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Le blogue de Jacques Gauthier

L’hymne émerveillée de Patrice de La Tour du Pin

Le texte intégral de ma visioconférence du 20 août 2025, lors de la session annuelle de Universa Laus international qui s'est tenue à Oberbronn (France) du 18 au 22 août 2025. L'article est  traduit en anglais, allemand, italien et portugais. 

Introduction

Odile Riondet se demandait dans son exposé comment les textes des chants ou des hymnes en liturgie peuvent s’adresser à des assemblées variées, tout en restant fidèles aux temps et aux rites liturgiques. Je poursuis la réflexion, dans l’esprit du thème de la session Écouter la voix de l’assemblée, en me concentrant sur la dimension poétique de l’hymne.

Pour aborder ce vaste sujet, je fais appel à Patrice de La Tour du Pin, qui a écrit une vingtaine d’hymnes pour la liturgie des Heures, à la demande de l’Église. C’est pour moi comme un retour aux sources, car il y a près de quarante ans, je rédigeais au Québec une thèse de doctorat en théologie sur son œuvre. J’ai publié quatre ouvrages sur sa vie, sa théopoésie, ses hymnes liturgiques et sa prière[1].

Dans cet article, je me contenterai d’esquisser brièvement le portrait de Patrice, que j’appelle familièrement par son prénom, tant il m’est cher. J’examinerai ensuite sa manière d’écrire des hymnes, à partir de celle du matin Ô Père des siècles du monde, et de l’interprétation qu’on peut en faire. Le théopoète incarne une écriture à la fois fidèle et interprétative de la Parole, où la Bible éclaire la Bible, à la manière plus symbolique des Pères de l’Église et de l’exégèse médiévale.  

Patrice de La Tour du Pin La rencontre de deux créateurs

Patrice de La Tour du Pin est né à Paris le 16 mars 1911 et il est décédé d’un cancer le 28 octobre 1975. Nous fêtons cette année le 50e anniversaire de son retour vers le Père. Patrice est l’homme d'une quête, celle du Dieu de joie, le Christ pascal. Il est aussi l’homme d’un livre, Une Somme de poésie en trois Jeux, totalisant près de 1500 pages, qu’il écrit pendant quarante ans et qu’il remanie à la fin de sa vie[2].

Le « jardinier des mots » rêva toute sa vie « d’écrire la grande prière de l’Homme de ce temps » (I, 383). Bien que vivant reclus en poésie, il dialogue avec la culture de son temps, si souvent indifférente à la foi chrétienne. Il tisse des liens entre poésie et liturgie à partir de son expérience personnelle et spirituelle, créant une théopoésie au service de la prière et de l’Église.

Quand poésie et musique s’embrassent 

La rencontre de La Tour du Pin avec le père Joseph Gelineau (1920-2008), fondateur de l’association Universa Laus, marque le début d’une collaboration féconde. Il l'invita à participer à la session internationale de 1967, qui se tenait Pampelune. Sa conférence s’intitulait « L’écrivain et la liturgie ». Patrice revient sur l’appel que l’Église lui a lancé après Vatican II de travailler à la traduction des textes liturgiques et à la création de nouvelles hymnes pour la liturgie des Heures. Il évoque la complexité de la poésie en liturgie, où il s'agit de « ne plus chercher ni susciter « un état de poésie », mais [de] mettre celle-ci au service d'un mouvement de prière commune »[3].

Le jésuite Gelineau, qui a consacré sa vie au chant liturgique, et que j’ai eu la grâce de rencontrer à quelques reprises, a mis en musique plusieurs hymnes de Patrice, écrites spécialement pour être chantées et priées à l'Office divin[4]. Elles figurent dans le bréviaire officiel francophone Prière du temps présent et dans Liturgie des Heures en quatre volumes. Il fut agréablement surpris de leur fluidité et de leur rythme poétique. Il faut dire que Patrice avait du métier en tant qu’écrivain. En 1982, le père Gelineau avoua dans la revue Prier que « parmi les dizaines de créations d'hymnes que nous ont values les trente dernières années, il est assez aisé de reconnaître celles qui sont venues avant ou après celles de l'auteur de la Somme ».  

« Parmi tous les traits qui font de Patrice de La Tour du Pin un recréateur du genre « hymne », je voudrais en souligner deux. Ayant souffert d'un vocabulaire religieux vidé de sa charge humaine et sacrée, il a su recréer un langage en rechargeant les mots de tout le monde d'un nouveau poids poétique, théologique et christique. Le second étonnement me vient du souffle qui soutient ces hymnes, qui font la strophe comme d'une seule coulée, sans que se relâchent ni le ton ni la tension du sens[5] ».

La musique du père Gelineau, parfois inspirée du chant grégorien, habille tout naturellement le corps verbal des premières hymnes de Patrice. Elles furent composées en un rien de temps, confia Gelineau : « C’est dans un voyage en avion, Paris-Amsterdam aller-retour, que j’ai composé la musique des dix hymnes[6] » ! Moment de grâce entre deux créateurs émerveillés qui devaient se rencontrer : l’un jouait avec les notes, l’autre avec les mots.    

