Pourquoi aimer et prier les saints?
On m’a déjà demandé pourquoi je m’intéresse tant aux saints et aux saintes. Ne sont-ils pas d’un autre âge, éloignés de nos préoccupations quotidiennes? La raison est fort simple : ils me conduisent à Jésus. C’est d’abord lui qui m’intéresse. Les saints m’apprennent à mieux le connaître pour l’aimer un peu plus chaque jour. Ils me soutiennent dans ma quête de Dieu, m’aident à vivre de sa miséricorde qui transforme tout en don.
Précisons d’abord que la sainteté n’est pas synonyme de canonisation. L’une relève de notre être baptismal, l’autre de l’Église qui offre au monde un modèle. Nous sommes tous appelés à la sainteté. Il ne s’agit pas de vouloir « monter sur les autels » à la force du poignet, mais de descendre dans notre cœur et de nous laisser envahir librement par l’amour du Fils de Dieu.

(Photo prise à l'église du monastère de la Croix Glorieuse, des Petits frères de la Croix, à la Malbaie (Québec)
Le Christ en premier
Les saints et les saintes parlent de Jésus avec passion et humilité. Ils nous le rendent présent par l’exemple, sans illusion de toute-puissance. Saint Paul a bien montré qu’il trouve sa force dans faiblesse à cause du Christ : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. » (Galates 2, 2)
N’est-ce pas encourageant de savoir que les saints et les saintes, cette « foule immense » (Apocalypse 7, 9) devant l’Agneau, sont des pécheurs comme nous, qui ont expérimenté le pardon divin? Ils nous guident vers le Père pour aller de l’avant à la suite du Fils, le « premier-né d’entre les morts » (Colossiens 1, 18).
Les saints, « ces fous admirables », donnent de l’espérance par leurs exemples et leurs paroles. Ils ne sont pas des héros inaccessibles, mais des êtres de chair qui ont les pieds sur terre avec leurs blessures et leurs limites. Ils incarnent en tout point les Béatitudes (cf. Matthieu 5, 1-12), que nous lisons chaque 1er novembre à la fête de Tous les saints.
Jésus nous révèle que la sainteté, c’est la pauvreté et la pureté du cœur, l’humble douceur, la recherche de la justice et de la paix, la joie de la miséricorde, pour voir Dieu en nous et les autres.
La communion des saints
Les saints et les saintes ont compris de l’intérieur que l’Église est un corps mystique qui vit de la foi de ses membres, une grande famille dont le Christ est la tête. C’est ce qu’on appelle la « communion des saints ». Ils nous invitent à chercher Dieu et à nous laisser chercher par lui, à discerner sa présence dans les déserts de l’âme et les nuits de la foi, à le louer, comme François d’Assise, pour la création et « notre sœur la mort ». Avec eux, la fin de la vie n’est pas une lutte perdue d’avance, puisque la mort a été vaincue par le Christ.
En priant les saints, seuls ou avec d’autres, nous exprimons notre relation avec un Dieu proche, intime, qui veut notre bonheur éternel. Ils nous aident à traverser les épreuves de la vie et à trouver notre propre voie de sainteté. Ils ne sont pas indifférents à ce que nous vivons. Ils nous accompagnent sur nos chemins de croix et de joie, par leur prière et leur protection.
Le 21 octobre 2026, Léon XIV recevait au Vatican les participants au colloque La sainteté dans l’histoire, organisé par le dicastère des Causes des Saints. Il affirmait que le peuple de Dieu cherche des « modèles pour habiter le présent, des intercesseurs qui aident les membres de l’Église à relever les défis d’aujourd’hui et à en reconnaître les opportunités ». Il soulignait que le témoignage des saints ont transformé l’histoire. «Éclairés par la Grâce, ils ont su écouter les appels de leur temps, en conciliant foi et histoire, et en consacrant leur vie à l’édification de la réalité nouvelle du Royaume de Dieu».
« La sainteté est le plus beau visage de l’Église », affirmait le pape François dans son exhortation sur l’appel à la sainteté dans notre monde, Gaudete et Exsultate (no 9). Il se faisait ainsi proche de Bernanos, pour qui « l’heure des saints vient toujours ». Ils nous attendent dans la maison du Père : « Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent », écrivait saint Bernard de Clairvaux.
Prière
Devenir saint. Petit mode d'emploi (Emmanuel/ Novalis).
Les saints, ces fous admirables (Novalis/Béatitudes).
À propos de l'auteur
Marié et père de famille, poète et essayiste, son oeuvre comprend plus de 80 livres, parus au Québec et en Europe, et traduits en plusieurs langues. Il a enseigné vingt ans à l'Université Saint-Paul d'Ottawa. Il donne des conférences et retraites que l'on retrouve dans sa chaîne YouTube. Pour en savoir plus: cliquer sur l'onglet Biographie.
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