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Le blogue de Jacques Gauthier

Léon XIV, artisan de paix et d'unité

Après seulement quatre tours de scrutin, les cardinaux ont élu le 8 mai le cardinal américain Robert Francis Prevost, âgé de 69 ans, à la tête de l’Église catholique. Cette élection a été une véritable surprise de l’Esprit Saint, car peu de gens s’attendaient à ce qu’il devienne le 267e pape. Il a choisi le nom de Léon XIV, en référence à Léon XIII, reconnu comme le pape de la doctrine sociale de l’Église à une époque où le monde était confronté à la révolution industrielle, comme il l’est aujourd’hui avec les limites de l’intelligence artificielle et du profit à tout prix. 

Bref rappel de sa vie. Il est né le 14 septembre 1955 à Chicago dans une famille d’ascendance française par son père et espagnole par sa mère. Il parle anglais, espagnol, italien, et un peu de français. Il étudie au petit séminaire de l’ordre de Saint-Augustin en 1973, et devient bachelier en mathématiques à l’université Villanova près de Philadelphie. Il entre chez les Augustins en 1977, fait sa profession solennelle en 1981. Ordonné prêtre à Rome le 19 juin 1982, il poursuit ses études de droit canonique à l’Université pontificale Angelicum, où il obtient un doctorat en 1987. Il devient missionnaire au Pérou. De 2001 à 2013, il est prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin. Le pape François le nomme évêque du diocèse de Chiclayo au Pérou en 2015. Il l’appelle à Rome en 2023 pour succéder au cardinal Marc Ouellet à la tête du dicastère des évêques, et le crée cardinal le 30 septembre 2023. Il participe au Synode sur la synodalité en octobre 2023 et 2024.

Leon XIV 

Artisan de paix

À sa première apparition publique à la loggia de la basilique Saint-Pierre, Léon XIV m’a tout de suite séduit par son côté apaisant, humble, rassembleur. Il se situe dans la continuité du pape François, avec le charisme qui est le sien. Ses premiers mots révèlent un cœur de pasteur, où il reprend à sa manière la parole de Jésus après sa résurrection : « Que la paix soit avec vous tous ». (Lire le texte complet de sa première allocution à la fin de l’article) 

Le 11 mai, pour la prière dominicale du Regina Cæli à la place Saint-Pierre, il revient sur l'urgence de la paix en reprenant l’appel de Paul VI : « Jamais plus la guerre ». En ce jour de la fête des Mères, il termine la prière en souhaitant chaleureusement « bonne fête à toutes les mamans ». Le lendemain, lors de sa rencontre avec les journalistes du monde entier, il les invite à promouvoir une culture de paix et d'écoute. Cet extrait le définit assez bien :

Dans le « Discours sur la montagne », Jésus a proclamé : « Heureux les artisans de paix » (Mt 5, 9). Il s'agit d'une béatitude qui nous interpelle tous et qui vous concerne particulièrement, appelant chacun à s'engager à promouvoir une communication différente, qui ne recherche pas le consensus à tout prix, qui ne se revêt pas de mots agressifs, qui n'épouse pas le modèle de la compétition, qui ne sépare jamais la recherche de la vérité de l'amour avec lequel nous devons humblement la rechercher. La paix commence par chacun de nous : par la manière dont nous regardons les autres, dont nous les écoutons, dont nous parlons d'eux ; et, en ce sens, la manière dont nous communiquons est d'une importance fondamentale : nous devons dire « non » à la guerre des mots et des images, nous devons rejeter le paradigme de la guerre.   

Semeur d’unité

Pape de la paix, Léon XIV est aussi un homme d’unité, selon sa devise : In Illo uno unum; « En Celui qui est Un, nous sommes Un ». Il témoigne de cette unité dans le Christ, à ne pas confondre avec uniformité, par sa proximité aimante avec le peuple, sa capacité à dialoguer avec les différentes cultures, comme il l’a montré au Pérou, par son engagement envers les périphéries et les plus pauvres, « en tant qu'Église unie, toujours à la recherche de la paix, de la justice », selon ses paroles du 8 mai. Il montre que l’unité du genre humain se découvre dans la connaissance d’un Dieu qui est le Père de tous, d’où son désir de marcher ensemble et de construire des ponts entre nous. 

Les premiers jours de son pontificat ont révélé au monde un homme simple et structuré, sensible et concret, doux et souriant, qui manie l’humour avec subtilité et parle avec une belle profondeur spirituelle et théologique. Certes, il n’est pas parfait, comme chacun de nous, et il ne peut pas tout faire, même s'il a de nombreux défis à relever. Nul besoin de les énumérer, plusieurs ont déjà fait leur liste des grands enjeux qui l'attendent. L'écoute de la parole de Dieu et la prière vont l’aider à y faire face avec sérénité.

