19 mars: Saint Joseph, homme de foi

Nous connaissons peu de choses de la vie de Joseph. Que sait-on vraiment de lui? N’est-il pas le grand inconnu, le discret, à l’ombre de Jésus et de Marie? Il est évoqué brièvement par Luc et Matthieu qui en parlent comme d’un homme juste. Mais les Écritures ne mentionnent aucune parole dite par lui.

L’époux de Marie

Humble charpentier de Nazareth, Joseph est de la descendance du roi David, de qui doit naître le Messie. Sa généalogie s’insère dans une histoire sainte, car elle tire son sens de la fidélité de Dieu à ses promesses. Ainsi, Jésus est fils d’Abraham, fils de David, fils légal de Joseph et Fils de Dieu. « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ » (Mt 1, 16).

Joseph est appelé « l’époux de Marie ». L’Écriture ne dit rien sur sa rencontre de Marie. Comment a-t-il découvert cette jeune fille de Nazareth? Quel âge avait-il? Marie a-t-elle accepté rapidement d’être sa fiancée? Ces questions restent sans réponse.

Toutefois, nous pouvons supposer que ces deux êtres uniques se sont connus dans une grande profondeur de sentiments faits de simplicité, de respect et de confiance. Ils se sont fiancés dans un amour réciproque. Ils ont discerné dans cette union l’appel que Dieu leur avait lancé de s’aimer jusqu’à la mort, de faire communauté ensemble. C’est dans la joie qu’ils répondirent à cet appel comme deux croyants heureux d’accomplir la volonté de Dieu.

« Or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint » (Mt 1, 18). Selon la coutume du peuple hébreu, le mariage se concluait en deux étapes : on célébrait d’abord le mariage légal (vrai mariage), et c’est seulement après un certain temps que l’époux accueillait son épouse chez lui. Avant de vivre avec Marie, Joseph était donc son « époux ». Mais, dur coup pour lui, sa jeune femme est enceinte à son insu. Que fera-t-il?

« Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement; il décida de la répudier en secret » (Mt 1, 19). Est-on surpris de la réaction de Joseph? Est-ce que Marie lui a dit qu’elle était enceinte de l’Esprit Saint? L’évangile ne le précise pas. Pourtant, il agit en homme droit et juste. D’abord, il ne veut pas donner son nom à un enfant dont il ignore qui est le père, cela serait mensonger. Mais surtout, il aime tellement Marie qu’il refuse de la livrer à la procédure prévue par la Loi, c’est-à-dire la lapidation. Il la répudie sans bruit, respectant le secret dont il ignore toute la teneur. Ce silence de Joseph est lourd de tous les amours blessés, bafoués, incompris. Qui peut vraiment le comprendre?

Un messager céleste lui apparaît pour lui faire connaître son rôle dans le dessein de Dieu : donner un nom à Jésus et, en l’adoptant, l’insérer dans la lignée de David. « L’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « “Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés” » (Mt 1, 20-21).

L’humble serviteur du Seigneur

Joseph prend donc chez lui Marie. Il reconnaît le souffle de Dieu à l’œuvre dans le corps de sa femme. Comme elle, il est l’humble serviteur du Seigneur qui se conforme en tout à la parole de Dieu. Ses nombreux « oui » s’ajoutent au grand fiat de Marie. Son silence épouse le sien, fidèles qu’ils sont tous les deux à une mission qui les dépasse.

saint joseph hdJoseph accueille la virginité de Marie, même si pour les Juifs la fécondité est primordiale. « Il n’eut pas de rapports avec elle; elle enfanta un fils, auquel il donna le nom de Jésus » (Mt 1, 25). Connaître sa femme en langage biblique signifie s’unir à elle dans une relation génitale. La tradition de l’Église catholique parlera de la virginité perpétuelle de Marie. Nous sommes ici dans l’ordre de la nouvelle création où le Dieu-Trinité se manifestera d’une façon unique dans l’histoire lors de l’Annonciation. Le Fils du Père devient, par l’Esprit Saint et le oui de l’humble vierge, le fils de Marie. Et le Verbe se fait chair en Marie, la demeure de Dieu parmi les hommes. Joseph respecte le don total et libre de son épouse. Il y a entre eux une union des âmes qui transcende les corps et qui inaugure un nouveau testament, une nouvelle alliance. Leur amour mutuel traduit à la perfection l’alliance de Dieu avec son peuple, la grande aventure de l’Incarnation.

Père nourricier de Jésus

Joseph a été choisi par Dieu pour donner un nom à l’enfant et, comme tout bon père, pour veiller à ce qu’il grandisse normalement. Les évangiles nous montrent brièvement Joseph à l’œuvre : la naissance à Bethléem, la visite des Rois Mages, la fuite en Égypte, la présentation au Temple, la vie à Nazareth, petit bourg d’environ 150 habitants.

L’état civil de Jésus est clair : il est « le fils de Joseph » (Lc 4, 22). Matthieu précise : « N’est-il pas le fils du charpentier? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie » (Mt 13, 55). Être charpentier à cette époque, c’est travailler le bois, que cela soit les instruments de la culture, les coffres des ménages, la construction des toits. Joseph a certainement transmis son métier à son fils, selon les coutumes de l’époque.

Joseph est l’homme responsable qui prend soin de Marie et de Jésus. Il est plein de tendresse pour les siens. Il veille sur eux, les assiste dans tous leurs besoins, s’affaire aux tâches quotidiennes, jubile dans son cœur lorsque Jésus l’appelle abba, papa. Il est angoissé comme bien des parents lorsqu’il cherche son fils de douze ans à Jérusalem. Il ne comprend pas encore que Jésus doit être au service d’un autre Abba, qu’il doit révéler son mystère de salut ici-bas.

Joseph est l’homme du travail bien fait. Ses gestes de charpentier révèlent une vie intérieure intense. Action et contemplation s’unifient dans sa vie vouée au service des autres. Il montre à son fils la noblesse du travail manuel et la primauté de l’amour en toutes choses. Lorsqu’il mourra, Jésus pourra continuer le métier de son père et ainsi prendre soin de sa mère jusqu'à sa vie publique.

Joseph est vénéré en Orient à partir du IVe siècle, mais il faut attendre Thérèse d’Avila pour que son culte se répande en Occident. En 1624, les Récollets célèbrent saint Joseph comme patron et protecteur spécial du Canada. Le bienheureux frère André lui voue un grand amour en fondant l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. Pie IX, en 1870, le proclame patron de l’Église universelle et fixe sa fête au 19 mars. Patron des ouvriers, il est également fêté le 1er mai, jour de la fête du travail, suite à une décision de Pie XII. Jean XXIII le fait ajouter à la liste des saints invoqués au Canon de la messe avant la consécration.

Depuis le 1er mai 2013, la Congrégation pour le Culte divin a décrété "que le nom de Saint Joseph, Epoux de la Vierge Marie, soit désormais ajouté aux Prières eucharistiques II, III et IV de la troisième édition typique du Missel Romain, après le nom de la Bienheureuse Marie toujours Vierge". En effet, on ne sépare pas ce que Dieu a uni. 

Pour aller plus loin, Saint Joseph, homme de foi (Médiaspaul).
Jésus raconté par ses proches; Les saints, ces fous admirables.

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Chemins vers le silence intérieur avec Thérèse de ...

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