De la poésie à la liturgie

Patrice s’est fait connaître en 1933 du milieu littéraire pour son recueil de poèmes La Quête de Joie, au centre du premier Jeu. Alors qu’il est fait prisonnier pendant quatre ans en Allemagne durant la guerre, il écrit plusieurs livres de ce premier Jeu, où il explore divers genres littéraires, que l’on retrouve dans toute sa Somme de poésie : poème, théâtre, bestiaire, prose, nouvelle, fable, lettre, chanson, hymne, psaume. 

Le 21 octobre 1943, il épouse sa cousine Anne de Bernis, avec qui il a quatre filles. Ils s’installent au château familial du Bignon-Mirabeau, dans le Gâtinais. Il combine harmonieusement la création poétique, l’amour humain et la foi chrétienne. Il fuit les milieux littéraires et travaille tous les matins à son œuvre, comme un artisan à sa vigne. Pour lui, la poésie n’est pas un but en soi, mais un moyen d’accéder à sa vérité intérieure. Il ne se considère pas comme un homme de lettres, mais plutôt comme un homme de l’être. « Il suffit d’être, et vous vous entendrez / Rendre la grâce d’être et de bénir » (En toute vie le silence dit Dieu). 

Le 3 juillet 1947, il écrit au jeune poète André Romus : 

« Je ne détermine pas mon livre à l’avance, je ne suis pas un homme de lettres. Je sais seulement que c’est une voie difficile, parce que l’être tout entier la suit, et non pas seulement son intérêt, sa curiosité, son désir de dire ou de chanter ; chacun, bien sûr, a son exigence et ce qu’on appelle sa vocation : il n’est pas bon d’imiter celle des autres, mais de trouver la sienne[7]. »  

En 1961, il reçoit le grand prix de poésie de l'Académie française. Il refusera d’être élu à cette institution, car cela ne l’intéresse pas. En revanche, il accepte en 1964 de faire partie d’une commission de cinq membres, choisis par l’épiscopat, pour traduire en français les textes liturgiques. Il a pour mandat de veiller sur la qualité de la langue française et sur la poésie.

« Voici un grand événement dans ma petite histoire: l'Église m'invite à participer aux travaux de traduction liturgique. C'est comme si elle me disait brusquement: « Le Jeu de l'Homme devant Dieu? Va d'abord l'apprendre! » Et tout joyeux de cette leçon, je m'assieds au milieu des experts de la Parole ». (III, 225)

« Tout homme est une histoire sacrée », avait-il écrit à l’entrée de son École de Tess, lieu de ressourcement pour les quêteurs de joie du premier Jeu. Cette sentence, qui est tout un programme de vie en soi, est reprise au dernier Jeu, où il évoque la rencontre de l'homme et de Dieu avec des mots qui parlent de Dieu et à Dieu. Sa quête va s’enraciner dans « l’orbite » de l’année liturgique axée sur le mystère pascal.

Au service du peuple de Dieu

Patrice consacre dix ans de sa vie à la mission de traducteur et de créateur d’hymnes. Il passe du « je » personnel au « nous » de l’assemblée. Son langage, jugé souvent audacieux, ne fait pas l'unanimité. Il garde les mots plus personnels pour son Jeu de l’homme devant Dieu, qui est le jeu théopoétique par excellence, où le langage symbolique sert de révélateur de l’Amour divin. Il tente de traduire le spirituel en paroles, en écho à la Parole faite chair. 

Après avoir participé à la traduction des oraisons de la messe (près de 1250), des préfaces (près de 90), des quatre prières eucharistiques, des rituels du baptême et du mariage, des psaumes du Psautier français liturgique, il écrit une vingtaine d'hymnes pour la liturgie des Heures, réalisant un vieux rêve de jeunesse.

Il publie en 1971 Une lutte pour la vie, où nous retrouvons ses hymnes. Ce livre lui vaut le Grand Prix de littérature catholique. Il avait aussi publié en 1963 le Petit théâtre crépusculaire qui ouvre le troisième Jeu. Il publie deux derniers recueils : Concerts eucharistiques (1972) et Psaumes de tous mes temps (1974), où il regroupe 90 psaumes remaniés, donnant ainsi un aperçu de l'immense travail de révision qu'il entreprend, espérant que sa contribution poétique favorisera une renaissance religieuse à venir[8]

Le dernier vers remanié de ses psaumes est, selon son épouse Anne, une annonce prophétique de sa mort : « Mon Dieu, tu n’es pas un Dieu triste / ta nuit brûle de joie ». Il écrit dans un autre psaume ce vers tout simple, ultime prière face au Seigneur qui a vaincu la mort : « Devant la mort, nous ne savons que toi » (III, 291).

Patrice de La Tour du Pin, « Prince de la spiritualité », selon les propos d'Alain Bosquet dans Le Monde du 31 octobre 1975, eut le grand privilège de se perpétuer dans la prière officielle de l'Église. Ses hymnes sont toujours chantées dans des monastères francophones et priées par les fidèles de la liturgie des Heures. On les choisit rarement dans les paroisses et les grands rassemblements. D’où ma surprise d’entendre à Rome son hymne Peuple de Dieu, le 19 octobre 2003, au début de la messe de béatification de Mère Teresa. Il l’intitule Essai d’hymne de marche dans sa Somme :

« Peuple de Dieu, n’aie pas de honte,
Montre ton signe à ce temps-ci!
En traversant l’âge du monde,
Cherche ton souffle dans l’Esprit;
Lève ton hymne à sa puissance,
Tourne à sa grâce ton penchant :
Pour qu’il habite tes louanges,
Et soit visible en ses enfants. » (III, 256) 

Nous retrouvons sur son image mortuaire ce verset du psaume 26 qu’il affectionnait : « Je n’oublie pas que tu m’as dit : Cherchez ma face ». Le verset résume bien sa vocation profonde, « parce qu’il associe la mémoire, l’ordre au présent et la direction vers l’avenir de la vie, mais aussi le singulier du souvenir de la vie et le pluriel de la quête humaine », écrit-il dans sa Lettre de créance (III, 397).

