu que je ne le suis actuellement. J’aurai plus de pouvoir pour vous aider. » (Frère André. Une pensée par jour, Médiaspaul)

L’état de bonheur ultime

Le ciel est la réalisation des aspirations les plus profondes de notre être, l’état de bonheur suprême et décisif, au-delà du temps et de l’espace. Nous en avons parfois un avant-goût ici-bas dans le regard tendre de l’être aimé, le sourire d’un enfant, l’oraison du matin, la paix du soir, le chant des oiseaux, le parfum des fleurs, le pardon offert, l’écoute d’un ami, les réseaux de solidarité, le partage de la parole de Dieu et du pain de vie à chaque eucharistie.

Nous sommes déjà unis au Christ dans la foi, ici sur terre, mais nous le serons infiniment plus au ciel. Nous goûterons les fruits de sa rédemption avec les gens qui nous ont précédés et que nous reconnaîtrons, ceux que nous avons aimés et entourés d’affection : nos familles, nos amis, les saints et les saintes. Ce mystère de communion dans le Christ dépasse les images que nous nous faisons du ciel : alliance, noces, lumière, festin, Jérusalem céleste, maison du Père, paradis, vision béatifique. 

Comment rendre compte de « tout ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé » ? (1 Corinthiens 2, 9). Il nous donnera la capacité de le contempler dans sa gloire et de le louer éternellement pour l’amour infini qu’il répand dans le cœur de ses enfants.Car, auciel,lesbienheureuxcontinuentd’accomplirla volonté de Dieu avec joie et amour en aidant leurs frères et sœurs de la terre. L’amour se propage entre eux en toute liberté comme il circule au sein même de la Trinité qui est don, relation et communion.

Pour Thérèse de Lisieux, qui est missionnaire dans l’âme, voir Dieu signifie aussi intercéder pour nous sur la terre. Elle sent que sa mission « de faire aimer le Bon Dieu comme je l’aime » va vraiment commencer après son dernier repos, qu’elle ne voit pas du tout comme des vacances dans le Sud. Elle dit dans ses Derniers entretiens : « Si le Bon Dieu exauce mes désirs, mon ciel se passera sur la terre jusqu’à la fin du monde. Oui, je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre. » 

Cet article est extrait du chapitre sur les fins dernières dans mon livre Comment meurent les saints? (Artège/Novalis).
Il est publié en partie dans le Prions en Église Canada du 3 mai 2026, p. 35-36. 

Lire aussi À l'école de Thérèse de Lisieux. 10 chemins pour renouveler sa vie spirituelle (Artège/Novalis).

Lire aussi sur mon blogue: Le don de la vie éternelle.

Regarder la vidéo sur ma chaîne YouTube.

L'héritage évangélique du pape François

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Jeudi 30 Avril 2026

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