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Le blogue de Jacques Gauthier

Saint François et notre soeur la mort

Le pape Léon XIV a proclamé une année jubilaire saint François d’Assise, du 10 janvier 2026 au 10 janvier 2027, afin de souligner le huitième centenaire de son entrée dans la vie éternelle. L’Église célèbre sa mémoire le 4 octobre, jour de sa naissance au Ciel. Ce jour est désormais un jour férié en Italie, dédié à son saint patron. C’est dire toute la popularité de ce saint encore aujourd’hui. « Personne mieux que saint François ne répond à notre besoin d’être unis dans cette période tumultueuse pour le monde », a rappelé le sénat italien.

Francois dAssise

Notre sœur la mort

Cette année jubilaire est une belle occasion de redécouvrir la figure de cet homme universel qui voyait en chaque créature une sœur, un frère. Il louait le Seigneur pour « notre sœur la mort » dans son fameux « Cantique des créatures », appelé aussi « Cantique de frère Soleil ». Je lui consacre le premier chapitre de mon livre Comment meurent les saints ? (Novalis/Artège). 

Né à Assise vers 1182, il jouit des plaisirs de la vie. Chevalier, il côtoie la mort de près. Il fait à 24 ans une rencontre inoubliable du Christ en croix qui lui dit : «François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine.» Telle sera sa mission : relever l’Église. Il fonde l'Ordre des Frères mineurs. Il se retire sur le mont Alverne en 1224 pour méditer la passion de Jésus et jeûner pendant quarante jours. Il reçoit les stigmates du Christ.

Fatigué et malade, il revient à Assise et se retire à Saint-Damien. C’est presque aveugle qu’il compose vers 1225 son fameux «Cantique des créatures». Cette prière de louange représente une innovation profonde quant à notre relation avec la nature et notre rôle dans la création. François a composé la strophe sur la mort juste avant son décès. Il a donc laissé comme ultime parole en fin de vie, non pas un conseil ou une exhortation, mais un chant, un poème, une prière.

Notre frère François

On rapporte cette parole de saint François dans ses écrits : «N’aie pas peur de me dire que la mort est proche, car elle est pour moi la porte de la vie.» Il vit son trépas comme un doux passage en Dieu, une joyeuse consolation, une délivrance des souffrances de ce monde. Il fait de sa mort une liturgie intime, où il se fait coucher « nu sur la terre nue », entonnant du mieux qu’il peut le psaume 141 : «À pleine voix, je crie vers le Seigneur ! À pleine voix, je supplie le Seigneur !» (v. 2)

Le poverello d’Assise bénit tous ses frères présents. On proclame l’Évangile du lavement des pieds, et on le couvre de cendres en signe de pénitence. Des visiteurs viennent le voir jusqu’à la fin. Il quitte ce monde, au milieu de la quarantaine, dans la nuit du 3 au 4 octobre 1226, dans une cabane de la Portioncule.

Grégoire IX canonise François deux ans seulement après sa mort. Pie XII le proclame patron de l’Italie en 1939, et Jean-Paul II patron des écologistes en 1979. À noter que saint François n’était pas prêtre, mais diacre. Son corps repose dans la basilique d’Assise, qui a été le lieu d’événements spéciaux durant son Jubilé. Dans cette petite ville médiévale, superbement étalée sur les pentes du mont Subasio qui surplombe la plaine de l’Ombrie, tout évoque la présence du troubadour de Dieu, sa joie et son humilité. Il nous invite à revenir sans cesse à l’Évangile.  

Cette prière s’inspire de sa spiritualité lumineuse qui a traversé les siècles et qui demeure toujours actuelle. 

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
 
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
 
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
O Seigneur, que je ne cherche pas tant 
à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.
 
Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

Ce texte s'inspire en partie du premier chapitre de mon livre Comment meurent les saints? (Artège/Novalis, 2025, p. 15-21)

Pour en savoir plus: ces deux autres articles de mon blogue:
4 octobre: Saint François d'Assise  (3 octobre 2013)
Désirer Dieu avec François d'Assise (3 octobre 2017)

Regarder la vidéo sur ma chaîne YouTube: 

Nativité de la Vierge Marie

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Commentaires 2

Invité - Anne Liberge le Dimanche 4 Octobre 2026 10:45
Merci

Je viens d’apprendre la mort de maman en ce grand jour du 4 octobre 2026. Elle avait 92 ans et s’appelle Britta.
Saint François d’Assise est à nos côtés. Merci Jacques Gauthier pour vos écrits qui me réconforte.

Je viens d’apprendre la mort de maman en ce grand jour du 4 octobre 2026. Elle avait 92 ans et s’appelle Britta. Saint François d’Assise est à nos côtés. Merci Jacques Gauthier pour vos écrits qui me réconforte.
Invité - Jacques Gauthier le Dimanche 4 Octobre 2026 20:24
Mes condoléances

Que saint François intercède auprès du Seigneur pour votre maman qui rencontre la Vie par "notre soeur la mort". Unis dans la prière

Que saint François intercède auprès du Seigneur pour votre maman qui rencontre la Vie par "notre soeur la mort". Unis dans la prière
Mardi 13 Octobre 2026

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