Psaumes Patrice

Ô Père des siècles du monde

L’expression « l’hymne émerveillée », mot écrit au féminin quand il s’agit de liturgie, se retrouve à la quatrième strophe de l’hymne du matin, Ô Père des siècles du monde 

« O Père des siècles du monde,
Voici le dernier-né des jours
Qui monte
A travers nous, à la rencontre
Du Premier-né de ton amour.
 
C'est lui qui pour toi fit éclore,
C'est lui qui devant toi chantait
L'aurore,
Quand il n'était pas d'homme encore
Pour avoir part à sa beauté.
 
Par lui tout demeure en genèse, 
Nos jours dans leur vieillissement
Se dressent
À leur éveil vers sa jeunesse,
Car il se lève à l'Orient.
 
C'est lui qui sans cesse ranime,
C'est lui qui sur les temps maintient
Cette hymne
Émerveillée dès l'origine
Devant l'ouvrage de tes mains.
 
Voici la nouvelle lumière
Montant au plus secret des corps, 
O Père,
Envoie le souffle sur la terre
Du Premier-né d'entre les morts. »  (III, 288)

Cette hymne est souvent chantée dans les communautés où l’on prie la liturgie des Heures. Le père Gelineau a composé un choral qui épouse bien le texte, entraînant le baptisé et l’assemblée à voir dans le jour qui se lève « la nouvelle lumière / Montant au plus secret des corps ».  

Quand nous abordons une hymne pour la première fois, il faut d’abord regarder de près la structure et la syntaxe, puis aller plus loin en se lançant dans une lecture symbolique et théologique[9]. Il est important d’identifier les symboles, ces images qui font signe et qui n’épuisent pas le sens de la lecture. Chaque hymne en contient assez pour ouvrir sur une réalité qui ne peut pas être dite directement, d'où son utilisation dans la liturgie, les mythes, la poésie, les arts. Le symbole est une voie privilégiée en liturgie qui mène à la connaissance profonde de Dieu.

 Par exemple, les deux symboles principaux de cette hymne se réfèrent au Verbe éternel du Père : l'aurore, et son pendant scripturaire du premier récit de la création (Gn 1), et l'hymne, en référence surtout à l'hymne de saint Paul aux Colossiens 1, 15-20. 

« C'est lui qui pour toi fit éclore,
C'est lui qui devant toi chantait
L'aurore,
Quand il n'était pas d'homme encore
Pour avoir part à sa beauté. »

L’hymne s'adresse à qui? Au Père, à qui l’on présente « le dernier-né des jours / Qui monte / À travers nous, à la rencontre / Du Premier-né de ton amour ». Le Fils, consubstantiel au Père, ranime et maintient cette hymne émerveillée devant l’ouvrage de ses mains.

Trois sens de l’hymne émerveillée

Le symbole de l’hymne peut prendre ici trois sens: l'hymne de Patrice, de l'univers, de Dieu. C'est d'abord l’hymne du poète, chantée par la communauté des croyants aux laudes, que le Premier-né ranime et maintient sur les temps.  Patrice offre au Père son hymne émerveillée de ce « dernier-né des jours » qui lui rappelle le premier jour de la Genèse et le premier jour de Pâques. Il sait que son hymne est fragile : « Ma parole n'a pas de poids / Et ses accords sont inutiles » (III, 370). Peu importe, elle deviendra celle des autres. Il puise dans le silence de son puits intérieur l’eau vive de la Parole qui ravive la prière commune.

L'hymne émerveillée s'exprime aussi dans l'univers, l'ouvrage des mains du Créateur: « Et les arbres, le ciel, et les pierres elles-mêmes / entrent dans le concert où nous le disons Dieu » (III, 378). Tout devient émerveillement et louange, au-dedans comme au-dehors, puisque le cœur est pris dans « l'hymne d'univers » du Seigneur, où « la terre s’emplit de tes biens » (Ps 103, 24). Tout devient prière d'adoration, puisque nous avons « un monde immense en nous », écrit Patrice dans sa dernière hymne En toute vie le silence dit Dieu, qui n’est pas dans sa Somme : « Vous serez pris dans l'hymne d'univers, / Vous avez tout en vous pour adorer ».

Avec la nouvelle lumière du Christ « montant au plus secret des corps », l'univers déploie encore plus ses merveilles. Patrice évoque ici le troisième sens de cette hymne : le Premier-né de l’amour du Père qui est là depuis le commencement : « Et l’Hymne était Dieu. Et à la fin, mon Dieu, quel Hymne d’univers! » (I, 555). Le poète tourne son univers vers Celui qui crée des cieux nouveaux et une terre nouvelle. Aucune créature ne peut vraiment dire le Père, si ce n'est son Hymne, le Fils, le « Premier-né d'entre les morts » qui sans cesse ranime. Nous sommes appelés à devenir hymne à la suite du Fils : « Ma vocation était ton hymne » (III, 458).

