De la mort à la vie

Semaine sainte 2021, la pandémie de la COVID-19 révèle une fois de plus notre fragilité et démasque nos illusions de toute-puissance. Dans ma région de l'Outaouais, nous sommes de nouveau en zone rouge et en confinement. Toutes les célébrations liturgiques ont été annulées dans ma paroisse. Que faire, sinon continuer à aimer et à prier, comme je le disais dans la première vidéo de ma chaîne YouTube, le 3 avril 2020. Un an déjà. Depuis, j'ai mis en ligne une centaine de vidéos pour vous partager l'essentiel de la foi et de la prière chrétienne. Fécondité inattendue du confinement.

La pandémie me fait prendre conscience que nous sommes interdépendants les uns les autres, que « tout est lié », comme l’écrivait le pape François dans son encyclique sur la sauvegarde de notre maison commune Laudato si. J’ose croire qu’aujourd’hui nous sommes devenus plus sensibles aux inégalités sociales et aux gestes de bonté, plus compatissants et solidaires avec les personnes qui nous entourent. Nous sommes tous engagés dans la même aventure ; le temps est plus que jamais à l’entraide, et pas à la division.

La grande Semaine sainte

Dans sa passion, Jésus s’est fait solidaire de notre finitude en prenant notre souffrance sur lui, en nous aimant « jusqu’au bout » (Jean 13, 1). Cette solidarité témoigne de l’amour infini du Père qui désarme le mal. Elle s’incarne dans notre humanité quand nous nous aimons comme Jésus a aimé, lorsque nous sommes bienveillants entre nous, malgré nos limites, car « par ses blessures, nous sommes guéris » (Isaïe 53, 5).

« Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion, et fut mis au tombeau », dit-on dans le Symbole de Nicée-Constantinople. Jésus ne plaide pas seulement en notre faveur, il prend notre place, il se substitue à nous, lui, « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Par lui, avec lui et en lui, l’épreuve de la mort s’éclaire d’une lueur de vie qui débouche sur la résurrection. Dieu ne peut être qu’élan vivifiant, présence d’amour, lavement des pieds.

Un long Samedi saint 

Le confinement que nous avons vécu à quelques reprises m’a fait penser à un long Samedi saint, jour du vide et de l’absence, de l’espérance et de silence, où il n’y a ni eucharistie ni liturgie dans les églises. C’est le temps du dépouillement et de la sobriété où le grain de blé est jeté en terre dans l’attente d’une vie nouvelle. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jean 12, 24)

Jésus descend dans la mort pour l’habiter, pour nous préparer une place près de lui. Nous ne sommes pas seuls; en Jésus, la vie n’est pas détruite, mais transformée. « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? (Jean 14, 2)

Après l’horrible supplice de la crucifixion, les Apôtres eux-mêmes, infectés par le virus de la peur, ont été confinés dans un espace restreint et verrouillé. Mais l’espérance couvait sous les cendres. L’étincelle de la résurrection du Christ a allumé un immense incendie qui a changé le cours du temps et de l’histoire. De grand matin, des femmes se sont rendues sur les lieux de la sépulture. Elles ont été les premières à voir l’ange, vêtu de blanc, dans le tombeau vide : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. » (Marc 16, 6)  

Après la Pentecôte, les apôtres ont semé l’Évangile aux quatre vents. Leur joie, jaillie de l’Esprit Saint, fut tellement contagieuse qu’elle s’est propagée jusqu’à nous. À la suite de tant de générations de chrétiens et de chrétiennes, nous croyons nous aussi que le Christ est vraiment ressuscité et qu’il nous accompagne sur nos chemins d’Emmaüs. Avec lui, nous passons de la mort à la vie.

Semaine sainte

Prière

Seigneur, il y a tant de souffrance de nos jours :
abus, anxiété, violence, racisme, maladie, pandémie.
Que de désespérés cherchent la lumière dans la nuit!
Compagnons d’épreuve, cloués avec toi sur la croix,
je les porte vers le Père dans le silence de ma prière.
 
Comment garder la foi devant ce drame poignant?
Tout semble se taire au vendredi de nos croix.
Le coup de lance nous ouvrira-t-il le sens caché?
Fais tomber les murs de l’exclusion et de la haine, 
donne-nous l’espérance tenace en ta résurrection.
 
Toi qui as marché vers Jérusalem pour vivre ta Passion,
tu as donné librement ta vie par amour pour nous. 
Tu as assumé jusqu’au bout notre nature souffrante,
changeant le mal en une danse où triomphe le bien.
Ô mort, où est ta victoire? Christ est ressuscité!
 

Texte publié en partie dans Prions en Église Canada du 28 mars 2021, p. 36-37.
Prière publiée dans la revue biblique Parabole, mars 2021. Pour vous abonner gratuitement à la version électronique: cliquez ici.

Pour aller plus loin: Jésus raconté par ses proches (Parole et Silence/Novalis).
Récit d'un passage (Parole et Silence/Novalis).

Vidéo de 12 minutes dans ma chaîne YouTube, ajoutée le 1er avril 2021.

Interview dans la revue Glasnik Mira
Vie cachée et culte à saint Joseph

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