Sainte Anne, notre grand-mère du ciel
L'introduction de Sainte Anne, notre grand-mère du ciel, Montréal/Paris, Novalis/Salvator, 2026, 120 pages, 19.95$, 14,90€. Disponible en librairie au Canada.
L'édition française paraît le 11 juin 2026 aux éditions Salvator avec une préface de Mgr Raymond Centène, évêque du diocèse de Vannes.
INTRODUCTION
Sainte Anne et saint Joachim sont appelés les « justes ancêtres de Dieu » dans la tradition orthodoxe. Leur vie est intimement liée à celle de Marie et de Jésus. Le nom de « Anne » vient de l’hébreu Hannah, que l’on peut traduire par « grâce »; celui de Joachim signifie » Dieu met debout ». C’est de ce couple béni que naît la Vierge Marie, « Comblée-de-grâce » (Luc 1, 28), qui mit au monde Jésus, « le premier-né d’entre les morts » (Colossiens 1, 18).

Les Évangiles ne disent rien sur Anne et Joachim. Leurs noms sont mentionnés pour la première fois dans un document écrit en grec vers l’an 150, La Nativité de Marie, connu sous le nom de Protévangile de Jacques, attribué à saint Jacques le Mineur, fils d’Alphée. Le mot « protévangile » désigne la première annonce de la bonne nouvelle du salut, avant la prédication de Jésus. Anne et Joachim sont également nommés dans L’Évangile du Pseudo-Matthieu, écrit au VIe siècle, et dans La Légende dorée, ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266 par Jacques de Voragine, dominicain et archevêque de Gênes. Ces sources dites historiques sont empreintes de merveilleux et ne peuvent pas être assimilées aux Écritures canoniques.
Le Protévangile de Jacques raconte la naissance et l’enfance de Marie et de Jésus. C’est l’écrit le plus ancien et le plus important des évangiles apocryphes. Il reflète probablement une tradition qui s’est conservée dans la communauté chrétienne de Jérusalem et des environs. Il a exercé une grande influence sur la théologie mariale et sur l’art chrétien. Le terme grec « apocryphe » signifie « caché », « secret ». Les évangiles apocryphes ont surtout été rédigés entre la fin du Ier et du IIIe siècle. Les auteurs ecclésiastiques des premiers siècles les ont jugés « non authentiques » par rapport aux écrits qui ont été retenus dans le canon officiel de l’Église, et qui forment les vingt-sept livres du Nouveau Testament.
Le fait que le Protévangile de Jacques n’ait pas été considéré comme canonique ne signifie pas que son contenu doit être entièrement rejeté. Il fait partie de ce qu’on appelle la Tradition, qui, avec l’Écriture, est l’une des sources de la Révélation, comme le rappelle le document Dei Verbum de Vatican II. Selon la formule attribuée à saint Vincent de Lérins, moine du Ve siècle, la Tradition s’en tient surtout « à ce qui a été cru partout, toujours et par tous ».
Saint Paul écrit dans sa Lettre aux Romains que Dieu a un dessein d’amour pour chacun et chacune de nous. À ceux qui l’aiment, il fait tout contribuer à leur bien. Nous sommes libres d’y répondre ou non : « Ceux qu’il avait destinés d’avance, il les a aussi appelés; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes; et ceux qu’il a rendus justes, il leur a donné sa gloire » (Romains 8, 30). N’est-ce pas ce qu’il a fait pour Anne et Joachim, choisis par le Père pour mettre au monde la mère de son Fils?
Ce livre est né d’une demande des éditions Novalis afin de mieux connaître sainte Anne et le culte populaire qui lui est rendu. Les chrétiens l’appellent spontanément la « bonne sainte Anne » ou la « grand-mère du ciel », à cause de sa bienveillance et de sa proximité avec les fidèles qui la prient en toute confiance. En Occident, plusieurs villages, églises, associations et des petites filles portent son nom, sans compter les Anne-Marie, comme mon épouse. Sainte Anne attire encore beaucoup de monde dans les sanctuaires qui lui sont dédiés, comme celui de Sainte-Anne d’Auray, en Bretagne, et de Sainte-Anne de Beaupré, au Québec. Joachim n’est jamais loin de son épouse dans les églises et sur les peintures où elle est représentée.
Dans le premier chapitre, je les présente brièvement en lien surtout avec la naissance et l’enfance de Marie. Je relève ensuite leurs traces dans l’histoire et la spiritualité. Je m’attarde en particulier au culte voué à sainte Anne, qui s’est développé d’une manière constante dès le Ve siècle jusqu’à nos jours, alors que celui de Joachim est plus tardif et moins étendu. Leurs cultes ne se fondent pas sur ce qu’ils ont fait, mais sur ce qu’ils sont : les parents de Marie et les grands-parents de Jésus. Les fidèles se sont spontanément attachés à eux, notamment pour les valeurs familiales qu’ils représentent.
Je termine ce bref essai avec quelques prières pour Anne et Joachim, où nous rendons gloire au Père et à son Fils qui, « selon la chair, est né de la descendance de David et, selon l’Esprit de sainteté, a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur. » (Romains 1, 4-5)
Pour en savoir plus, l'article du blog: Anne et Joachin, parents de la Vierge Marie.
Ma vidéo de la présentation du livre en 5 minutes, sur ma chaîne YouTube, ou ici:
À propos de l'auteur
Marié et père de famille, poète et essayiste, son oeuvre comprend plus de 80 livres, parus au Québec et en Europe, et traduits en plusieurs langues. Il a enseigné vingt ans à l'Université Saint-Paul d'Ottawa. Il donne des conférences et retraites que l'on retrouve dans sa chaîne YouTube. Pour en savoir plus: cliquer sur l'onglet Biographie.
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