La structure de l’hymne

Les hymnes de La Tour du Pin n'ont pas de refrains. Elles sont bâties sur quatre ou cinq strophes, la plupart du temps rimées. Le poète utilise, surtout dans sa série de dix hymnes, le vers octosyllabique en insérant dans chaque strophe un vers plus court. Il affectionne ce procédé où l'octosyllabe fait place à un vers de 2, 4 ou 5 syllabes, selon l'hymne. Cette architecture assez simple donne à la strophe une grande liberté rythmique et une belle sonorité. Il suit la règle de l’isorythmie, c’est-à-dire la répétition régulière d’un élément rythmique d’une strophe à l’autre, chantée sur la même musique, favorisant la mémorisation du texte par l’assemblée.    

  L'Hymne Ô Père des siècles du monde contient cinq strophes. Elle est construite selon le schéma suivant: 2 octosyllabes, 1 vers de 2 syllabes, 2 octosyllabes. Ce procédé rythmique permet ce que l'on appelle l'enjambement, très fréquent dans les autres hymnes du poète, où l’on reporte au vers suivant le mot nécessaire au sens du vers précédent. Par cet effet de coupure dans l'hymne, le temps est suspendu, le rythme changé et le lecteur un peu surpris. Cela crée une espèce de vide que le silence peut remplir de sa nuit, comme dans l’hymne Que cherchez-vous au soir tombant ?

« Et vous aussi, venez le voir,
Mais hâtez-vous, car il est tard!
Chacun de vous aura sa part
De grâce;
Chacun de vous, s'il prend l'esprit,
Et l'esprit vous mène à sa nuit,
Verra surgir ce jour promis:
C'est Dieu qui passe. » (III, 301)

Les enjambements favorisent les procédés syntaxiques de l'inclusion et du parallélisme qui mettent en valeur certains mots, structurant ainsi la charpente des cinq strophes de l'hymne. Ce croisement de termes dispose l'hymne en forme de croix, donnant à la strophe centrale un nouveau dynamisme, « car il se lève à l'Orient ». Cet effet de chiasme, à savoir le croisement des termes, nous entraîne du « Père des siècles du monde » au « Premier-né d'entre les morts », de la nouvelle lumière au souffle, en inversant les mots et les choses.  Ainsi, le jour monte à travers nous, l'aurore est chantée par le « Premier-né », « Nos jours dans leur vieillissement / se dressent / À leur éveil vers sa jeunesse ».

Patrice utilise un autre procédé dans ses hymnes, c'est l'anaphore, qui est la répétition d'un mot, ou d'une même structure grammaticale, au début de la phrase. Cette répétition anaphorique produit dans l'hymne un effet d'insistance et de renforcement. L'emboîtement des images en forme de chiasme et l'effet d'anaphore unifient le rythme et le sens de l'hymne. 

Le poète fait aussi chanter le langage par l'alternance des rimes qui agissent comme un instrument de musique; elles font même danser le silence, celui du poète d'abord, puis ceux et celles qui prient l'hymne, les reliant au silence de Dieu qu'ils adorent en esprit et en vérité. Du cœur du poète jaillit la prière que tous répètent en chœur, jusqu'à la demande finale: « O Père, / Envoie le souffle sur la terre / Du Premier-né d'entre les morts ».

  Les paroles, en harmonie avec le rythme des strophes, appellent une musique qui est au service du texte. L’hymne chantée éveille naturellement tout l’être à glorifier Dieu. Elle entame la prière avec beauté, devenant l’expression d'un peuple en marche vers le Christ, le Chantre du « Père des siècles du monde ». 

Patrice doit humblement s’adapter aux impératifs de la musique et aux exigences des compositeurs. Plusieurs on mis en musique ses hymnes, tels que Gelineau, Jacob, Godard, Julien, Berthier, Dumas, Rauber et Lefebvre. Il a su relever ce défi avec rigueur, parce qu’il n’était pas au service de lui-même, mais de la Parole.     

Hymne et poésie

En réponse au psaume, « Chantez au Seigneur un chant nouveau » (Ps 97, 1), le théopoète crée des hymnes qui renvoient à une expérience spirituelle, la sienne et celle des fidèles. Il évite le didactisme d'un certain discours théologique en créant un espace de silence qui conduit à l’hymne : « J'entends partout dans la création et en moi-même le silence souffler Dieu et presser l'homme de le dire » (III, 401). 

Jean de la Croix, que Patrice a lu et médité, écrit dans l’une de ses maximes : « Le Père céleste a dit une seule parole : c’est son Fils. Il l’a dit éternellement et dans un éternel silence. C’est dans le silence de l’âme qu’elle se fait entendre[10]. » Le rossignol du Carmel est un modèle d’union réussie entre poésie et expérience, parole et silence, lumière et nuit, parce qu’il a donné au mystique qui vivait en lui sa part essentielle d’oraison.