N'oublions pas que Léon XIV est avant tout un homme de prière et de vie intérieure, comme l’était aussi son prédécesseur argentin, rappelant que c'est le Christ qui au centre de l'Église, non le pape. À la messe du 9 mai avec les cardinaux électeurs, il termina son homélie avec beaucoup d'humilité, désirant, à la suite de saint Ignace d'Antioche, « disparaître pour que le Christ demeure, se faire petit pour qu'Il soit connu et glorifié (cf. Jn 3, 30), se dépenser jusqu'au bout pour que personne ne manque l'occasion de Le connaître et de L'aimer. » Tout un programme spirituel, dans la foulée d’un Jean de la Croix et de Thérèse de Lisieux, sans oublier saint Augustin, dont il est un digne fils.

Comme catholiques, nous avons à prier pour Léon XIV. Que Jésus, le bon pasteur, l’accompagne tout au long de son ministère pétrinien. Que l’Esprit de paix et d’unité l’inspire dans sa marche vers le Père avec nous, pour la joie de l’Église et le salut du monde. 

Premier message que Léon XIV a adressé à la foule rassemblée devant la Loggia de la basilique Saint-Pierre, le 8 mai 2025, après son élection

Que la paix soit avec vous tous !

Très chers frères et sœurs, telle est la première salutation du Christ ressuscité, le Bon Pasteur qui a donné sa vie pour le troupeau de Dieu. Moi aussi, je voudrais que ce salut de paix entre dans votre cœur, atteigne vos familles, toutes les personnes, où qu'elles se trouvent, tous les peuples, toute la terre. Que la paix soit avec vous !

C'est la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et désarmante, humble et persévérante. Elle vient de Dieu, Dieu qui nous aime tous inconditionnellement.

Nous avons encore dans nos oreilles cette voix faible mais toujours courageuse du Pape François qui bénissait Rome ! Le Pape qui bénissait Rome donnait sa bénédiction au monde, au monde entier, en ce matin de Pâques. Permettez-moi de reprendre cette même bénédiction : Dieu nous aime, Dieu vous aime tous, et le mal ne prévaudra pas ! Nous sommes tous entre les mains de Dieu. Alors, sans crainte, unis main dans la main avec Dieu et entre nous, allons de l'avant. Nous sommes disciples du Christ. Le Christ nous précède. Le monde a besoin de sa lumière. L'humanité a besoin de Lui comme pont pour être rejoint par Dieu et par son amour. Aidez-nous vous aussi, puis aidez-vous les uns les autres à construire des ponts, par le dialogue, par la rencontre, en nous unissant tous pour être un seul peuple toujours en paix. Merci au Pape François !

Je tiens également à remercier tous mes frères Cardinaux qui m'ont choisi pour être le Successeur de Pierre et marcher avec vous, en tant qu'Église unie, toujours à la recherche de la paix, de la justice, toujours en essayant de travailler comme des hommes et des femmes fidèles à Jésus-Christ, sans crainte, pour proclamer l'Évangile, pour être missionnaires.

Je suis un fils de saint Augustin, augustinien, qui a dit : « Avec vous, je suis chrétien, et pour vous, je suis évêque ». En ce sens, nous pouvons tous marcher ensemble vers la patrie que Dieu nous a préparée.

À l'Église de Rome, un salut particulier! Nous devons chercher ensemble comment être une Église missionnaire, une Église qui construit les ponts, le dialogue, toujours prête à accueillir comme cette place avec les bras ouverts. Tous, tous ceux qui ont besoin de notre charité, de notre présence, de dialogue et d'amour.

Et si vous me permettez un mot, je salue tout le monde, en particulier mon cher diocèse de Chiclayo, au Pérou, où un peuple fidèle a accompagné son évêque, a partagé sa foi et a donné beaucoup, beaucoup pour continuer à être une Église fidèle à Jésus-Christ.

À vous tous, frères et sœurs de Rome, d'Italie, du monde entier, nous voulons être une Église synodale, une Église qui marche, une Église qui recherche toujours la paix, qui recherche toujours la charité, qui cherche toujours à être proche, en particulier de ceux qui souffrent.

Aujourd'hui, c'est le jour de la Supplique à Notre-Dame de Pompéi. Notre Mère Marie veut toujours marcher avec nous, être proche de nous, nous aider par son intercession et son amour.

Je voudrais donc prier avec vous. Prions ensemble pour cette nouvelle mission, pour toute l'Église, pour la paix dans le monde et demandons cette grâce spéciale à Marie, notre Mère. Ave Maria…

Lire également sur mon blogue: François, pèlerin de la joie et de l'espérance.

Pour aller plus loin sur le pontificat de Léon XIV, regarder ma vidéo sur ma chaîne Youtube

 

Le don de la vie éternelle
Bienheureux moines de Tibhirine

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Jeudi 12 Février 2026

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