La poésie de Patrice suggère plus qu’elle ne dit. Avec lui, l'hymne reste ouverte. Elle mène à l’émerveillement, à l’écoute du Verbe dans nos mots de chair et de sang. « Dans mon métier, j'ai affaire avec l'émerveillement», écrit-il dans sa Lettre à des confidents à propos de liturgie (III, 230). Émerveillement aussi par l’interprétation qu’il fait de la Parole et que nous faisons aussi en chantant et priant l’hymne. Son expérience rejoint la nôtre, car elle s’insère dans une histoire biblique du salut. « Je t’appelle, je me retrouve; / Ma vocation, c’est ton appel, / Ton hymne se relèvera. » (III, 459)

Les prières, psaumes, hymnes chez Patrice s’alimentent à la Bible. Il écrit dans le deuxième Jeu, qui est celui de l’exode pascal, de la traversée du désert, de l’oasis eucharistique : « Il ne s’agit pas de lever la poésie du monde pour trouver Dieu, mais de tirer de la Révélation autant de poésie que tu le pourras pour revêtir peut-être le monde, mais en tout cas pour tenir Dieu (II, 88). Comme bien des poètes mystiques, il utilise des images antinomiques et des paradoxes pour dire Dieu : absence-présence, nuit-jour, ténèbres-lumière, désert-source, parole-silence, dehors-dedans, rien-tout, vide-plénitude, ignorance-savoir.  

La poésie crée un univers et du sens, part d’un langage qui nous parle, unit des mots qu’on ne voit pas ensemble, laisse du blanc au bout de la ligne, renvoie à la marge de la page, au silence qui nous dépasse. Pour Patrice, nous sommes tous poètes parce que chacun porte un univers en lui, même s’il ne l’exprime pas avec des mots. Il écrit dans sa Lettre à des contemplatifs :

« De la poésie on a dit qu’elle était l’acte le plus complet qui fût, parce qu’elle associait les enregistrements des sens et celui de l’intelligence, et que tous les composants de la nature humaine y participaient. Quand l’énergie de la foi devient l’un d’eux et qu’elle entraîne les autres à des produits de synthèse qui tentent de représenter les relations de Dieu invisible et du monde visible, le rassemblement exposé se complète encore[11]. »

Certains trouvent que les hymnes de Patrice sont hermétiques, abstraites, malgré la simplicité des mots. On dit cela aussi des Psaumes, qui demeurent toujours la prière du peuple de Dieu, et même des paraboles de Jésus que tous ne comprennent pas, tant elles sont inépuisables : « Celui qui a des oreilles, qu’il entende » (Mt 13, 9). Certes, ces textes peuvent être difficiles à saisir du premier coup. Il faut donc se donner du temps pour les relire et les méditer, en faire notre demeure, selon ce que l’Esprit peut inspirer « à l’âme obscure », comme sa belle hymne de la Pentecôte :

« Tu es la genèse en tout temps,
Tu es le vent qui crie naissance
À l'âme obscure;
Tu nous engendres du dedans,
Tu fais tressaillir le silence
Au fond de toute créature. » (III, 305) 

Ainsi en est-il de Patrice. Il est parfois ardu d’entrer dans son hymne, mais une fois dedans, on ne s’en lasse pas. Elle se révèle progressivement dans sa beauté et sa profondeur. Il ne s’agit pas de chercher à tout comprendre, mais de se laisser prendre, comme si les mots étaient brûlés de l’intérieur, sans se laisser décourager par les passages plus rébarbatifs. 

La joie renouvelée de chanter l’aurore dans Ô Père des siècles du monde ne surprend pas, car le texte est composé avec un tel souffle qu'il atteint une grande perfection lyrique. Une correspondance se tisse entre la prière personnelle du poète et celle de la communauté qui se rassemble pour louer le « Premier-né d'entre les morts ». 

L’hymne dans la liturgie

Patrice disait qu’il priait un crayon à la main. Il a voulu redonner à la poésie son rôle de véhicule de la foi en la mettant au service public de la liturgie, surtout de la liturgie des Heures qui consacre tout le cycle du jour et de la nuit. « Le rôle de l’hymne est de donner à chaque heure ou à chaque fête sa tonalité propre, et à rendre plus facile et plus joyeuse l’entrée dans la prière, surtout quand la célébration se fait avec le peuple[12]. » 

Les hymnes liturgiques, ce trésor de la prière chrétienne qui existe depuis le début de l’Église, ne sont pas figées dans le temps. Les auteurs d’aujourd’hui sont invités à se les approprier et à en créer de nouvelles, qui vont passer ou durer, selon les épousailles entre le texte et la musique, pour ne faire qu'une seule chair. Que l’hymne ait ou non une valeur artistique, c’est en fin de compte l’assemblée qui décide de sa pérennité en l'adoptant au fil des années. 

L’hymne n’est pas une dissertation en vers, une leçon de théologie. On la chante debout, les mains vides, en présence du Seigneur. Elle nous lie au mystère trinitaire sans le démontrer, nous décentre de nous-mêmes pour nous centrer sur le Christ pascal. Elle ouvre un espace de communion avec les autres et aide à descendre dans notre cœur, lieu de la vraie prière.

« La poésie hymnique nous invite à « passer » de la simple recherche de compréhension rationnelle (avec toujours le risque de mainmise sur le mystère divin) à une appropriation plus cordiale, pour donner plus d’espace et d’épaisseur à l’attente de ce qui pourrait surgir dans notre cœur et dans notre esprit[13]. »

L'hymne possède une dimension affective qui traduit la spiritualité du jour et du temps liturgique. Chaque époque a ses hymnes qui correspondent à la sensibilité religieuse du moment et des communautés dans lesquelles elles sont nées. Les hymnes de La Tour du Pin émanent de tout son être et parlent à nos âmes ou pas. Elles sont des chemins spirituels vers le mystère du Christ, des réponses à la parole de Dieu toujours agissante et actuelle. Son hymnographie témoigne que l’Esprit qui planait sur les eaux au début de la Genèse peut aussi souffler sur nos mots.

« Amour qui planais sur les eaux
Et les berças du premier souffle,
Nos âmes dorment:
Prends-les d'un battement nouveau
Qui reflue au Christ vers leur source
Pour déborder parmi les hommes. » (III, 305)

Le poète christique a été séduit très jeune par la figure de Jean Baptiste. Il a conscience qu’il faut aussi qu’il diminue pour que le Christ grandisse en lui, afin d’être son témoin pour son peuple, son « releveur d’étoiles » dans la nuit de notre monde.

« Invente-moi toujours, crée-moi pour la prière;
d'un sauvage, fais-toi un témoin pour ton peuple,
d'un rêveur dans sa nuit, ton releveur d'étoiles. »  (II, 122)

Patrice tourne vers le Christ ses trois grandes tendances : l’amour de la nature, la passion pour la poésie et l’appétit religieux. Sa Somme de poésie apparaît alors comme une tentative d'approche de Dieu, d’ouverture à sa grâce, dont la finalité est l'état d'homme eucharistique dans le grand Corps du Christ pascal. Il lie étroitement Pâques et Eucharistie, surtout dans ses hymnes où il évoque l’auberge pascale des disciples d’Emmaüs[14].

« Tous les chemins de Dieu vivant
Mènent à Pâques,
Tous ceux de l'homme à son impasse.
Ne manquez pas au croisement
L'auberge avec sa table basse;
Car le Seigneur vous y attend. » (III, 295)

En remaniant sa Somme de poésie, Patrice a voulu être fidèle à lui-même en lui donnant une tournure eucharistique. Eucharistie : sacrement de Pâques, foyer de rassemblement, repas à la table de Dieu, don du Christ pour la vie du monde. Le poète a « frayé le beau tournant / Où tout au monde n'est que grâce » (III, 293-294). Il s’écrie dans le deuxième Jeu : « Tout est eucharistie ». Qu’il soit au bord de l’abîme ou pas, le Seigneur le fait homme de son sang et le convie à « devenir eucharistie ».  

« Prenez son corps dès maintenant,
Il vous convie
À devenir eucharistie;
Et vous verrez que Dieu vous prend,
Qu'il vous héberge dans sa vie
Et vous fait hommes de son sang. » (III, 296) 
 
Patrice de La Tour du Pin

Fidélité créatrice de Patrice

Des auteurs de chants religieux ont parfois le sentiment que seule la citation littérale de versets bibliques dans le texte est nécessaire. Mais cette façon d’écrire n'est-elle pas aussi une interprétation de la Parole par le choix et l’agencement des versets? Comme nous l’avons vu, il existe une voie tout aussi légitime, mais très exigeante, celle de la création poétique, où l’on reprend la parole de Dieu, sans la citer mot à mot, après l’avoir méditée dans la prière et intégrée dans le silence de l'adoration. 

Patrice ne sépare pas parole, prière et silence. Aussi demande-t-il au Père de semer en nous les mots qui donnent vie pour mieux le dire, le voir, le goûter. L'assemblée est invitée à entendre Jésus, qui prolonge en nous sa prière au Père, où l’homme de la nouvelle création n’est plus pétri de glaise mais d’eucharistie : 

« Sème les mots qui donnent vie,
Nous te dirons;
Regarde-nous, et nous verrons;
Entends Jésus qui te supplie.
Au dernier pas de création,
Viens faire l'homme eucharistie! » (III, 294) 

Une cellule d’un corps vivant

Patrice se voit comme « une cellule du corps d’humanité » (III, 401) dans le Corps mystique du Christ. Laïc engagé dans l’Église, selon son charisme et sans avoir de titre particulier, il convie à nous laisser chercher par Dieu et à devenir ses signes vivants, d’où son mot de ralliement au début des Cinq petites liturgies de carême : « Frères qui venez chercher Dieu ici, n’oubliez pas que Dieu vous cherche. Aujourd’hui, il vous fait signe, approchez-vous davantage de lui, car il veut faire de vous ses signes vivants. » (III, 417)

Le théopoète a innové dans l’art d’écrire des hymnes en transposant dans le langage religieux des mots nouveaux et en l’animant d'un souffle continu, comme si la vie se servait de nos voix pour chanter le Dieu vivant. Pour lui, le don des langues à notre époque n'est pas « le pouvoir de parler le langage des Parthes ou des Mèdes, mais celui d'employer une langue juste qui ranime ce qui est désanimé » (III, 280). Il écrit, dans sa préface au recueil d’hymnes La nuit, le jour, rédigé par un groupe de moines et moniales de la CFC (Commission francophone cistercienne) : 

« Au-delà de mon baptême particulier, j’arrive un peu à concevoir que la vie elle-même est baptisée, qu’elle en appelle à Dieu, qu’elle veut le dire vivant par la voix de nos formes humaines dotées précisément d’une conscience et d’une parole. Entendre cet appel informulé de la vie à travers soi et tâcher de l’exprimer de soi, comme d’un canal trop étroit contre lequel il presse : les poètes bibliques y incitaient, saint Paul aussi : n’est-ce pas aujourd’hui le temps d’y revenir? Moi je reviens surtout à mon insuffisance[15]. »

Son langage poétique inclut les réalités de la vie qui tissent l'existence humaine, comme le pain, l'eau, la faim, le travail, le sommeil, la peur, la joie, etc. Il part du concret de l'homme pour alimenter sa théopoésie. Il rassemble toutes les réalités humaines autour du Foyer-Dieu, dont le Christ est le symbole, et l'Église son signe de salut. Il se sert des actes les plus simples de l'homme pour les élever dans des états d'adoration, de louange, de demande, d'action de grâce. 

L’influence de La Tour du Pin

Patrice a inspiré et éclairé plusieurs hymnographes de son temps. Il a accompagné pendant cinq ans les membres de la CFC lors de leurs réunions de travail. Nous retrouvons environ 30% de leurs hymnes dans la liturgie des Heures. Sœur Marie-Pierre Faure, qui a été responsable de la section textes de la CFC, a laissé plus de 150 hymnes, dont plusieurs ont trouvé leur place à l’Office divin. Pour souligner le 45e anniversaire de la mort du poète en octobre 2020, elle témoignait sa reconnaissance sur le site Internet des Amis de Patrice de La Tour du Pin :  

« Au cours de la réunion chacun lisait un texte qu’il venait d’écrire. À tour de rôle chacun exprimait ses critiques, faisait des suggestions. Patrice le faisait non comme un « maître » mais comme l’un de nous. À ces « poètes liturgiques » il apportait son aide si fraternelle, toujours empreinte d’humilité, et il apportait aussi sa compétence, son savoir-faire… À titre plus personnel, j’ajoute que Patrice semblait heureux au sein de ce groupe[16]. »

 Sœur Marie-Claire Sachot témoigne elle aussi de l’aide fraternelle et concrète qu’elle a reçue de Patrice, et qui peut servir aux auteurs d’aujourd’hui :

« C’était un homme simple, discret, affable, de grand talent. Un homme d’intériorité. Il savait se mettre au niveau de débutantes comme moi, et m’a donné quelques conseils d’écriture très judicieux, que je n’ai jamais oubliés. J’avais commencé de composer l’hymne d’Avent « Debout, le Seigneur vient ! » Il a insisté sur la nécessité d’avoir des images poétiques cohérentes, tout au long de la progression des strophes, ce qui donne ainsi à l’hymne son unité. Il nous disait aussi : Ne vous acharnez pas sur les rimes, si vous n’y arrivez pas. Le plus important est d’exprimer vraiment votre pensée, en respectant l’isorythmie. Rimes et assonances sont pour les plus talentueux... De même, sachez passer d’un genre littéraire à un autre : Si vous peinez trop sur une hymne, faites-en un beau tropaire. Langage libérateur d’un grand poète[17] ! »

L’influence de Patrice fut également déterminante auprès d’autres hymnographes, comme Didier Rimaud, ami fidèle et compagnon d’hymnes de la première heure jusqu’à la dernière[18]. Une nièce de Patrice, Natalie de Bernis, témoigne avec émotion, à son fils Joachim, du jour de la mort de Patrice et de la visite du père Rimaud, dans Hommage pour le 45e anniversaire de la mort de Patrice de La Tour du Pin (p. 9). L'hymne du soir du théopoète prend ici tout son sens  :

« Ce que je voudrais te dire et qui m’émeut rien qu’en l’écrivant, c’est ce moment exceptionnel passé par ton père et moi, rue du Cherche-Midi, un certain 28 octobre 1975 il y a 45 ans. Oncle Patrice était mort le matin, au terme d’une très cruelle maladie qui l’avait fait terriblement souffrir pendant de longs mois ; ce soir-là, ton père et moi avons rejoint tante Anne et nos 4 cousines, en sortant du bureau : et là, scène d’une beauté et d’une émotion presque joyeuse : le père Didier Rimaud sj, son ami de cœur et de plume, était assis sur le lit, à côté du corps et lisait à haute voix quantité de textes d’oncle Patrice, tous pleins de joie et d’espérance. Ces textes étaient tout nouveaux pour nous à cette époque, alors qu’ils sont aujourd’hui bien connus des chrétiens. Le père Rimaud a lu longtemps. Je me souviens de ces vers :

Seigneur, au seuil de cette nuit
Nous venons te rendre l’esprit
Et la confiance.
Bientôt nous ne pourrons plus rien
Nous les mettons entre tes mains
Afin qu’en toi nos vies demain
Prennent naissance.» (III, 289-290) 

La liste des auteurs qui ont été influencés par La Tour du Pin est longue, arrêtons-nous ici. « Taisons-nous. Les choses se dévoilent / Mieux que dans la musique, au silence amoureux » (I, 592). 

« Quelle que soit l’image que vous vous êtes faite de moi en me lisant, oubliez-la vite, et ne me gardez qu’un trait, celui d’un homme de ce temps qui essaie de se diriger vers l’Homme eucharistique final » (III, 286). 

[1] Patrice de La Tour du Pin, quêteur du Dieu de joie. Préface de Joseph Gelineau. Paris/Montréal, Médiaspaul/Paulines, 1987 ; La théopoésie de Patrice de La Tour du Pin, Montréal/Paris, Bellarmin/Cerf, 1989 ; Que cherchez-vous au soir tombant ? Les hymnes de Patrice de La Tour du Pin, Paris/Montréal, Cerf/Médiaspaul, 1995; Prier 15 jours avec Patrice de La Tour du Pin, Paris, Nouvelle Cité, 1999.

[2] Une Somme de poésieLe jeu de l’homme en lui-même, Paris, Gallimard, 1981; Le jeu de l’homme devant les autres, Paris, Gallimard, 1982; Le jeu de l’homme devant Dieu, Paris, Gallimard, 1983. Les chiffres I, II et III à la fin des citations se réfèrent aux trois Jeux de la Somme, et à la pagination d’où est tiré l’extrait. 

[3] Patrice de La Tour du Pin, « L'écrivain et la liturgie », Paris, La Maison-Dieu 92, 1967. p. 151. Sur ce thème poésie et liturgie, lire la thèse de doctorat de Marie-Josette Le Han, Patrice de La Tour du Pin: la quête d'une théopoésie. Paris, Honoré Champion, 1996, 444 pages. 

[4] Voir ses dix hymnes pour l’Office dans La Maison-Dieu, no 92, 1967.

[5] Joseph Gelineau, « La prière d’un poète : Patrice de La Tour du Pin ». Paris Prier, 1982, 46, p. 7.

[6] Philippe Robert, Joseph Gelineau, pionnier du chant liturgique en français, Brépols, 2004, p. 129.

[7] Patrice de La Tour du Pin, Lettres à André Romus, Seuil, 1981, p. 40.

[8] Voir la réédition de Psaumes de tous mes temps aux éditions Salvator (2018), précédée d’une note éclairante de François-Xavier Durye, qui a formé un cercle de poésie « Collège de Tess », et d’une postface d’Isabelle Renaud-Chamska, présidente de la Société des amis de Patrice de La Tour du Pin. À noter l’ouvrage de Stéphanie Boisvert Le Chantre de l’Invisible, paru aux éditions Bénévent en 2006, qui est une étude littéraire et spirituelle de Psaumes de tous mes temps.

[9] Voir l’analyse plus complète de cette hymne dans mon essai Que cherchez-vous au soir tombant. Les hymnes de Patrice de La Tour du Pin. Cerf/Médiaspaul, 1995, p. 57-71.

[10] Saint Jean de la Croix, Œuvres spirituelles. Traduction de Grégoire de Saint Joseph, Paris, Seuil, 1948, p. 1226.

[11] Patrice de La Tour du Pin, « Préface », La nuit, le jour, Paris, Desclée/Cerf, 1973, p. 8.

[12] Présentation Générale de la Liturgie des Heures (PGLH), no 42.

[13] François-Xavier Ledoux, « La prière des Heures », dans Magnificat, Juillet 2025, p. 399.

[14] Voir l’article de Patrick Pétrot, « Chanter Dieu au soir tombant : l’hymne chez Patrice de La Tour du Pin », La Maison-Dieu, 183/184, 1990, p. 191-220.

[15] Patrice de La Tour du Pin, « Préface. Lettre à des contemplatifs », La nuit, le jour, Paris Desclée/Cerf, 1973, p. 11-12.  

[16] Voir https://www.patricedelatourdupin.fr/PDF/hommages-2.pdf p. 27. Lire également l’article de Marie-Claire Faure, « La Tour du Pin et le renouvellement du langage liturgique dans les milieux monastiques », dans Patrice de La Tour du Pin, un poète de notre temps, Éditions Lethielleux, 2011, p. 267-279.

[17] Voir https://www.patricedelatourdupin.fr/PDF/hommages-2.pdf p. 25.

[18] Voir la correspondance de Patrice avec Didier Rimaud dans Cahiers Patrice de La Tour du Pin, 21, 2007, p. 115-160.

Pour aller plus loin: mes livres sur Patrice de La Tour du Pin.

Lire aussi ces articles de mon blogue en lien avec Patrice :
Une expérience de la lumière du Christ (7 avril 2015)
Patrice de La Tour du Pin, créateur d'hymnes (26 mai 2017)
Un poète et ses psaumes (19 octobre 2018)

Voir la liste de mes vidéos, où j'évoque la figure et l'oeuvre de Patrice de La tour du Pin, dans  ma chaîne YouTube   

Pour en savoir plus: le site web de la Société des Amis de Patrice de La Tour du Pin

Regarder la visioconférence du 20 août 2025, la description de la vidéo et les liens sur ma chaîne YouTube, ou bien vsionner la vidéo ici:


Voir aussi la vidéo de l'émission Rencontres" du 3 décembre 1989, à la télé de Radio Canada, sur Patrice de La Tour du Pin et la théopoésie. J'avais alors 47 ans. 

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Mardi 17 Février 2026

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